Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Événements

Royal Hamilton Light Infantry, Journal de campagne, 15-17 octobre 1944

Archives nationales du Canada, RG-24, volume 15216

Date
Hour
Sommaire des événements et des renseignements
15
0700
Un obus perforant a traversé le toit de l’édifice qui abritait le quartier général tactique mais il n’y a pas eu de blessés.
0830
Le quartier général tactique a reçu quelques obus mais il n’y a pas eu de blessés.

0930

Le Lieutenant-colonel WD Whitaker, le major JB HALLADAY et le major EL FROGGETT ont effectué une reconnaissance aérienne de la région de WOENSDRECHT.
1030
L’officier de renseignements, le lieutenant LH DOERING, et le caporal JJ LOWE, B59589, sont allés en reconnaissance à partir des postes d’observation pour choisir l’emplacement pour se mettre en formation, la ligne de départ et la route à suivre pour l’attaque.
1230
Le Commandant et son groupe sont revenus de la reconnaissance aérienne.Les commandants de compagnies sont venus au quartier général du bataillon avec leurs commandants de pelotons et leurs sous-officiers pour étudier les plans d’attaque provisoires. Ils ont utilisé un modèle en sable construit par la section des renseignements.
1600
Le Commandant a tenu un rassemblement « O » [Ordres] pour donner en détail son plan de l’opération, la capture de WOENSDRECHT. Il y avait à ce rassemblement des représentants de la 4e Brigade, de la 5e Brigade et des unités de canons automoteurs. Le rassemblement a duré deux heures et on y a discuté toutes les phases de l’attaque. Le plan de feu de l’artillerie, qui comprend plus de 100 canons, est montré en détail en annexe.
1900
La section de renseignements est partie pour marquer les chemins du point de rassemblement au ruban blanc.
2000
Sous le commandement du capitaine WH WHITESIDE, l’Officier de renseignements, le groupe de marquage et les membres à pied de deux sections d’autochenilles sont partis pour capturer et tenir les édifices à l’ouest de la ligne de départ.
2315
Les groupes de marquage sont revenus; ils ont signalé que la ligne de départ est libre et que tout est prêt.
2359
Un souper chaud est servi à toutes les compagnies.
16
0245
Les compagnies ont commencé à avancer du point de rassemblement vers le lieu où elles devaient se mettre en ligne.
0300
Le quartier général tactique s’est déplacé vers 625193.
0315
Les compagnies se sont mises en formation au lieu désigné.
0330
Heure H. L’artillerie a ouvert un barrage formidable à 200 mètres en avant de la ligne de départ. Plus de 104 canons ont servi au barrage.
0500
La compagnie D a signalé BALMY BEACH.
0530
La compagnie A a signalé ARGOS.
0540
La compagnie C a signalé ROUGH RIDES.
0550
La compagnie B a signalé TIGERS.
0600
Sous le contrôle du capitaine JM BOSTWICK, l’échelon F a été envoyé immédiatement aux compagnies qui ont signalé leur succès.
0615
Le quartier général tactique a été déplacé vers la ferme située au point de référence 616199. À l’arrivée à la ferme, six hommes qui se cachaient à la cave ont été faits prisonniers de guerre.
0630
Quatre autres prisonniers de guerre ont été capturés dans une tranchée qui se trouvait dans la cour du quartier général du bataillon..
0645
Un escadron de chars du 10e Régiment canadien de blindés est arrivé.
0700
Les compagnies ont signalé qu’elles avaient consolidé leurs positions mais que l’ennemi qui avait été contourné pendant l’avance gênait et devrait être éliminé.
0730
Des messagers ont signalé au quartier général les positions des compagnies comme suit : compagnie A, 618207, compagnie B, 615200, compagnie C, 619204, compagnie D, 614204.
0745
Des groupes de prisonniers sont arrivés des fronts de toutes les compagnies.
0800
Environ cinquante prisonniers ont été amenés, incluant un officier d’artillerie.
