Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Personnes

Dorothy Irene Mulholland

Nom : MULHOLLAND
Prénom : Dorothy Irene
Nationalité : Canadienne
Date de naissance : 5 janvier 1915
Lieu de naissance: Grimbsby, Ontario, Canada
Grade : Infirmière militaire, F/O
Corps : Unité sanitaire mobile n°2, Aviation royale du Canada

AVANT LA GUERRE

Dorothy Irene Mulholland est née le 5 janvier 1915 à Grimsby, Ontario, Canada. Elle est la fille de James et Ethel Mulholland. James et Ethel ont en tout trois filles : Kathleen, Doreen et Irene, qui est l’aînée. La famille habite Georgetown, Ontario.

En 1936, Irene reçoit son diplôme de l’école d’infirmière St Joseph à Guelph, Ontario et débute sa carrière d’infirmière à l’hôpital Peel Memorial Hospital. C’est à cette époque qu’elle rencontre Robert « Kipper » McKillip, fils d’un homme d’affaires local. Kipper s’enrôle dans l’Aviation royale du Canada (ARC) pour devenir pilote. Le couple se fiance en 1941 mais diffère le mariage, Irène ayant décidé de se porter volontaire comme infirmière militaire dans l’ARC. En tant que femme mariée, elle ne pourrait pas servir outre-mer.

PENDANT LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE ET LA BATAILLE D’ANGLETERRE

 Comme la majorité des nouvelles recrues, Irene se voit attribuer un surnom : « Molly », une abréviation de « Mulholland ». Molly débute sa formation militaire à St Thomas (Ontario) avant d’être transférée à Gander (Terre-Neuve) où dès son arrivée elle se distingue comme une infirmière exemplaire. Elle est d’ailleurs nommée au poste d’infirmière responsable de la supervision du bloc opératoire.

En 1942, alors qu’elle quitte Halifax pour traverser l’Atlantique, Molly consulte la plus récente liste des pertes canadiennes. C’est avec grande tristesse qu’elle y découvre le nom de son fiancé Kipper, porté disparu au combat. Son avion de chasse a été abattu au-dessus de la Méditerranée – mais son corps ne sera jamais retrouvé.

EXPERIENCES EN GRANDE-BRETAGNE

On dispose de peu d’informations sur la période que Molly passe en Angleterre. On sait cependant qu’elle continue à prodiguer des soins aux soldats blessés revenus du front.

JOUR J ET BATAILLE DE NORMANDIE

Au petit matin du 19 juin 1944, l’unité de Molly, l’Hôpital mobile de campagne n°2, doit se joindre à l’offensive qui a débuté le 6 juin 1944. Après plusieurs heures, Molly et une autre infirmière militaire, Winnifred « Pit » Pitkethly, sont les première femmes canadiennes à débarquer en France pour se joindre à l’offensive alliée en Normandie. Une troisième infirmière, Edna « Millie » Millman, se joindra à elles plus tard dans la journée.

Après être débarquées à Juno Beach, elles s’affèrent à la mise en place de l’Hôpital mobile de campagne et soignent les soldats blessés. Molly se souvient d’avoir passé la majorité de sa première semaine dans une tranchée froide, humide et très inconfortable. Elle mentionne aussi que dans les premiers jours après leur débarquement, les infirmières n’ont le temps que de dormir ou soigner les blessés. Elle parle d’une période de travail particulièrement épuisante de 72 heures au bloc opératoire (qui se trouve dans une simple tente), alors que des bombes explosent autour d’eux.

Il est d’abord prévu que Molly passe trois mois outre-mer, mais un concours de circonstances fait que sa remplaçante n’arrive pas et Molly finit par assurer un service  de huit mois.

Le rôle principal de l’Unité sanitaire mobile n°2 est de soutenir le 2ème Force aérienne tactique lors de sa progression en Europe. Ils avancent donc ensemble à travers la France puis la Belgique et la Hollande. L’unité de Molly joue donc un rôle de soutien lors de la célèbre Bataille des Ardennes.

Pour le reste de l’année 1945, Molly est affectée à l’Unité de soins aux brûlés de l’ARC à East Grinstead en Angleterre.

APRES LA GUERRE

Le 14 novembre 1945, Molly est relevée de ses fonctions avec les honneurs. Elle souffre d’un cas grave « d’épuisement au combat » connu aujourd’hui sous le nom de syndrome de stress post-traumatique. Le moindre son trop fort provoque chez elle des crises d’angoisse et elle fait souvent des cauchemars relatifs aux soldats qu’elle n’a pas pu sauver.

Après la guerre, Molly est de retour dans sa famille à Georgetown, Ontario.  Elle prend alors la décision de ne plus travailler comme infirmière de bloc opératoire et accepte un poste avec une entreprise locale. Plus tard, elle accepte un poste d’infirmière de la santé publique à l’école secondaire de Georgetown et ce, jusqu’à sa retraite en 1980. Molly ne s’est jamais mariée.

Le 10 novembre 1985, à quelques heures du Jour du Souvenir, entourée de sa famille et de ses proches, Molly décède et son combat se termine enfin.

Ce récit a été rédigé par le neveu et la nièce de Molly, James Pasichny et Christen Shepherd. Il est basé sur les souvenir des membres de la famille, des articles de journaux et des documents d’archives du gouvernement. L’objectif n’est pas l’exactitude historique du récit mais les souvenirs personnels d’une infirmière militaire.

Molly au club des officiers

Molly opérant sur le front

Endormies dans une tranchée