Gérer les déchets au Centre Juno Beach

Maxime Bouché & Nathalie Worthington
12/01/2021

 

Les émissions de GES du Centre Juno Beach sur le poste 11 « Déchets » de la Scope 3 s’élèvent à environ 2,8 tCO2e (Tonne de CO2 équivalent). Cela représente environ 0,26 % des émissions totales du musée, qui s’élèvent à 1 096 tCO2e pour l’année 2019. Le premier constat est donc que les déchets représentent une toute petite part des émissions du CJB.

En quantité, ces déchets représentent en 2019 pour le musée environ 3,12 tonnes d’ordures ménagères, 2,08 tonnes de déchets plastiques et 1 184 m3 d’eaux usées.

Pour réduire les émissions de GES liées au poste 11, le Centre Juno Beach a identifié des bons gestes écoresponsables à faire adopter par toute l’équipe du musée afin de les étendre aux visiteurs ainsi que des actions à mener progressivement, au fur et à mesure des besoins en renouvellement de matériels et équipement, au fil du temps sachant que l’on ne pourra pas tout changer du jour au lendemain.

Les comportements écoresponsables et bonnes pratiques  à zéro coût pour limiter pollutions et déchets

Les collaborateurs du musée sont incités à adopter des comportements écoresponsables par la mise  en place de bonnes pratiques à zéro coût  pour limiter pollutions et déchets ou par la valorisation des bonnes pratiques parfois déjà en pratique depuis longtemps au sein de l’équipe du musée :

Limitation des impressions papier ; Essuie-main papier recyclé (WC) vs air chaud ; Recyclage  des déchets d’équipements électriques et électroniques, piles, cartouches encre, papier, verre, bouchons plastique et liège… Les bouchons en plastique rejoignent des programmes de recyclage en vue d’achat de fauteuils roulants pour les personnes handicapées, les piles usagée rejoignent le réseau de recyclage des piles, le papier usagé est recyclé en brouillon pour un deuxième usage (Laurent Mirey fabrique des petits blocs notes maison recyclés) ; Réemploi de matériel (papier brouillon, bois, métal…) dans le cadre de travaux techniques grâce à un personnel compétent ; Responsabilisation fournitures bureau avec kit annuel ; Demande d’implication des prestataires (distributeur boissons avec gobelets carton) ; Disparition des sacs boutique ; Préférence donnée à la cafetière plutôt qu’aux dosettes individuelles ; Achats de courses en grosses quantités / Produits en vrac ; Filtres à café réutilisables… Les déchets plastiques, cartons, papier non réemployables dans l’immédiat sont dirigés vers les poubelles jaunes.

Des mesures structurantes

Pour accompagner ces bonnes pratiques, des mesures ont été mises en place : Un composteur pour les déchets végétaux a été installé fin 2020 (Laurent Mirey). Un système de récupération des eaux de pluie pour besoins techniques sera installé au printemps 2021.

Concernant la boutique du CJB, trois projets majeurs sont à l’étude pour des actions à court terme visant la réduction/non création de déchets par le biais de l’économie circulaire : L’installation de 4 ruches permettra de fabriquer du miel Juno Beach sur la terrasse en toiture du musée. Le projet Precious Plastic vise le recyclage et la transformation des déchets plastiques liés à l’exploitation de la boutique (essentiellement concernée) pour les transformer en objets commercialisables en boutique. Un projet avec un Tiers lieu de Courseulles vise le recyclage et l’économie circulaire en fournissant certains déchets de la boutique du type palette à des artisans pour qu’ils en fassent des objets d’art commercialisable en boutique.

NB : En même temps que tout cela, le CJB travaille à l’amélioration de sa performance énergétique qui elle aussi passe par des gestes écoresponsables de la part du personnel et des visiteurs du musée.

Impliquer les visiteurs et la communauté

En plus de tous ces gestes et mesures, le Centre Juno Beach souhaite aller encore plus loin en se fixant des projets pouvant impliquer les visiteurs et la communauté à laquelle le musée appartient. Début 2021 des poubelles de tri vont être installées au musée : jaune pour le plastique, noir pour les ordures ménagères, bleu pour le papier, vert pour les déchets végétaux (qui seront ensuite compostés). Une réflexion est également en cours au sujet du tri des canettes aluminium, des bouchons en plastique pour le public et les déchets verre. Une recherche de financement est également en cours pour installer des contenants adaptés sur le Parc Juno afin d’y déposer les mégots. Le CJB souhaite par ailleurs voir installer des bacs à marées sur le Parc Juno afin d’y voir déposés les déchets ramassés sur la plage. L’orientation souhaitée est celle d’une œuvre d’art afin de sensibiliser le public sur la nécessité d’être vigilants sur le tri et la limitation des déchets dont une grande partie, in fine, finit en mer. La dimension artistique semble intéressante pour faire passer le message.

Chercher à comprendre ce que deviennent les déchets inévitables

Le CJB s’est rapproché du SYVEDAC (Syndicat en charge du ramassage des ordures sur Courseulles-sur-Mer) pour essayer de régler au mieux la problématique des déchets liés à l’exploitation du site et surtout pour sensibiliser les visiteurs et la communauté sur l’extrême nécessité de trier et de limiter les déchets mais également d’apporter des solutions pour créer une économie circulaire autour des matières premières appelées « déchets ».

Voir aussi l’article Où vont les déchets du CJB ?

Agir ensemble

Il est urgent de porter un regard sur nos déchets et de les réduire. Pour cela de nombreuses pistes existent : recyclage, tri des déchets, dons aux associations, économie circulaire, etc.

Il est également important de porter la réflexion sur l’amont du déchet car mieux vaut bien acheter/bien réemployer que bien jeter.

Si nous nous y mettons tous, sérieusement, à titre individuel, en entreprise et au sein des collectivités, nous pouvons être efficaces pour la planète et agir durablement sur le monde des  générations futures.

Impressionnant de voir à quel point un changement de regard sur les déchets peut changer le monde ! Attention cependant à rester attentifs à l’effet rebond. Les déchets doivent être gérés et diminués mais il ne faut pas en générer davantage pour alimenter un système qui voudrait produire toujours plus. L’économie circulaire et le traitement des déchets ne sont bénéfiques que si nous apprenons à vivre dans un modèle et un monde durable avec une croissance économique au diapason.