Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

Les Armes de l’infanterie

Le fusil Lee-Enfield et la mitrailleuse légère Bren étaient les armes de base de l’infanterie canadienne, dont la puissance de feu était complétée par des grenades, des armes semi-automatiques (fusils mitrailleurs) comme la mitraillette Sten gun, des mortiers, les mitrailleuses moyennes Vickers, les armes antichars comme le canon de six livres et les armes antichars d’infanterie (PIAT ou Projector, L’Infanterie, Anti-Tank), de même que les canons antiaériens légers. Les forces aériennes, les blindés et l’artillerie travaillaient en étroite collaboration avec l’infanterie pour lui apporter la puissance de feu supplémentaire requise sur les champs de bataille.

Lee-Enfield Rifle

Le fusil Lee-Enfield no.4 était l’arme ordinaire de l’infanterie à l’usage des troupes canadiennes pendant la Seconde Guerre. Des versions plus anciennes avaient été utilisées par l’armée britannique depuis 1895, et le furent jusqu’en 1957. Équipées au début de la Première Guerre mondiale de fusils Ross, plus capricieux, les troupes canadiennes les abandonnaient souvent pour s’armer de Lee-Enfield, plus fiables, trouvés sur le champ de bataille. Au cours du conflit suivant, la question ne se posa plus. Le populaire Lee-Enfield no 4 était fabriqué en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis.

Le fusil Lee-Enfield no.4
Calibre 0.303 inch (7.7 mm)
Length 134 cm
Weight 4.1 kg
Feed system 10-round magazine
Action Lee turn-bolt
Photo par Frederick G. Whitcombe. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-163411.

Commandant le peloton, le lieutenant I. Macdonald (avec les jumelles) est prêt à donner l’ordre d’attaquer, à San Leonardo di Ortona en Italie, 10 décembre 1943. De gauche à droite : le sergent J.T. Cooney, les soldats A.R. Downie, O.E. Bernier, G.R. Young (agenouillé avec un fusil Lee-Enfield), le caporal T. Fereday et le soldat S.L. Hart (couché, avec une mitrailleuse Bren), tous du 48e Highlanders. Photo by Frederick G. Whitcombe. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-163411.

 

La Sten mitraillette

La Sten était une mitraillette (ou fusil mitrailleur). Ces armes sont conçues pour être légères, compactes, bon marché et rapides à produire; elles permettent un tir rapide sur de courtes distances. Fabriquées en Grande-Bretagne et au Canada, les Sten furent largement imitées et servirent partout dans le monde après la Seconde Guerre.

Mitraillette Sten
Calibre 9 mm
Longueur 76,2 cm
Poids 3 kg
Alimentation chargeur de 32 salves
Vitesse de tir 550 cartouches à la minute

 

Sergeant C.M.G. Lattion, Canadian Army Film and Photo Unit, cleaning Sten gun, Lembeck, Germany 29 March 1945.

Le sergent C.M.G. Lattion, de l’unité de photographie et de cinéma de l’armée canadienne, nettoie une mitraillette Sten, Lembeck, Allemagne, 29 mars 1945. Photo par Charles H. Richer. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-145591.

 

La mitrailleuse Bren

« Tous les soldats britanniques qui ont utilisé cette arme en parlent avec affection, et à juste titre… Ce fut sans aucun doute … la meilleure mitrailleuse légère qu’une armée, quelle qu’elle soit, ait jamais adoptée à grande échelle. Elle était fiable, robuste, simple et précise. Et c’est là tout ce qui est nécessaire » (Ian V Hogg, The Encyclopedia of Les Armes de l’infanterie of World War II, 1977). La mitrailleuse Bren était répandue dans les armées britannique et des pays du Commonwealth, aussi bien dans les compagnies de fantassins que montée sur des transporteurs Universal.

La Mitrailleuse Bren
Calibre .303 pouce (7,7 mm)
Longueur 115 cm
Poids 10 kg
Alimentation chargeur de 30 salves
Vitesse de tir 500 cartouches / minute

 

Lance Corporal George Netherwood (left) and Private W.L. Soderberg (right) with Bren guns, Private Earl Israel (rear), October 1943, Italy.

Le caporal George Netherwood (à gauche) et le soldat W.L. Soderberg (à droite) avec des mitrailleuses Bren, le soldat Earl Israel (derrière), octobre 1943, Italie.
Photo par Terry F. Rowe. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-141306.

