Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Formations et armement

L’Équipement du fantassin

Private Thomas Hawkins, Royal Canadian Regiment, digging slit trench near Motta, Italy, 3 October 1943.

Private Thomas Hawkins, Royal Canadian Regiment, digging slit trench near Motta, Italy, 3 October 1943.
Photo by J.H. Smith. Department of National Defence / National Archives of Canada. PA-116844.

Les soldats britanniques et canadiens étaient équipés d’innombrables articles en plus de l’uniforme ordinaire en serge de laine kaki. Le plus caractéristique était sans doute le casque d’acier, de forme semblable à celui porté lors de la Première Guerre. La plupart des soldats portaient le casque Mark II, de forme plus ronde et au bord plus plat que son prédécesseur de la Grande Guerre. Les régiments qui devaient participer au Débarquement cependant reçurent des casques de type Mark III qui offraient 38 % plus de protection car la forme évasée couvrait mieux la tête. Les casques portés au combat étaient recouverts de camouflage utilisant un recouvrement en treillis auquel on fixait des pièces de jute ou des branchages, qui en dissimulaient le contour caractéristique. 

L’un des articles les plus importants pour la survie du fantassin était sa pioche. C’était le même outil utilisé lors de la Première Guerre, légèrement modifié. Il se composait d’une tête de pioche amovible en acier et d’un manche en bois; il se fixait à l’arrière du paquetage standard tel que mis au point en 1937 (voir ci-dessous). Ce n’était pas un outil très efficace pour creuser à cause de sa petite taille, et la plupart des soldats le délaissaient pour lui préférer de véritables pelles et pics.

ONotre priorité numéro un était de se faire un trou. Pendant les jours d’entraînement, nous avions tous reçu le petit outil à tranchées que l’on voit sur les photographies et dans les films. Il ne valait rien du tout. Quelques heures après le Jour J, un homme sur deux avait une pelle ronde régulière; dans chaque section, quelqu’un s’était procuré un pic. Deux hommes pouvaient se creuser une tranchée décente en près d’une demi-heure.
— Charlie Martin, Battle Diary, 1994

Troops of the Royal Winnipeg Rifles near Ifs, France, 25 July 1944.

Troops of the Royal Winnipeg Rifles near Ifs, France, 25 July 1944.
Photo by Ken Bell. Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-116528.

Le fantassin devait transporter ses outils, ses munitions, sa gourde, sa gamelle, ses articles personnels, une toile de sol, une cape anti-gaz (une sorte de poncho imperméable sensé protéger contre les gaz irritants), un masque à gaz, une boussole et autres articles dans des sacs fixés à son paquetage, maintenu par un système de boucles et de harnais portés en sautoir et fixés à la ceinture. Le modèle 1937 était imperméabilisé et de couleur kaki. En opposition avec le principe qui voudrait que le fantassin monte au combat aussi peu chargé que possible afin d’augmenter sa mobilité, tout ces articles l’alourdissaient plus encore que lors de la Grand Guerre. De plus, le paquetage, tout en servant à transporter tout ce matériel d’une utilité parfois douteuse, était inconfortable et encombrant lorsque complètement équipé.

Plusieurs historiens ont souligné les dangers tactiques que représentait cet alourdissement de la charge des fantassins, qui paniquent plus facilement lorsqu’ils sont fatigués. Un exemple extrême de ce fait est la mort de 105 soldats d’une compagnie américaine qui, lors du débarquement à Omaha Beach le 6 juin, périrent noyés, la lourdeur de leur équipement empêchant les hommes blessés, même légèrement, de surnager ou de s’arracher à la marée montante.