Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Les navires

Building corvettes at the Kingston Shipbuilding Co. in Kingston, Ontario, August 1943.

Building corvettes at the Kingston Shipbuilding Co. in Kingston, Ontario, August 1943. National Archives of Canada, PA-052613.

Au moment où la guerre éclate, les marines alliées font face à un ennemi redoutable. Dès 1934, Adolf Hitler mettait tout en œuvre pour reconstituer la flotte de guerre allemande. Cinq ans plus tard, les Alliés doivent de toute urgence augmenter leurs effectifs en même temps qu’ils doivent remplacer les pertes causées par les mines, les torpilles, les engagements avec des vaisseaux de surface, les bombardements aériens, les accidents et les tempêtes. 

Alors qu’elle n’en possède que 13 au début des hostilités, la Marine royale du Canada (MRC) termine la guerre avec quelque 450 navires, sans compter les petits vaisseaux auxiliaires. En effet, la flotte de guerre canadienne compte en 1945, 2 croiseurs, 17 destroyers, 68 frégates, 112 corvettes, 67 dragueurs de mines, 12 navires d’escorte, 75 vedettes Fairmile, 9 bateaux torpilleurs, 12 yachts armés et des navires d’autres types. Ce nombre imposant de navires fait de la MRC la quatrième en importance dans le monde. 

Pour en arriver là, la MRC doit utiliser tous les recours afin d’augmenter rapidement sa flotte. Des yachts sont réquisitionnés et armés pour servir de patrouille anti-sous-marine. Des destroyers sont acquis de la Royal Navy, d’autres sont reçus de la US Navy en échange de bases. Des navires de la Royal Navy, dont les porte-avions Nabob et Puncher, sont placés sous commandement canadien et équipés en personnel par la MRC quand l’Angleterre se trouve à court de matelots.

Le Canada, toutefois, doit construire le gros de sa flotte. À compter de 1940, les chantiers navals qui périclitaient pendant la Grande Dépression vont décupler leur production pour fournir la MRC en corvettes, en dragueurs de mines et en frégates. C’est à bord des corvettes, ces petits navires « beaux, bons, pas chers » et en apparence mal pourvus pour mener une guerre sur les océans, que les marins canadiens vont affronter les dangereux U-boote allemands pendant les pires mois de la Bataille de l’Atlantique.
Dans une marine de guerre, une partie seulement des navires est libre pour être affectée à des opérations navales. Que ce soit pour réparer les dégâts infligés par l’ennemi ou par la mer, ou encore pour moderniser leur équipement, les navires nécessitent des carénages fréquents et parfois longs. Par ailleurs, les équipages ont besoin de repos et d’entraînement. Dans les conditions très difficiles des premières années de la Bataille de l’Atlantique, à peine deux navires sur trois peuvent prendre la mer pour participer aux opérations et ce nombre diminue pendant les mois d’hiver.



Les principaux navires de la MRC
Destroyers
Corvettes
Minesweepers 
Frigates
Fairmile Motor Launches
Motor Torpedo Boats
Landing Craft

U-889 surrendering to the Royal Canadian Navy off Shelburne, Nova Scotia, in May 1945.

U-889 surrendering to the Royal Canadian Navy off Shelburne, Nova Scotia, in May 1945. Photo by R.G. Arless. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-134333.

Les navires ennemis

En 1939, la Kriegsmarine possède une force de frappe considérable grâce, notamment, à ses puissants cuirassés Bismarck et Tirpitz et aux cuirassés de poche Deutschland, Admiral Scheer et Admiral Graf Spee. À plusieurs reprises, des destroyers canadiens participent à des opérations de la Royal Navy contre les cuirassés allemands. Ainsi, le NCSM Assiniboine fait partie de l’escorte des porte-avions britanniques qui endommagent sérieusement le Tirpitz en août 1944. Seule la Royal Navy peut contrer la flotte de surface allemande; elle la contiendra dans la mer du Nord pendant toute la durée de la guerre.

Engagés principalement dans la protection des convois, les navires de la MRC auront pour opposant une autre arme de la Kriegsmarine, peut-être la plus redoutable : les Unterseeboot ou U-boote. Pendant la Bataille de l’Atlantique, les navires alliés subissent les assauts du U-boot de type VIIC, un sous-marin de 67 m capable de faire 17,7 nœuds en surface et 7,6 en plongée. Le VIIC est armé de 4 tubes lance-torpille à l’avant, un à l’arrière et il transporte 14 torpilles. Son équipage compte de 44 à 52 hommes. Le long des côtes canadiennes et sur la route des convois atlantiques, les patrouilleurs et les groupes d’escorte doivent affronter le type IXC/40, un sous-marin de longue portée plus gros et plus rapide que le VIIC. Le IXC/40 porte 22 torpilles et, à la vitesse de 19 nœuds, il peut distancer une corvette. Heureusement, le plus redoutable des U-boote, le type XXI, ne fut prêt pour le combat qu’en 1945, trop tard pour changer l’issue de la Bataille de l’Atlantique.

Lecture Suggérée:

  • Ken Macpherson and John Burgess, Les navires of Canada’s Naval Forces 1910-1981, A complete pictorial history of Canadian warships, Collins, Toronto, 1981.

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