0900
Le Commandant a tenu un rassemblement «  O  ». On y a établi que sept hommes du peloton d’autochenilles ont été blessés sur la ligne de départ quand le barrage d’artillerie a commencé et que toutes les compagnies ont subi quelques pertes causées par nos propres obus, ce à quoi on s’attendait puisque les troupes se tenaient très près du barrage. La compagnie B, sous le major HA Welch, a reçu l’ordre d’exploiter l’OUEST pour dégager ce côté de WOENSDRECHT. Les compagnies C et A ont reçu l’ordre de tenir leurs positions. La compagnie D a reçu l’ordre d’exploiter vers l’avant et de dégager la résistance qui restait dans ce secteur.
1000
La compagnie A a signalé qu’elle était attaquée par un canon automoteur et que le 9e peloton subissait un feu d’artillerie intense. Un combat au corps à corps a suivi et une de nos sections de pièces de 6 livres, commandée par le sergent AW SOUTHERN, B36517, a tiré sur l’ennemi à bout portant avant que leur canon ne soit touché et mis hors d’usage.
1015
Le capitaine STEVENSON, du poste d’observation d’artillerie du 4e Régiment de campagne, s’est présenté et a déclaré que son autochenille avait été touchée et qu’elle était en flamme.
1045
Un messager a signalé que deux canons automoteurs ennemis s’étaient rendus maître du 9e peloton de la compagnie A et que deux autres pelotons s’étaient repliés vers le secteur de la compagnie C après avoir subi de lourdes pertes causées par les obus et les mortiers. De violents combats corps à corps se déroulaient dans le secteur de la compagnie A.
1050
Le Commandant a ordonné à la compagnie A de passer sous le commandement de la compagnie C puisque leur effectif n’était plus que de vingt.
1130
Le major JM PIGOTT, commandant de la compagnie C, a signalé que sa compagnie essuyait un feu d’artillerie très dense et qu’un canon automoteur et un char causaient des difficultés énormes dans son secteur. Le Major PIGOTT a été légèrement blessé à la tête par un fragment d’obus mais il a refusé d’être évacué. Quarante autres prisonniers ont été envoyés à la cage de prisonniers de guerre, incluant quelques membres du 6e Régiment de parachutistes.
1135
Le Commandant s’est concerté avec le major Major WA JOYCE, commandant de l’escadron B du 10e Régiment blindé, dans le but d’éliminer les chars.
1200
La compagnie C a signalé que notre canon de 6 livres avait réussi à détruire un canon automoteur mais que celui de la compagnie A était perdu, alors que celui de la compagnie C avait été touché et mis hors d’usage.
1215
Le major JB HALLADAY, commandant de la compagnie A, a été blessé et évacué.
1220
Le major HA WELCH, commandant de la compagnie B, a reçu l’ordre d’envoyer un peloton pour aider la compagnie C à tenir son secteur. On a signalé des ennemis se déplaçant du côté OUEST de WOENSDRECHT. La compagnie D a signalé que son canon antichar de 6 livres avait été détruit.
1230
La compagnie C a signalé que l’ennemi se reformait 200 mètres à l’EST de leur secteur, et le Commandant a ordonné au 4e Régiment de campagne de faire feu sur l’objectif YOKE au moyen d’artillerie moyenne et de campagne, ce qui a complètement brisé l’attaque ennemie.
1400
Les chars ont signalé qu’ils n’avaient plus de munitions et qu’ils devraient se retirer pour faire le plein.
1410
Le Commandant a contacté le quartier général de la brigade par radio pour signaler que nous étions trop minces sur le terrain. À ce moment, nos effectifs étaient estimés comme suit : compagnie A, 1 officier et 18 autres grades; compagnie B, 2 officiers et 39 autres grades; compagnie « C », 2 officiers et 40 autres grades; compagnie « D », 1 officier et 60 autres grades.
1415
Une importante force de Spitfire a largué cinquante tonnes de bombes en s’attaquant à un lieu où l’ennemi se rassemblait, vraisemblablement pour contre-attaquer.
