Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

L’Organization de l’Artillerie royale canadienne

7th Medium Regiment, 12th Battery, "A" Troop, fire on Germans with 5.5 inch guns, Bretteville-Le-Rabet, Normandy, 16 August 1944.

7th Medium Regiment, 12th Battery, « A » Troop, fire on Germans with 5.5 inch guns, Bretteville-Le-Rabet, Normandy, 16 August 1944.
Photo by Donald I. Grant. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-169331.

En 1942, les régiments d’artillerie britanniques et canadiens furent organisés en trois batteries de huit pièces, chacune composée de deux section de quatre pièces. Chaque régiment était associé à une autre unité, par exemple à une brigade d’infanterie, le commandant du régiment d’artillerie faisant partie de l’état-major de la brigade. Les commandants de batteries à leur tour se rattachaient à l’état-major du bataillon. Les commandants de section occupaient les positions d’observation avancées, en étroit contact avec l’infanterie sur le terrain, alors que les pièces elles-mêmes étaient sous la responsabilité de subalternes. La dispersion des officiers d’artillerie était naturellement rendue possible grâce aux communications sans fil, qui permettaient au commandant de travailler en collaboration avec ses homologues de l’infanterie au quartier général de la brigade ou du bataillon d’une part, et de garder le contact avec « ses » artilleurs d’autre part. Les division canadiennes d’infanterie et les divisions blindées en Europe de l’Ouest comprenaient le plus souvent trois régiments d’artillerie de campagne, équipés de canons de 25 livres (deux pour les divisions de blindés), un régiment d’artillerie antichar et un régiment d’artillerie antiaérienne légère, tous sous les ordres du commandant de l’Artillerie royale.

L’artillerie lourde était organisée en groupes d’armées de l’Artillerie royale (AGRA) sous les ordres d’un commandant (CRA), en corps d’armée de l’Artillerie royale (ACRA) sous les ordres d’un commandant de corps d ‘armée (CCRA), l’un et l’autre en poste à l’état major de l’armée ou du corps d’armée. Chaque groupe d’armées (AGRA) comprenait le plus souvent un régiment d’artillerie lourde équipé d’obusiers de 7,2 ou de 8 pouces ou de canons de 155 mm, trois régiments d ‘artillerie moyenne avec des canons de 4,5 ou de 5,5 pouces, et un ou deux régiments pourvus de canons de 25 livres. Les groupes d’armées de l’Artillerie royale fournissaient un support supplémentaire et particulièrement pour le tir contre les positions d’artillerie ennemie. Les techniques utilisées pour repérer les positions de l’artillerie ennemie comprenaient l’observation aérienne, le repérage des feux, pour lequel des observateurs spécialement entraînés observaient et situaient les lueurs produites par l’artillerie ennemie embusquée, et la détection sonore qui utilisait une série de microphones situés à des intervalles variés et qui transmettaient la détonation des tirs de l’ennemi. L’analyse des enregistrements et le report des distances sur une carte permettaient de situer la position des batteries ennemies avec une précision qui pouvait atteindre 50 mètres. A.G.L. McNaughton qui était alors lieutenant-colonel avait contribué au développement de ces techniques de détection sonore alors qu’il commandait une unité d’artillerie du 1er Corps d’armée canadien pendant la Grande Guerre, obtenant des résultats positifs à Vimy et lors d’engagements ultérieurs.

Observation Post, "B" Battery, Royal Canadian Artillery, in Potenza, Italy, 24 September 1943. From left to right, Gunner Chuck Drickerson (rangefinder), Signalman Jim Tully (telephone), Regimental Sergeant-Major George Gilpin (plotting board), Captain G.E. Baxter (field glasses), and Signalman Hugh Graham (radio).

Observation Post, « B » Battery, Royal Canadian Artillery, in Potenza, Italy, 24 September 1943. From left to right, Gunner Chuck Drickerson (rangefinder), Signalman Jim Tully (telephone), Regimental Sergeant-Major George Gilpin (plotting board), Captain G.E. Baxter (field glasses), and Signalman Hugh Graham (radio).
Photo by Alexander M. Stirton. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-177156.

Un principe-clef de l’Artillerie royale britannique – et donc aussi de l’Artillerie royale canadienne – était le contrôle centralisé. Plutôt que de pourvoir les diverses unités de petits groupes de pièces d’artillerie de support, le commandement devait être centralisé sous les ordres « de l’officier le plus haut gradé qui pouvait en exercer le contrôle ». (Field Service Regulations, vol.2, 1935, cité par Shelford Bidwell et Dominick Graham, Fire-Power: British Army Weapons and Theories of War 1904-1945, 1982, p. 248). Ce principe, combiné avec la pratique d’affilier les unités d’artillerie aux unités qu’elles supportaient tel que décrit ci-dessus, permettait à l’Artillerie royale de mobiliser en quelques minutes une force de frappe extrêmement dévastatrice, lorsqu’un officier d’observation avancée (« Forward Observation Officer » ou FOO) signalait une cible « Mike », « Uncle », ou « Victor » – c’est-à-dire demandait la l’emploi de toutes les pièces d’artillerie du régiment, de la division, ou simplement toutes les pièces disponibles, contre une seule cible. En Italie au début de 1944, une telle demande, non-prévue, permit la mobilisation de 600 canons en 35 minutes.