Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Personnes

Maurice Waitson

NOM : WAITSON
PRENOM : Maurice
NATIONALITE : Canadien
DATE DE NAISSANCE : 5 mai 1924
LIEU DE NAISSANCE : Napanee, Ontario, Canada
GRADE : Matelot de 2è classe (mat 2)
CORPS : Marine royale du Canada (MRC)

AVANT GUERRE
Maurice Waitson est né le 5 mai 1924, le sixième enfant d’Alma et Stephen Waitson. Un autre garçon vient compléter la famille par la suite. Le père de Moe (le surnom de Maurice) a émigré d’Angleterre au Canada en 1912 et a été rejoint peu après par sa fiancée, Alma, pour s’installer à Napanee, Ontario, où Moe et ses frères et sœurs ont grandi. Bien que les temps soient difficiles pour la famille Waitson pendant la Grande Dépression, les enfants, élevés selon des principes victoriens très stricts, sont enjoués, de très bons chasseurs, ainsi que d’excellents nageurs. En plus, Moe est un joueur de hockey exceptionnel. Sa sœur ainée se souvient de lui comme d’un garçon aimable et gentil mais aussi très obstiné.

ACTIVITES PENDANT LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE 
Quand son frère aîné s’enrôle pour la guerre, Moe ne peut plus attendre pour franchir le pas lui-aussi, malgré ses 17 ans. Il s’engage donc le 15 janvier 1942 dans la Marine royale du Canada. L’officier de recrutement connait bien la famille Waitson et a conscience du fait que Moe n’a pas l’âge requis, mais il sait aussi que les jeunes recrues sont indispensables à l’effort de guerre. La Royal Navy anglaise a déjà subi de lourdes pertes et se tourne vers les Canadiens pour renforcer les troupes et financer la construction de navires à la pointe de la technologie. Moe doit faire face à ses parents très mécontents, mais incapables de contrer sa détermination. Deux semaines plus tard, Moe dit au revoir à sa famille en larmes.

L’entraînement initial de  Moe s’effectue à bord du NCSM Cataraqui pendant presque 2 mois, de la mi-janvier au 3 mars 1942. Il passe de brèves périodes à bord des NCSM York, Stadacona, Cornwallis avant de revenir sur le Stadacona jusqu’au 11 décembre 1941. Sa dernière escale pour entraînement à terre a lieu quand il se trouve en Ecosse sur le Niobe. Le 4 février 1943, Moe est finalement posté à bord du NCSM Athabaskan. Il est affecté à l’équipe des canons « B ». Il existe deux emplacements de canons sur la proue de l’Athabaskan, l’un derrière l’autre. Les canons « A » sont les plus près du pont, à proximité de l’étrave. Les canons « B » sont situés sur une plateforme au-dessus et derrière les canons « A ». La configuration de l’emplacement des canons est la même à la poupe du navire, où les canons « X » sont montés sur une plateforme au-dessus des canons « Y », eux-mêmes situés le plus loin à l’arrière du navire.

NCSM Athabaskan est mis service dans la MRC le 3 février 1943. Après plusieurs dommages subis lors d’incidents dramatiques (y compris une attaque par bombes planantes en août 1943, et une mission à Scapa Flow), l’Athabaskan est rattaché à la 10è Flottille. Sa mission offensive consiste à « nettoyer » la Manche des navires ennemis en préparation du Débarquement du  Jour J. Le commandant de l’Athanaskan est le lieutenant Jack Scott. En raison de la surveillance aérienne allemande, la 10è Flottille intervient de nuit au large des côtes de France à une vitesse de plus de 30 nœuds, avec silence radar. La nuit du 29 avril 1944, la flottille rencontre deux destroyers allemands de type Elbing, au large de l’Ile-Vierge en Bretagne. A 4h17, l’Athabaskan est touché par une torpille. S’en suivent des explosions et le navire commence à sombrer.

L’Athabaskan était parti en mission avec un équipage de 261 hommes. L’Haida et son patrouilleur motorisé sauvent environ 50 marins. L’ennemi revient quelques heures plus tard et 80 hommes sont sortis de l’eau et faits prisonniers de guerre au nord de l’Allemagne. 128 hommes perdent la vie. Dans les jours qui suivent, 91 corps sont rejetés par la mer puis inhumés dans 9 cimetières civils de Bretagne, dont 59 à Plouescat. A ce jour, 37 hommes sont toujours portés disparus.

Moe a changé de poste le 1er avril 1944. Il est passé des canons « B » aux « X ». Malheureusement pour lui se sont les canons « X » et « Y » qui se trouvent au cœur du chaos causé par la torpille du T24 allemand. Son ami rapporte que Moe survit à l’explosion initiale, mais succombe dans les eaux froides de la Manche alors qu’il essaie de rejoindre l’Haida.

ACTIVITES PENDANT LA BATAILLE D’ANGLETERRE ET EXPERIENCES EN GRANDE BRETAGNE 
Au cours de la Bataille d’Angleterre (juin 1940 à mai 1941), Moe est encore un jeune garçon qui vit à Napanee. Cependant, sa famille anglaise est directement affectée par le terrible Blitz de Londres. Côté maternel, sa grand-mère, son grand-père, ses oncles et tantes et leurs familles, ainsi que l’arrière- grand-mère de 90 ans, doivent s’installer dans des abris. Leur quartier a été décimé par les attaques aériennes incessantes.

Bien qu’il soit évident que Moe ait fait escale dans les ports britanniques, et qu’il ait eu e temps des prendre quelques photos, on ne dispose pas d’informations sur cette période.

APRES LA GUERRE
Le 1er mai 1944, un télégramme arrive d’Ottawa adressé à Alma Waitson. Une lettre officielle de la Défense nationale, datée du même jour, est envoyée par Poste Canada pour confirmer le contenu du télégramme. Le matelot Maurice Waitson est porté disparu après le naufrage de l’Athabaskan celui-ci dans la Manche. En février 1945, Alma reçoit une autre lettre de la Défense nationale. Moe est officiellement ajouté sur la liste des « MPD – Missing Presumed Dead » Disparus et présumés morts.

 

Ce récit est basé sur l’ouvrage de Sherry J. Pringle dont il contient des extraits, All the Ship’s Men – HMCS Athabaskan Untold Stories, Vanwell Publishing Limited, 2010.