1510
Le lieutenant DR BROWN, l’officier de notre peloton de mortiers, a été blessé par un fragment d’obus ennemi et a eu la jambe cassée alors qu’il s’efforçait d’organiser son peloton près des positions de la compagnie C. Il a continué à organiser ses mortiers pendant quelque temps.
1600
Une troupe de chars qui appuyait la compagnie D a été appelée pour attaquer un poste de mitrailleuses et l’infanterie ennemie qui se formait dans le secteur 614204. Le lieutenant GPJ DES GROSEILLIERS est sorti avec le 16e peloton et les chars pour nettoyer ce poste et l’occuper.
1605
Des bombardiers Typhoon ont attaqué la position ennemie sur notre front et largué approximativement 25 tonnes de bombes.
1700
Toutes les compagnies ont signalé qu’un feu très dense de mortier et d’obus leur infligeait des pertes. Le poste de soins régimentaire, dirigé avec compétence par le capitaine JW WINSTOOK, avait évacué plus de 90 blessés jusqu’alors. Parmi les blessés, se trouvaient le major JB HALLADAY, le lieutenant JT CLARK, le lieutenant KT BUSBY, et le lieutenant DR BROWN.
1800
La compagnie B des ESSEX SCOTTISH, commandée par le major REEKIE, autrefois commandant en second de la compagnie A, est passée sous notre commandement et a été placée à l’arrière de la compagnie C, dans le secteur 620200.
1900
Le major EL FROGGETT de la compagnie B a signalé que l’ennemi s’infiltrait sur plusieurs points dans son secteur. Une force de 30 à 40 combattants ennemis s’est rendue maître du peloton du lieutenant DES GROSEILLIERS et tous ces hommes auraient été tués, blessés ou faits prisonniers.
2200
Toutes les sous-unités ont signalé que la situation était sous contrôle.
17
0900
Des tireurs étaient très actifs sur les fronts des compagnies C et D et le lieutenant JA WILLIAMSON, commandant du peloton d’éclaireurs, a reçu l’ordre d’envoyer des carabiniers aux deux compagnies.
1100
Trente-neuf hommes de renfort sont arrivés et presque tous proviennent du personnel du Corps blindé canadien, de l’Artillerie royale du Canada, du Corps royal d’intendance ou d’autres corps.
1300
Le sergent-major R MORGAN de la compagnie C l’a échappé belle quand il a été touché par un tireur. La balle a traversé son casque d’acier et a tout juste éraflé son cuir chevelu, de manière à ne causer qu’une légère blessure. C’était la septième ou la huitième fois que le sergent-major MORGAN l’échappait belle. Il s’est trouvé dans quatre autochenilles qui ont été détruites par des mines et il s’en est sorti miraculeusement, sans blessures graves.
1600
Le sergent-major KC LINGEN, B37156, a été tué par un tireur ennemi derrière le quartier général de la compagnie D.
1740
Pour prévenir l’infiltration ennemie, le peloton de pionniers, sous les ordres du lieutenant RW WIGHT, a reçu l’ordre de placer des feux déclenchés par les pas en avant de la position de la compagnie D. Nous n’avons pas assez d’hommes sur le terrain pour contrôler totalement WOENSDRECHT et il est possible que l’ennemi s’infiltre. L’ennemi semble avoir souffert de lourdes pertes à cause de notre artillerie, qui n’a rien ménagé, mais il continue de renforcer ses positions. Nous n’avons pas pu sonder le terrain en avant parce que l’effectif moyen de nos compagnies est de 45 hommes et parce que les pertes ont été très élevées parmi nos officiers, nos sous-officiers et les hommes les plus âgés. À ce moment, le gros des hommes du bataillon n’a pas reçu beaucoup d’entraînement d’infanterie parce qu’il provient d’autres corps de l’armée. La compagnie D n’a plus qu’un officier, le major EL FROGGETT. La compagnie B a le major HA WELCH et le lieutenant DA BONNALLIE. La compagnie C a trois officiers, incluant le major JM PIGOTT. La compagnie A n’a qu’un officier, le capitaine HL HEGELHEIMER.