La Mitrailleuse Vickers

Lors de la Grande Guerre, les mitrailleuse servaient à la fois au tir direct contre des cibles visibles et, indirectement, pour balayer des zones mortes que l’on voulait interdire à l’infanterie ennemie. Dans cette dernière fonction, c’était des armes de position plus que de manoeuvre, souvent placées en file pour tirer latéralement contre l’avancée de troupes ennemies. Pendant la Seconde Guerre, on mis au point des mitrailleuse plus légères et mobiles qui pouvaient accompagner l’infanterie dans son attaque, augmentant ainsi la puissance de feu propre des fantassins. La vitesse de tir d’une mitrailleuse crée un échauffement du canon qui use celui-ci très rapidement; pour résoudre ce problème fondamental, on a eu recours à des systèmes de refroidissement à air et à eau et à des canons amovibles, pouvant être facilement remplacés même au combat.

La mitrailleuse Vickers .303 était la même que celle utilisée pendant la Première Guerre mondiale, avec en plus une mire à cadran pour augmenter la précision. Le canon était refroidi à l’eau pour empêcher l’échauffement en tir rapide. La Vickers était normalement utilisée avec un trépied mais pouvait aussi être montée sur un véhicule de transport.

Vickers .303
Calibre .303 pouce (7,7 mm)
Longueur 109 cm
Poids du canon 15 kg (sans eau)
Poids du trépied 23 kg
Portée précise 1.000 m
Vitesse de tir 250 cartouches / minute

 

Officers of the Cameron Highlanders of Ottawa demonstrate the Vickers machine gun. Front, left to right: Major G.F. Clingdon, Lieutenant-Colonel H.V.D. Laing. Rear, left to right: Captain Roger Rowley, Lieutenants W.H. Armstrong and G.O. Handley. Lindfield, England, 8 April 1942.

Des officiers des Cameron Highlanders d’Ottawa démontrent le fonctionnement d’une mitrailleuse Vickers. Devant, de gauche à droite : le major G.F. Clingdon, le lieutenant-colonel H.V.D. Laing. Derrière, de gauche à droite : le capitaine Roger Rowley, les lieutenants W.H. Armstrong et G.O. Handley. Lindfield, Angleterre, 8 avril 1942.
Photo par Frank Royal. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-138338.

La Granade Mills

Mise au point pendant la Première Guerre mondiale, la grenade Mills fut la grenade habituelle des troupes britanniques durant la Seconde Guerre. Elle était coulée en fonte, profondément entaillée pour se fragmenter facilement à l’impact. Lorsqu’on retirait la goupille, un levier venait frapper le détonateur qui allumait la mèche. À l’origine, le soldat disposait de sept secondes pour lancer le projectile. Ce temps fut réduit à quatre après l’invasion de la France au printemps 1940 : on s’était aperçu qu’un délai de sept secondes permettait souvent aux Allemands de ramasser la grenade et de la relancer avant qu’elle n’explose. On pouvait lancer la grenade à environ 30 yards.

Three men of the Canadian Infantry Brigade preparing to send a hand grenade into a sniper's hideout in the Maltese Mountains, Campochiaro, Italy, 23 October 1943.

Trois hommes de la Brigade d’infanterie canadienne prêts à lancer une grenade contre la cachette d’un franc-tireur dans les monts Maltais, Campochiaro, Italie, 23 octobre 1943.
Photo par Alexander M. Stirton. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-136198.

Projector, L’Infanterie, Anti-Tank (PIAT)

Le PIAT était une arme antichar simple, à courte portée, destinée aux fantassins. Elle fut rendue possible par l’invention des projectiles à charge creuse ou formée. La charge du PIAT était propulsée par un fort ressort et un poinçon qui allumait une cartouche située dans la base du projectile. Lourd et de maniement encombrant, il était difficile à charger et produisait un recul important lors du tir. Mais il pouvait s’avérer très efficace dans certaines circonstances. Le 21 octobre 1944 par exemple, un simple soldat canadien, E.A. Smith, des Seaforth Highlanders, combattant au bord du Savio en Italie, détruisit un char allemand Panther à une distance de trente pieds grâce à un PIAT, puis repoussa une contre-attaque de l’infanterie allemande à la mitraillette. Cet exploit lui valut la Croix de Victoria.

Arme antichar pour l’infanterie PIAT (Projector, L’Infanterie, Anti-Tank)
Longueur 99 cm
Poids 14,5 kg
Vitesse de sortie 100 mètres/sec
Pénétration environ 75 mm
Projectile 1,3 kg, charge creuse à ailerons stabilisateurs
Portée environ 90 m

 

Sergeant D. Wilson, Private J. Brunelle, Private A. Munro, all of Highland Light Infantry battalion, on Piat training, during landing and advancing inland exercise in England, 13 April 1944.

Le sergent D. Wilson, les soldats J. Brunelle, A. Munro, tous du Bataillon d’infanterie légère des Highlands, à l’entraînement sur le PIAT, lors d’exercices de débarquement et de progression sur terre ferme en Angleterre, 13 avril 1944.
Photo par Donald I. Grant. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-132894.