Le Hockey au cours de la Seconde Guerre mondiale

| novembre 4, 2014

Le Centre Juno Beach est heureux de travailler en partenariat avec la Ligue de hockey de l’Ontario, en collaboration avec la Ligue canadienne de hockey pour commémorer le 70e anniversaire du débarquement en Normandie. Les fonds recueillis lors de la campagne soutiendront la programmation commémorative et éducative au Centre. Cliquez ici pour plus d’informations.

La culture de Hockey est profondément ancrée dans notre identité canadienne. Il agit en tant que lien social dans la vie communautaire. En temps de paix, le hockey a la capacité d’unir des groupes qui sont généralement séparés, il unit les jeunes et les vieux, les citadins et ruraux, les francophones et les anglophones, et les kilomètres qui séparent les régions de l’Est et de l’Ouest. Jouer au hockey et assister à un match de hockey est une expérience profondément canadienne qui va au cœur même de l’identité canadienne et l’esprit de vie communautaire.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les familles canadiennes ont dû faire face à de nombreuses difficultés, et le hockey a pris de l’ampleur en tant que facteur de cohésion sociale. Le hockey a donc pu remplir son rôle de lien social et unir les Canadiens en temps de guerre, qu’ils soient civils ou militaires, qu’ils soient au pays ou en service outre-mer. Le hockey a dominé dans les journaux et médias canadiens tout au long de la Seconde Guerre mondiale.

Cependant, la Seconde Guerre mondiale a exercé de nombreuses pressions sur les joueurs et engendré de nombreux changements dans le jeu. L’enrôlement massif des jeunes hommes canadiens a forcément créé une baisse dans le nombre de bons joueurs disponibles pour préserver la qualité du jeu. Même si l’enrôlement pour le service outre-mer s’effectuait sur ​​une base volontaire jusqu’à l’hiver de 1945, beaucoup de jeunes Canadiens ayant des talents ont dû interrompre de prometteuses carrières afin de partir servir à l’étranger. Pourtant, le hockey est resté central et dans les sombres jours de l’hiver de 1942-1943, lorsque la victoire des Alliés était loin d’être acquise, la LNH a annoncé que la ligue continuerait néanmoins à fonctionner afin de préserver le moral du public canadien.

Dans cette guerre qui est devenue mondiale au fil des années, le désir de servir le pays a conduit de nombreux joueurs de hockey talentueux à raccrocher leurs patins afin de prendre le fusil. Ainsi, Russ McConnell malgré ses 4 saisons de championnat avec l’Université McGill et son élection de meilleur joueur de la Ligue de hockey senior du Québec en 1938-39, a décliné des offres pour jouer pour les Rangers de New York afin de servir dans la Marine royale canadienne. Milt Schmidt, un autre vétéran de la Seconde Guerre mondiale guerre, en dépit de son statut de joueur étoile à 4 reprises et vainqueur du Trophée Art Ross et Hart, a lui aussi décidé de rejoindre l’Aviation royale canadienne en 1942. Conn Smythe, une figure centrale dans le hockey canadien et vétéran des deux guerres, a servi outre-mer dans la batterie anti-aérienne qu’il a fondée lui-même. Il a été grièvement blessé lors d’un raid de la Luftwaffe en Normandie en juillet 1944 et est rentré au Canada en septembre.

Le gardien de but de l’équipe du Royal 22e Régiment, le soldat Caron de Donnacona, du Québec. Il a laissé passer la rondelle dans son but que 4 fois au cours des quatre matchs de championnat joués par le « Vingt-Doos ». Le hockey est très populaire auprès des soldats canadiens servant à l’étranger. Angleterre, janvier 1943. 1123P1(D953) Photo courtoisie of Direction-Histoire et Patrimoine, Département de la Défense Nationale.

Il ne fait aucun doute que le besoin d’homme dans les services au cours de la Seconde Guerre mondiale a créé une dilution de talent dans toutes les couches de ligues et équipes à travers le Canada. Le changement le plus notable en temps de guerre sur les règles du jeu a été introduit en 1943. Avant 1943, un joueur n’était pas autorisé à faire une passe vers l’avant passé sa propre ligne bleue. Cela a changé dans la saison 1943-1944, lorsque la LNH a statué que les joueurs pouvaient passer de leur zone défensive jusqu’au milieu de la patinoire, qui serait marquée par une nouvelle ligne rouge au centre de la glace. Cela a changé le jeu de façon spectaculaire. Cette nouvelle règle permettait à un joueur, dans sa propre zone défensive, d’effectuer une percée passée la ligne rouge, ce qui a créé le jeu de grande vitesse dont nous avons l’habitude aujourd’hui.

