Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Bataille aérienne à Kiska

Les aviateurs de l’Effectif de guerre territorial ne s’attendaient pas à devoir combattre en dehors des frontières canadiennes. C’est pourtant ce qui se produit en 1942. Au plus fort de la crise du Pacifique, les États-Unis craignent une attaque en force sur la partie la plus au nord de la côte ouest. L’État-major américain demande alors l’aide canadienne, en accord avec le pacte d’assistance mutuelle ratifié par le Canada-US Permanent Joint Board on Defence. L’ARC connaît la faiblesse de ses défenses dans la région de Prince Rupert et accepte de stationner le 115e Escadron (Chasse) à la base américaine de l’île Annette, située en Alaska à quelque 100 kilomètres de Prince Rupert.

Les Kittyhawk du 111e Escadron (Chasse) à Kodiak, en Alaska.

Les Kittyhawk du 111e Escadron (Chasse) à Kodiak, en Alaska.
Service d’imagerie de la Défense nationale, PMR 80-197.

Les craintes prennent forme le 5 mai 1942, lorsque les services de renseignements américains captent des transmissions radio qui révèlent l’avancée imminente de la flotte japonaise vers Midway et la planification d’une attaque simultanée sur les îles Aléoutiennes, en Alaska. Malgré la défaite japonaise à Midway, le 4 juin, l’attaque contre les Aléoutiennes a lieu les 6 et 7 juin 1942 et le vice-amiral Boshiro Hosogaya s’empare des îles Kiska et Attu.

À ce moment, deux autres escadrons de l’ARC, le 8e (Bombardement et reconnaissance) et le 111e (Chasse) sont déjà en route pour se joindre aux Américains. Ils transitent par l’île Annette, puis par Juneau et Yukutat pour arriver à Fort Richardson, près d’Anchorage, le 8 juin. Pendant ce temps, le 118e Escadron (Chasse) quitte Dartmouth en Nouvelle Écosse pour traverser le continent nord-américain et venir prendre position sur l’île d’Annette. Les Canadiens se rendent vite compte des risques que représentent les longues distances entre les bases et l’impossibilité de prévoir les conditions météo dans ces régions de tempêtes et de brouillards.

L’intérieur d’un logement d’aviateurs sur l’île Umnak, en Alaska, en 1943.

L’intérieur d’un logement d’aviateurs sur l’île Umnak, en Alaska, en 1943.
Service d’imagerie de la Défense nationale, PMR 79-538.

En août, les Bolingbroke du 8e Escadron et les P-40k Kittyhawk du 111e avancent vers les îles de Nome et de Umnak. Le 25 septembre, Américains et Canadiens passent à l’attaque. Le commandant d’aviation K.A. Boomer dirige les pilotes du 111e Escadron. Ils bombardent les installations japonaises sur Kiska et mitraillent leurs bateaux. Les Japonais n’ont plus que deux chasseurs en état de marche, des Rufe (chasseurs Zero convertis en hydravions) et ils les engagent dans la riposte. Au cours d’un bref combat, Boomer abat un des deux Rufe. C’est la seule victoire aérienne attribuable à un membre de l’Effectif de guerre territorial pendant toute la guerre.

Malgré ces raids, les Japonais tiennent toujours Kiska et Attu. À cause du mauvais temps et du froid qui approche, les opérations pour les déloger ne reprennent que l’année suivante. Des escadrons canadiens doivent donc demeurer en poste dans les régions éloignées de l’Alaska pendant tout l’hiver pour participer aux patrouilles et aux opérations défensives. Le 11 mai 1943, les Japonais sont définitivement repoussés d’Attu par la 7e Division américaine. Une force combinée composée de la 7e Division américaine et de la 13e Brigade d’infanterie canadienne se lance à l’assaut de Kiska le 13 août mais elle trouve l’île désertée, l’ennemi ayant retraité sous le couvert du brouillard.