Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Le Corps royal des magasins militaires de l’Armée canadienne

Deux mécaniciens du Corps royal canadien de génie électrique et mécanique, L.A. Einarson de Lundar au Manitoba et Richard Donovan de Limoilou, Québec, replacent le radiateur d'une jeep après avoir remis le moteur en état.

Deux mécaniciens du Corps royal canadien de génie électrique et mécanique, L.A. Einarson de Lundar au Manitoba et Richard Donovan de Limoilou, Québec, replacent le radiateur d’une jeep après avoir remis le moteur en état.
Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-191185.

Ce corps avait la responsabilité de fournir tous les biens nécessaires aux armées, depuis les armes et les tenues jusqu’aux véhicules de transport. Le Corps avaient aussi des tâches de recherche et de développement scientifiques, y compris pour l’armement, des tâches d’inventaire et de gestion comptable et, jusqu’en 1944, d’entretien et de réparation. En février de cette année-là, une autre unité, le Corps royal canadien de génie électrique et mécanique, fut créé pour voir à l’entretien de tous les équipements électriques, mécaniques et techniques, incluant les chars d’assaut et tous les véhicules de combat. Les formations armées comme les divisions et les corps d’armée s’approvisionnaient à partir de dépôts au Canada ou en Grande-Bretagne, par l’intermédiaire de sites d’approvisionnement de campagne (« Ordnance Field Parks ») où l’on retrouvait de tout, des pièces détachées aux véhicules et aux pièces d’artillerie.

Département de production des cartouches à l'Arsenal Dominion, Saint-Malo, Québec, avril 1942.

Département de production des cartouches à l’Arsenal Dominion, Saint-Malo, Québec, avril 1942.
Office national du Film / Archives nationales du Canada, PA-116093

Le service des magasins militaires était aussi responsable de prévoir les besoins de l’armée et de passer les commandes en conséquence par l’intermédiaire du Ministère des Approvisionnements. La politique canadienne était que l’armée devait être équipée autant que possible de produits et de biens manufacturés au Canada. Avant 1939, la capacité canadienne de fabrication de munitions était à peu près nulle, mais à la fin de la guerre, des installations importantes comme les Arsenaux Dominion à Québec et Valcartier, l’Arsenal Lindsay, l’usine de montage des masques à gaz (« Respirator Container Assembly Plant ») à Ottawa et l’Arsenal de Long Branch près de Toronto fournissaient presque tous les besoins en équipement de l’armée canadienne. Le Corps des magasins militaires veillait à l’entreposage et à la distribution de tout le matériel technique de combat à partir d’un dépôt central à la base de Longue-Pointe dans l’est de Montréal, où travaillaient plus de 2,800 militaires et 7,000 civils.

Camion militaire canadien standard, dans la version utilisée pour les réparations mécaniques; Modèle Chevrolet C60X, 3 tonnes, 6 roues. Conçu et fabriqué à Oshawa, Ontario, Canada. Angleterre, 19 mars 1944.

Camion militaire canadien standard, dans la version utilisée pour les réparations mécaniques; Modèle Chevrolet C60X, 3 tonnes, 6 roues. Conçu et fabriqué à Oshawa, Ontario, Canada. Angleterre, 19 mars 1944.
Photo par Donald I. Grant. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-142064.

Un domaine où les manufacturiers canadiens apportèrent une contribution particulière à l’effort de guerre des Alliés, c’est la production de véhicules de transport pour les armées en campagne. La difficulté initiale de rencontrer la demande pour près de 300 types de véhicules différents amena une normalisation des plans et la production de véhicules militaires de base, qui comprenaient un châssis et une cabine standards, auxquels on pouvait ajouter une variété de superstructures. Quelques 400.000 véhicules de ce type (avec conduite à droite) furent produits, et en 1942, ils satisfaisaient non seulement à tous les besoins de l’armée canadienne mais étaient aussi livrés aux Alliés.

Bien que le rôle du Corps royal des magasins militaires soit généralement considéré en rapport avec les armes et les munitions, ce service était aussi chargé de fournir toutes sortes d’articles qui rendaient la vie un peu plus agréable aux soldats, que ce soient les moustiquaires pour les soldats qui combattaient en Méditerranée, des articles de sport comme des uniformes de football ou de base-ball pour les heures de loisir. Un des services les plus importants était à cet égard les unités mobiles de douches et de buanderie du Corps royal des magasins militaires, à l’œuvre en Italie et en Europe de l’Ouest. Ils offraient aux soldats aux premières lignes la chance de prendre un bain ou une douche chaude, de changer de chaussettes, de chemise, de sous-vêtements et d’uniforme. Ils pouvaient même parfois passer la nuit sous des tentes. C’est quelque chose que l’on prendrait aujourd’hui pour acquis, mais qui avait alors un prix énorme dans des conditions où les soldats pouvaient passer des jours sans enlever leurs bottes.

Le long de l'axe de l'avancée canadienne, à la limite avec le front fluide des blindés, une douche portative est installée. Alimentée par un petit ruisseau qui coule à proximité et par un peu d'essence pour faire fonctionner le chauffe-eau, elle permet à beaucoup de prendre un premier bain chaud depuis qu'a commencée la poussée au-delà du Rhin, Wouenhaus, 8 avril 1945.

Le long de l’axe de l’avancée canadienne, à la limite avec le front fluide des blindés, une douche portative est installée. Alimentée par un petit ruisseau qui coule à proximité et par un peu d’essence pour faire fonctionner le chauffe-eau, elle permet à beaucoup de prendre un premier bain chaud depuis qu’a commencée la poussée au-delà du Rhin, Wouenhaus, 8 avril 1945.
Photo par Alexander M. Stirton. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-198131.

Lecture Suggérée:

  • William F. Rannie, ed., To the Thunderer his Arms: The Royal Canadian Ordnance Corps, Lincoln, ON: W.F. Rannie, 1984.