La Seconde Guerre mondiale a apporté une autre modification au jeu : en saison régulière, il a été nécessaire de supprimer la prolongation en raison des stricts couvre-feux du soir en temps de guerre. La prolongation, un aspect dont nous avons l’habitude aujourd’hui, n’a été réintroduite que quatre décennies après la guerre.

Malgré les changements et les défis liés au temps de guerre, les Canadiens de Montréal ont remporté la Coupe Stanley en 1944 et ont totalement dominé la saison régulière 1944-1945, en ne perdant que huit des 50 matchs qu’ils ont joués et contribuant à cinq des six nominations possibles pour le titre de joueurs étoiles grâce à l’arrivée de Richard et de Lach, qui ont respectivement établi les nouveaux records de la ligue pour les buts (50) et les aides (54) durant la siason 1944-1945.

3 copains de North Bay, Ontario, qui avaient auparavant joué avec les « North Bay Trappers », photographiés dans le vestiaire après un match intra-unité en février 1945, Witley, Angleterre. Les 3 joueurs ont servi en Normandie et ont été blessés au combat lors de la fermeture de la poche de Falaise en août 1944. 112(D1308) Photo courtoisie of Direction-Histoire et Patrimoine, Département de la Défense Nationale.

De nombreux vétérans, dont la carrière a été interrompue par le service militaire, ont trouvé le jeu plus rapide trop exigeant pour leur âge avancé. La relève et les nouvelles recrues comme Gordie Howe, Ted Lindsay et Ted Kennedy ont ouvert la voie pour de nouveaux standards et de nouvelles exigences athlétiques quant à la rapidité des joueurs. Conn Smythe qui écrivait à un ami depuis l’Angleterre en avril 1944 : « Il faut admettre qu’un joueur de la LNH vaut deux joueurs de la LNH en temps de guerre … » Beaucoup d’anciens joueurs et vétérans firent aussi ce constat en rentrant au pays après la guerre.

Durant la guerre, le Canada était une vaste territoire où plus d’un million d’équipages aériens de pilotes formés grâce au gigantesque plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique. Des bases d’entraînement et des aérodromes ont surgi partout sur le territoires. L’intégration du personnel militaire en formation dans les équipes de hockey locales a été un facteur déterminant pour la cohésion de la communauté, d’autant plus que de nombreuses villes ont dû s’adapter à l’afflux de militaires étrangers amenés par le PEACB. Des jeux avec des équipes composées d’un mélange de joueurs civils et militaires ont contribué à l’esprit de camaraderie et aux rivalités amicales créant ainsi un sentiment d’appartenance et de cohésion sociale, nécessaire pour mieux affronter les moments difficiles et les changements sociaux provoqués par la guerre.

Pour les nombreux soldats Canadiens basés en Angleterre durant les longues années avant d’être envoyé en Sicile et en Italie en 1943 et en Normandie en juin 1944, le hockey était un élément majeur de cohésion pour le bon moral des troupes. Les tournois amicaux dans les camps d’entraînements et dans les villes anglaises ont permis aux soldats canadiens civils anglais d’interagir autour de l’événement social qu’est une soirée passée ensemble pour voir un match amical. La Feuille d’érable, le journal de l’Armée canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale, a continuellement informé les troupes des scores et matchs au Canada, de même que la pléthore de journaux régimentaires publiés en Europe pour les soldats au combat, une source de nouvelles du pays et d’humour qui ont énormément contribué à maintenir le moral des troupes servant outre-mer.

Sources:

Coast to Coast: Hockey in Canada to the Second World, John Chi-Kit Wong, University of Toronto Press, 2013.

Richard Gruneau and David Whitson, Hockey Night In Canada: Sport, Identities and Cultural Politics (Toronto: Garamond Press, 1993)

Ken Dryden and Roy MacGregor, Home Game: Hockey and Life in Canada (Toronto: McClelland & Stewart, 1989)

http://www.greatesthockeylegends.com/2008/11/war-and-hockey-history.html
http://www.thehockeynews.com/articles/29259-THNcom-Top-10-Hockey-war-veterans.html
http://www.hockeycentral.co.uk/nhl/movers/Hockey-in-World-War-II.php

Le Centre Juno Beach souhaite donner crédit à l’excellent travail accompli par Jennifer Kabeary : The Field of Play: Military and Sport in Southern Alberta Communities during the Second World War, University of Lethbridge, 2009.

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