Amélie honore son grand-père acadien

| août 12, 2020

Amélie, une guide canadienne du Centre Juno Beach honore en cette Semaine Acadienne son héritage acadien et le rôle des Acadiens qui ont combattu au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

Amélie Goguen a 25 ans et elle est originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick. Participer à la Semaine Acadienne est une occasion particulièrement émouvante pour Amélie, car elle est en mesure d’honorer son grand-père, Aristide Goguen, un vétéran qu’elle n’a jamais eu la chance de connaître. M. Goguen, qui avait 21 ans lorsqu’il a combattu à travers la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne pendant la dernière année de la guerre, est décédé en 1980, bien avant la naissance d’Amélie.

« Mon père m’avait raconté la vie de mon grand-père. J’ai découvert ce qu’il a vécu pendant la guerre quand j’ai lu les lettres qu’il écrivait à sa famille »

Ses ancêtres étaient des Bretons, de Morlaix, qui sont partis pour l’Acadie vivre la grande aventure. Un de ces ancêtres était un marchand de fourrures qui a pu fuir dans les bois pendant le Grand Dérangement grâce à l’aide des autochtones. »

 

Le 11 août dernier, Amélie a été ravie d’officier en tant que maîtresse de cérémonie lors de la commémoration au CJB en hommage à tous les soldats acadiens :

« C’est un honneur pour moi, je suis fière de représenter ma famille et mes origines sur Juno ! », a déclaré Amélie. « En apprendre davantage sur le rôle du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale et être en mesure de transmettre ces connaissances aux visiteurs a renforcé mes liens avec mon grand-père. Son histoire et les histoires d’autres jeunes canadiens comme lui, qui ont fait don de plusieurs années de leur vie pour combattre, prennent vie sur Juno. Je me réjouis de cette expérience au Centre et de la chance de partager mon héritage acadien en France pendant le Festival. »

« Que signifie d’être Acadien(ne) ? Vous n’obtiendrez pas de réponse précise à cette question aujourd’hui » selon Amélie. « Vous entendrez parler de colonisation, de déportation et de francophonie, du 15 août, de fricot [un plat populaire acadien] et d’histoires de résilience. Mais pas de notre service pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela me fait chaud au cœur de voir autant de Français honorer les Acadiens aujourd’hui. J’ai pensé à mon grand-père qui a participé à la bataille de Groningen aux Pays-Bas pour libérer cette ville de l’occupation nazie. J’ai pensé aux atrocités qu’ont vues tous ces Acadiens et j’ai pensé que plusieurs d’entre eux étaient plus jeunes que moi aujourd’hui. C’était un temps où fallait que des jeunes deviennent des hommes du jour au lendemain. Je suis très fier d’être Acadienne et de perpétuer l’héritage de mon grand-père sur Juno Beach . »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aristide Goguen naît en 1920 à Notre-Dame au Nouveau-Brunswick dans une famille d’une douzaine d’enfants. Après le décès de son père, il travaille avec ses frères sur la ferme familiale. En juillet 1941, à l’âge de 21 ans, il est enrôlé dans l’armée en fonction de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales et est envoyé au Québec pour se joindre aux Fusiliers du Mont Royal.

En hiver 1945, Aristide met les pieds en France et continu son parcours traversant la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. En avril 1945, il prend part à la bataille de Groningen et contribue à la libération des Pays-Bas. Il obtiendra l’étoile de la France et de l’Allemagne pour son service. Ce n’est qu’en 1946 qu’il retourne au Canada.

Après la guerre, Aristide épouse Aline Babineau en 1949 et devient père de cinq enfants. Entre autres, il travaille au dépôt d’approvisionnement des Forces canadiennes à Moncton. À la suite d’une lutte avec le cancer, Aristide décède en 1980 à l’âge de 60 ans.

 

Extrait de lettres envoyées en 1945

Amersfoort, le 25 juillet 1945

Chère tante,

C’est avec plaisir que je viens répondre votre charmante lettre reçue et suis très content d’avoir des nouvelles du Canada, car pour moi c’est toujours la même chose. Je suis très bien et j’espère avec impatience de retourner au Canada […] Ici il fait beau et il a fait beau presque depuis que je suis arrivé au front. Les foins sont faits, tous fini. Ça fait presque deux semaines qu’ils ont coupé le grain. Pour nous autres, on ressemble pas beaucoup à des soldats, car on n’a même plus de fusils. C’est pas pire de même, haha!

Cher ami,

[…] moi pour maintenant je vais bien et j’espère que dans un mois je suis avec vous autres. J’ai bien hâte de savoir quand. C’est bien long à attendre quand on sait que l’ont peu partir à la première minute pour aller en Angleterre, mais on ne peut rien nous dire d’avance. J’ai pensé m’en aller avec les Fusiliers du Mont Royal, mais non, je pense que l’on va s’en aller tous les gars du Nouveau-Brunswick ensemble.

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