Le Canada et la bataille des Ardennes

| décembre 11, 2019

La bataille des Ardennes (entre le 16 décembre 1944 et le 28 janvier 1945) fut la plus grande bataille de l’histoire américaine. Adolf Hitler espérait diviser les forces alliées dans l’ouest avec un assaut semblable à celui de la Blitzkrieg. Il visait le port d’Anvers récemment ouvert. Trois armées allemandes se sont réunies en secret pour traverser les Ardennes, une région boisée et vallonnée située à la croisée des frontières française, belge, luxembourgeoise et allemande.

Les Ardennes étaient un secteur calme et les Allemands ont réussi à repousser les troupes américaines dans les premiers jours, créant un renflement dans la ligne alliée. La plupart seront au courant de l’histoire du stand de la 101ème division aéroportée à Bastogne et des efforts de secours réussis du général George S. Patton. À la fin janvier, les Américains avaient éliminé le renflement et restauré la ligne au coût de 75 000 victimes. Les Allemands ont tout autant souffert (entre 65 000 et 85 000), ce qui leur a coûté de précieuses réserves pour la prochaine bataille en l’Allemagne.

L’offensive allemande a eu de profonds effets. La première armée canadienne était responsable de la ville d’Anvers. Si le fer de lance allemand s’était rapproché, les Canadiens et leurs alliés britanniques auraient dû l’arrêter. Ils se seraient également attendus à une attaque de soutien locale aux Pays-Bas. Dans les jours qui ont suivi le début de la bataille, les troupes canadiennes dans le saillant de Nimègue ont été informées de l’offensive allemande. Dans certains cas, l’armée a reporté les fêtes de Noël en cas d’attaque allemande. Les Queen’s Own Rifles du Canada n’ont pas pris leur dîner de Noël avant les 29 et 30 décembre.

Le 1er Bataillon canadien de parachutistes, qui  n’a pas combattu depuis août dernier, a vécu une expérience totalement différente. La veille de Noël, ils se précipitèrent à Folkstone, sur la Manche, et se préparèrent à s’embarquer pour la Belgique avec le reste de la 6ème division aéroportée. «Ils allaient nous faire entrer», se souvient le soldat Merv Loucks. « Mais le temps était si mauvais qu’ils ne pouvaient plus voler, nous sommes donc entrés en tant que troupes au sol. » Le 2 janvier 1945, le bataillon prend position près de Rochefort, près de l’est de l’avancée allemande. Ils sont restés dans la région pendant deux semaines, bloquant et reprenant du terrain aux forces allemandes en retraite.

Enfin, l’Aviation royale canadienne a combattu dans la bataille des Ardennes. Le 21 décembre, le maréchal de l’air, Sir Arthur Coningham, commandant de la 2 e Armée de l’air tactique, mit tous ses chasseurs-bombardiers à la disposition des Américains. Le capitaine d’aviation Harry Hardy, dont le typhon a été endommagé lors d’une attaque au bombardement le jour de Noël, a dû renflouer son avion pendant la bataille. «Quand la neige s’est arrêtée … nous sommes allés là-bas pour aider les Thunderbolts [américains]», a-t-il déclaré. Les pilotes de chasse canadiens ont également engagé une Luftwaffe en pleine reconstruction en décembre et en janvier. Ils se sont mêlés au Messerschmitt 262, le nouvel avion de chasse aux lignes élancées, et ont subi une importante attaque aérienne sur les aérodromes alliés le jour du Nouvel An 1945.

Hawker Typhoons du 439e Escadron ARC détruit et endommagé après la frappe du Luftwaffe le jour de l’année à l’aérodrome B-78 de Eindhoven, Pays-Bas.
Les Typhons du 440e Escadron de l’ARC effectuent une passe basse pour identifier un redoutable tank allemand Tiger Tank dans les Ardennes, lors de la bataille de Bulge (Robert Bailey).
Parachutistes du 1er bataillon canadien de parachutistes se préparant pour une patrouille, Bande, Belgique, 15 janvier 1945 (Sgt. C.M. Lattion / DND / LAC / PA-191136).

Les dépêches de Juno partagent toutes les nouvelles, les événements et les histoires du Centre Juno Beach en France et au Canada. Intéressé à contribuer une histoire sur le blog? Envoyez un courriel à l'éditeur à jbca@junobeach.org.

Laisser un commentaire