Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Personnes

Jean-Maurice LEDUC

Identité
Jean-Maurice LEDUC (Joseph Jean-Maurice)
Né le 31 janvier 1923 à Montréal, Québec
Fils de Louis-Adolphe Leduc et Rose-Alba Blain
Marié à Adrienne Bruynings de Baarle-Nassau (Belgique) le 27 décembre 1945
Père de Corinne, Laurent, André, Ryan and Gaëtanne

Origines normandes
Côté paternel : Antoine Leduc est né au milieu des années 1640 à Louvetot, un petit hameau situé près de Grigneuseville, entre Rouen et Dieppe en Normandie. Il part de Dieppe comme mousse sur le Saint-Sébastien à l’âge de 14 ans pour arriver à Québec en octobre 1656. En 1671, il épouse une « Fille du roy » nommée Jeanne Faucheux (1663-1721). Il fonde une famille et pratique la traite des fourrures. Il meurt, probablement en voyage de traite, avant 1688, laissant deux fils, Jean-Baptiste et Pierre.
Côté maternel : Mathurin Blain épouse Suzanne Crolet en Charente Maritime (date inconnue). Leur fils François Blain épouse Jeanne Barbier à Contrecoeur, au Québec le 7 janvier 1681. La mère de Jean-Maurice Leduc appartenait à la 9e génération des Blain.

Scolarité
Ecole primaire de 1929 à 1936. Jean-Maurice Leduc quitte l’école à l’âge de 13 ans pour travailler dans un restaurant. En 1937, il suit des cours du soir pendant 6 mois en anglais, mathématiques et histoire. Durant son entraînement en Angleterre, en 1942, il suit pendant près d’un an un cours par correspondance en étude générale offert par le Département des Anciens Combattants.

Etats de service militaire
Matricule : D-137514
Grade à la sortie : Soldat
Jean-Maurice Leduc s’enrôle dans l’armée canadienne en 1942 dans le Royal Canadian Army Service Corps (RCASC). Après 4 mois d’entraînement au Canada, il arrive en Angleterre en février 1943. Quelques mois plus tard, son régiment est rattaché à la Compagnie de Transport de la 4ème Division Blindée Canadienne (4th Canadian Armoured Division Transport Company), pour la durée de la guerre. Après deux ans en Angleterre, sa compagnie débarque à Courseulles-sur-Mer en juin 1944. Ce descendant d’Antoine Leduc suit la route de Rouen à Dieppe, près de Louvetot, alors que l’armée canadienne traverse la Normandie. Il ne sait pas encore à l’époque qu’il contribue à la libération de son village ancestral.
En décembre 1944, les forces allemandes se réorganisent et entourent Bastogne, une municipalité dans les Ardennes belges, afin de se rendre à Anvers pour couper les sources de ravitaillement des troupes alliées qui sont déjà en Hollande et près de la frontière allemande. Lors de la grande avancée connue sous le nom de la « Bataille des Ardennes », Herentals en Belgique est stratégiquement située le long du Canal Albert, en droite ligne pour se rendre à Anvers. Le 23 décembre 1944, la compagnie de Jean-Maurice Leduc est envoyée à Herentals pour protéger les ponts contre les éventuels attaques de parachutistes allemands. Le lendemain, il rencontre la fille qu’il va épouser un an plus tard.

Médailles et Décorations
Etoile de 1939-1945
Etoile France-Allemagne
Médaille de la Défense
Médaille canadienne du volontaire
Médaille de la guerre 1939-1945

 

Après la guerre
Après sa libération du service militaire le 3 avril 1946, Jean Maurice Leduc vit à Montréal avec son épouse. En avril 1948, il retourne en Belgique pour accepter une offre d’emploi de la firme Gevaert, une entreprise belge de produits photographiques (qui devient plus tard Agfa-Gevaert). En 1956, il est muté à Toronto au Canada avec sa femme et leurs cinq enfants. En 1971, il est envoyé par Agfa-Gevaert à Vancouver pour ouvrir une nouvelle succursalle. Trois ans après, il devient directeur de site à Vancouver pour un grossiste national de produits de construction. A sa retraite, en 1988, son employeur lui offre un emploi d’inspecteur des opérations en Amérique du Nord.  Il prend sa retraite finale en 2003.

« Je crois que tous les Canadiens Français ont un attachement spécial pour le pays de leurs ancêtres. L’invasion allemande de la France en 1940 m’a beaucoup peiné, je suivais attentivement les événements dans les journaux. Après le raid sur Dieppe du 19 août 1942, au cours duquel j’ai perdu un cousin et un ami de ma famille, j’ai décidé d’offrir mes services pour la cause. Ce fut pour moi une expérience inoubliable et j’éprouve toujours beaucoup de peine en pensant à tous ceux qui y ont laissé leur vie. Je remercie Dieu de m’avoir protégé, ainsi que mes parents, qui, j’en suis certain, priaient pour moi et mon frère, Laurent, qui était dans la marine canadienne. »

L’épouse de Jean-Maurice Leduc, Adrienne, a consacré des années à la recherche généalogique de la famille Leduc. Son livre « Antoine, Coureur des Bois », publié en anglais en 1996, a été traduit en français et publié par les éditions du Septentrion  en novembre 2007.

 

 

29 décembre 1944, en Belgique, photographie donnée par Jean-Maurice Leduc à sa future épouse.

 

Adrienne et Jean-Maurice Leduc, 11 novembre 2006, jour du Souvenir.