Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Le Char « Sherman »

Sherman tank in Sicily, 3 August 1943.

Sherman tank in Sicily, 3 August 1943.
Photo by Dwight E. Dolan. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-136670.

Choisi par les Alliés occidentaux comme char de combat ordinaire à l’été 1943, le Sherman avait été conçu aux États-Unis et produit à partir de février 1942 en différentes versions. Pour les régiments de blindés canadiens, il remplaça le Ram produit au Canada. La 1ère Brigade blindée canadienne reçut des Shermans à temps pour l’invasion de la Sicile en juillet 1943. Ils étaient équipés du canon standard de 75 mm, bien que certains portaient aussi un obusier de 105 mm. La 2ème Brigade blindée et la 4ème Division blindée, qui étaient à l’entraînement en Angleterre en préparation de l’Opération Overlord, virent leurs Rams canadiens remplacés par des Shermans dans les mois précédents le débarquement. Des chars spéciaux à conduite doube (« duplex drive » ou DD) avaient été mis au point pour le débarquement ; ils étaient pourvus d’écrans rétractables en toile, qui pouvaient être gonflés et déplaçaient ainsi assez d’eau pour que le véhicule puisse flotter. Deux hélices étaient montées à l’arrière pour permettre les déplacements dans l’eau ; une fois à terre, le char roulait sur ses chenilles. Les quatre escadrons de la 2ème Division blindée canadienne chargés d’appuyer les opérations de débarquement de la 3ème Division sur le plage de Juno Beach – les escadrons « B » et « C » du Régiment de blindés de Fort Garry et les escadrons « A » et « B » du 1er Hussards – abordèrent ainsi « à la nage » dans des chars à conduite double, le 6 juin 1944. D’autres véhicules hors série avaient aussi été conçus pour cette opération, dont le Crabe, un char de déminage pourvu d’un long fléau.

Sherman flail tank near Thaon, France, 6 August 1944. Mines are exploded as chains attached to a rotating drum hit the ground.

Sherman flail tank near Thaon, France, 6 August 1944. Mines are exploded as chains attached to a rotating drum hit the ground.
Photo: by Ken Bell. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-131366.

Pendant la Bataille de Normandie, il devint évident que le Sherman était nettement inférieur du point de vue de la puissance de feu et que son blindage n’était pas suffisant pour affronter les Panther et les Tiger des Allemands. La portée du canon de 88 mm que possédait ce dernier par exemple, était quatre fois supérieure à celle du canon de 75 mm des Shermans. Pour compliquer les choses, le profil relativement haut du Sherman en faisait une cible plus visible. Pour affronter à armes égales la puissante artillerie des blindés allemands, on convertit les Shermans britanniques et canadiens en les équipant pour tirer des obus de 17 livres, mais ils ne pouvaient tirer des charges hautement explosives (projectiles HE) et seul un quart des chars furent ainsi modifiés lors de la Bataille de Normandie. L’armée américaine mit au point un canon de 76.2 mm, mais il se révéla inadéquat. Cette infériorité technique devait avoir des conséquences lors des combats.

La faiblesse de feu du Sherman était cependant compensée par sa plus grande fiabilité mécanique, demandant moins de temps d’entretien. S’ils n’étaient pas touchés, ils se trouvaient ainsi plus souvent disponibles sur le champ de bataille, où ils étaient beaucoup plus nombreux que les chars allemands. Cette supériorité numérique des Alliés devint un facteur déterminant dans une campagne qui traînait en longueur : les Allemands ne pouvaient remplacer les unités perdues, alors que les Alliés n’avaient pas ce problème.

Les blindés de combat de la Seconde Guerre mondiale étaient victimes des mines antichars et des projectiles tirés par les canons antichars. En plus de blesser l’équipage, le projectile peut donc aussi enflammer le combustible et faire exploser les munitions, provoquant un incendie…– Que se passe-t-il lorsqu’un char d’assaut est atteint?

Sherman V (M4A4)
Équipage 5 (chef de char, mitrailleur, chargeur/opérateur radio, pilote, co-pilote/mitrailleur)
Dimensions Longueur 6.06 m
Hauteur 2.74 m
Width 2.62 m
Poids 31,600 kg
Blindage Coque avant: 50 mm; flancs: 38 mm; arrière: 38 mm
Tourelle avant: 75 mm; flancs: 50 mm; arrière: 50 mm
Armament un canon de 75mm (97 salves AP, HE, et fumigènes)
deux mitrailleuses Browning de .30, une à l’arrière pour le co-pilote,
l’autre sur la tourelle à côté du canon principal dans le même axe (4750 cartouches)
un canon antiaérien de .50 pouvait être installé au sommet de la tourelle
Moteur moteur à essence 30 cylindres Multibank Chrysler A57 ; en fait cinq moteurs
de six cylindres fonctionnant ensemble, développant 425 hp à 2850 tours/minutes.
On trouvait des moteurs diesel sur d’autres versions.
Autonomie 160 km
Vitesse maximum 40 kph

Lecture Suggérée:

  • « Sherman Tank », Canadian War Museum Fact Sheet No. 15, edited by Fred Gaffen.
  • R. P. Hunnicutt, Sherman: A History of the American Medium Tank (Belmont, CA: Taurus, 1978)