Le bilan GES du Centre Juno Beach

Maxime Bouché & Nathalie Worthington
30/11/2020

Devant l’impérieuse nécessité de tout faire pour lutter contre le changement climatique, à tous les niveaux, le bilan de GES est un outil nécessaire à la lutte contre le changement climatique.

Le Centre Juno Beach s’est donc lancé volontairement (aucune obligation légale) dans son bilan de GES, le bilan de GES au cours de l’année 2020. Selon notre expérience, il s’agit là de la première étape indispensable du diagnostic climat d’une activité ou d’un site. En hiérarchisant les différents postes d’émissions en fonction de leur importance, le bilan facilite la mise en place d’actions prioritaires de réduction des émissions.

Le Centre Juno Beach a ainsi commencé son bilan de GES pour l’année 2019, retenue comme année de référence, qui s’élève à 1096 tCO2e. Le bilan est présenté et réparti comme suit :

Ce tableau constitue la pierre angulaire de la réflexion du projet de développement durable du Centre Juno Beach.

Si nous comptabilisons uniquement les Scopes 1 et 2, comme la loi le demande aux très grandes entreprises, le Centre Juno Beach s’avère plutôt une entreprise vertueuse, très peu émettrice, avec seulement 15,6 tCO2e pour 2019. La lecture est cependant plus intéressante lorsque l’on ajoute le Scope 3, seulement optionnel et au bon vouloir des grandes entreprises d’un point de vue législatif, qui comptabilise à lui seul 1080,7 tCO2e pour un total d’émissions du musée à 1096 tCO2e.

L’analyse du bilan de GES révèle que 98% des émissions du musée proviennent du Scope 3. Deux postes sont conséquents, à savoir le poste 9 (achats de produits ou services) avec 161,9 tCO2e (environ 14% du bilan de GES) et le poste 16 (transport des visiteurs et des clients) avec 885 tCO2e (environ 80 % du bilan de GES).

Ordres de grandeur du plus important au plus faible :

  1. Poste 16 (transport visiteurs) = 885 tCO2e
  2. Poste 9 (achats produits ou services) = 161 tCO2e
  3. Poste 13 (déplacements professionnels) = 12 tCO2e
  4. Poste 6 (Consommation d’électricité) = 11 tCO2e

Le poste d’émission le plus important pour le musée (poste 16) est aussi celui sur lequel le musée à le moins de possibilité d’action rapide, car il est systémique, dépendant de nombreux autres intervenants et décisionnaires.

Comme vu dans l’article sur la nécessité de décarboner (lien), la France demande à ses plus grosses entreprises de réaliser des bilans de GES uniquement sur les Scope 1 et 2, le Scope 3 étant optionnel. Laisser l’inclusion du Scope 3 au bon vouloir des entreprises n’est peut-être pas vraiment pertinent au regard de ce que nous constatons sur le Centre Juno Beach. Ajoutons que si nous voulions être collectivement efficaces au regard du changement climatique en cours, l’inclusion du Scope 3 devrait peut-être être imposée à toutes les structures.