Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Journal des opérations du 439e Escadron, 9 août 1944

JOURNAL DES OPÉRATIONS
DÉTAILS DES TÂCHES ACCOMPLIES
PAR LE 439e Escadron de l’A.R.C.
POUR LE MOIS DE Août 1944
Date APPAREILS TYPE ET NUMÉRO ÉQUIPAGE TÂCHE HEURE
DÉBUT FIN
9 août 1944







Typhoon MN379
“       MN870
“        JR500
“       MN352
“       MP136
“       MN310
“       MN401
“       MN869
“       MN989
Cap av Scharff
Lt av Laurence
Lt av Johns
Lt av Monson
Lt av Stitt
Lt av Smith R.
Lt av Porritt
Lt av Brown, J.
Lt av Laycock
Bombardement en piqué







12:15







13:10







DÉTAILS DE LA MISSION OU DU VOL

Les trois escadrons de l’escadre ont été à nouveau envoyés contre la même cible, sous les ordres du lieutenant-colonel d’aviation Judd. La cible est la vaste zone entre la route et la rivière juste au nord–est de Clair Tizon (U.066/547). Apparemment l’attaque ne devait servir qu’à affaiblir l’ennemi en préparation d’une attaque terrestre. Peu après le décollage, le lieutenant Monson a été forcé de rentrer à la base après avoir largué ses bombes dans la Manche, à cause du bris d’une conduite du système hydraulique. Il s’est posé sans l’aide des volets. Les autres appareils de l’escadron ont largué leurs bombes de 500 livres dans la zone-cible après une piqué de 9 000 à 4 000 pieds, d’est en ouest. Un peu de tirs anti-aériens légers mais aucun de nos appareils n’a été touché. La formation de vol pour l’aller et le retour était de trois appareils en ligne de front. Cette formation sert à gagner de la place lors des démonstrations aériennes, mais n’est pas appréciée des pilotes en général, qui la trouvent peu maniable et n’offrant pas de protection en cas d’attaque. Tous les appareils sont rentrés sans dommages à la base.


9-8-44







Typhoon MP136
“       MN870
“       MN379
“       MN569
“       MN581
“       MN665
“       MN869
“       MN310
“       MN765
Cap av Fiset
Lt av Bernhart
Lt av Brown, R.
Lt av Smith
Lt av Burton
Lt av Stelter
Lt av Hogg
Lt av Moen
Lt av Swingler
Bombardement en piqué







16:25







17:20







DÉTAILS DE LA MISSION OU DU VOL

Le capitaine Fiset commandait l’escadron qui transportait des bombes de 500 livres, équipées de détonateurs instantanés au nez et de 0,025 à la queue, contre une position ennemie d’infanterie et de transport motorisé à 877383, 4 milles au nord de Condé-Sur-Noireau. Étant donnée la proximité de la cible avec nos propres lignes de bombardement, la position ennemie devait être marquée par de la fumée rouge. En l’absence de celle-ci, les bombardiers se dirigèrent vers la cible secondaire, dans le bois de Saint-Clair, à T.995400. L’attaque a été effectuée de 10 000 à 3 000 pieds et toutes les bombes ont touché la partie sud du bois, du côté est de la route à cet endroit. Un violent éclair rouge, peut-être à cause de l’explosion d’essence, a suivi le bombardement, à 994406. L’ennemi a gaspillé beaucoup d’artillerie anti-aérienne lourde et légère au-dessus de la zone-cible. Au retour, nous avons essuyé un peu de tirs de DCA lourde, beaucoup trop proche pour être confortable, en provenance du village de Condé-Sur-Noireau. Mission accomplie. Tous les appareils sont rentrés sans dommages à la base.


9-8-44







Typhoon JR506
“       MN870
“        JR500
“       MN796
“       MN352
“       MN989
“       MN401
“       MN310
“       MN869
Cap av Scharff
Lt av Bernhart
Lt av Johns
Lt av Grayon
Lt av Monson
Lt av Henderson
Lt av Porritt
Lt av Rassenti
Lt av Smith, R.
Bombardement en piqué







19:15







20:10







DÉTAILS DE LA MISSION OU DU VOL

Cette mission a vraiment été notre cadeau de Noël! On avait rapporté que l’ennemi s’était retranché à Jean Blanc, et avait établi ce qui promettait d’être une position fortifiée avancée des plus difficiles. Notre escadron, commandé par le capitaine Scharff, a décollé à 19 h 15 emportant des bombes de 500 livres pour écraser et soumettre cette position avancée. Le brouillard épais s’était alors quelque peu dissipé et il fut très facile d’atteindre la cible par le nord-ouest, en plongeant de 6 000 à 1 000 pieds. Toutes les bombes sont tombées sur leurs cibles et toute la moitié ouest du village semblait s’élever dans les airs. Le capitaine Scharff conduisit ses gars dans une magnifique opération de mitraillage au sol depuis le sud-ouest, en piquant de 1 000 pieds d’altitude jusqu’à la cime des arbres. Tous les champs, les bosquets, les routes qui mènent depuis cette direction au village de Jean Blanc ont été sauvagement mitraillés. À ce moment, notre artillerie tira d’autres obus fumigènes rouges contre l’angle nord-ouest de la cible et nous avons à nouveau fait rugir nos canons! Cette fois-là, l’attaque fut poursuivie au point que certains appareils se trouvaient en danger d’être atteints par des ricochets en passant au-dessus de la ville à toute vitesse. Un petit verger dans l’angle nord-ouest du village a été mitraillé sans pitié et les Boches qui se trouvaient là ont dû se cacher au plus profond de leurs tranchées pour y échapper. Une grande maison de bois au bord du verger était la proie des flammes et tout le village étouffait sous la poussière et la fumée. Lors de la dernière attaque, les pilotes ont viré serré entre l’église et les bâtiments voisins. Dire que la mission a été un succès, c’est encore au-dessous de la vérité, même avec un « S » majuscule! Tous les appareils et les 11 pilotes ravis sont rentrés à la base, fiers d’avoir pu apporter à l’armée un tel soutien rapproché.