Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Événements

Le Parti national socialiste chrétien

Le 22 février 1934, Adrien Arcand, rédacteur de l’hebdomadaire Le Patriote, organise à Montréal la première réunion du Parti national social chrétien, le PNSC.

La scène du Monument national était décorée de quatre lettres immenses, initiales du nom du Parti, les lettres PNSC, formées par de petits drapeaux tricolores de la Croix gammée. Un service parfait fut assuré par quatre compagnies des vétérans des Casques d’Acier, portant leurs brillants uniformes et leurs décorations de guerre, et portant fièrement au bras le brassard de la Croix gammée, symbole de la race blanche. Ils formèrent une double haie, de chaque côté du grand escalier central et furent d’une tenue impressionnante.
—Le Patriote, 1er mars 1934 (cité dans Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, 1997)

Arborant fièrement l'uniforme du Parti de l'union nationale, des partisans saluent lors d'une réunion à Montréal, en 1939.

Arborant fièrement l’uniforme du Parti de l’union nationale, des partisans saluent lors d’une réunion à Montréal, en 1939.
Archives du Congrès juif canadien, Montréal.

Arcand s’inspire des doctrines fascistes de Hitler et de Mussolini. Il prône un état corporatif où tous les services publics sont étatisés et où le travail est obligatoire, dans la mesure où l’état doit garantir aux citoyens de gagner leur vie en travaillant. Comme Hitler, Arcand affirme la suprématie de la race blanche et refuse aux Juifs le droit de citoyenneté.

Des partis semblables se forment ailleurs au Canada. En octobre 1934, le Canadian Nationalist Party des Prairies se joint au PNSC. En juillet 1938, les représentants des partis fascistes du Québec et de l’Ontario choisissent de regrouper leurs effectifs sous le nom de Parti de l’unité nationale. Adrien Arcand devient le chef du nouveau parti et Joseph C. Farr est nommé organisateur général.

Quelle fut l’influence réelle des partis fascistes au Canada? Il semble que la peur ait exagéré le nombre de militants et leurs activités hors de toutes proportions. Des journalistes ont mentionné jusqu’à 80 000 membres armés, formés aux exercices militaires, véritable cinquième colonne prête à livrer l’Amérique à ses maîtres, Hitler et Mussolini.

En réalité, les chemises bleues n’auraient eu qu’un nombre restreint d’adhérents, et relativement peu d’influence. Au Québec, les autorités religieuses mettent la population en garde contre le fascisme et le nazisme allemand. Le gouvernement les tient à l’œil. En 1939, à l’approche de la guerre, les fascistes canadiens doivent cesser toute activité publique, sous peine d’emprisonnement. Le 30 mai 1940, des agents de la Gendarmerie royale du Canada arrêtent Arcand et quelques autres membres du Parti de l’union nationale. Ils seront emprisonnés pour la durée de la guerre.