Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Personnes

Général H.D.G. Crerar

Henry Duncan Graham Crerar, né à Hamilton (Ontario) le 28 avril 1888, décédé à Ottawa le 1er avril 1965. Officier de l’Armée canadienne et diplomate

General H.D.G. Crerar.

General H.D.G. Crerar.
Department of National Defence / National Archives of Canada, PA-166584.

Harry Crerar étudie au Royal Military College de Kingston, en Ontario, de 1906 à 1909 et sert dans la Milice pendant les dernières années de paix. Pendant la Première Guerre mondiale, il se distingue comme officier de l’Artillerie de campagne canadienne sur les champs de bataille de la France et de la Flandre et il est décoré de l’Ordre du service distingué. À fin des hostilités, Crerar est lieutenant-colonel au quartier général du Corps canadien.
De retour au Canada, Crerar choisit la carrière militaire et se joint à la Force permanente. Il remplit les fonctions d’officier d’état-major de l’Artillerie, à Ottawa. En 1923, il s’inscrit au Staff College de Camberley (Angleterre) mais il ne revient pas immédiatement au Canada après avoir complété le programme de cours. Il accepte plutôt un poste d’officier d’état-major général, classe 2 au War Office, à Londres. En 1929, Crerar est nommé officier d’état-major général, classe 1 au Quartier général de la Défense nationale à Ottawa. Il planifie alors une importante réorganization de la Milice.
En 1934, Crerar suit les cours de l’Imperial Defence College de Londres et, à son retour au Quartier général de la Défense nationale, il est muté au poste de directeur des renseignements et des opérations militaires. Il a alors la réputation d’être un homme particulièrement intelligent et on voit en lui le meilleur officier d’état-major de l’Armée canadienne. En mars 1939, après quelques mois comme commandant du Royal Military College, Crerar est rappelé à Ottawa pour dresser les plans de mobilisation en vue de la reprise probable des hostilités.
Au début la de guerre, Crerar est envoyé en poste à Londres comme brigadier d’état-major général au Quartier général de l’Armée canadienne. Il doit veiller à ce que l’équipement, les quartiers et les programmes d’entraînement soient mis en place pour l’arrivée des troupes canadiennes. En juillet 1940, il est rappelé à Ottawa pour prendre les responsabilités de chef adjoint de l’état-major général mais, quelques jours après son entrée en poste, le ministre de la défense, J.L. Ralston, le nomme chef d’état-major. Il prend immédiatement des mesures pour augmenter l’efficacité du Quartier général de la Défense nationale et il organise de toute urgence la réception et l’entraînement des recrues pour la défense territoriale, car ceux-ci affluent après l’adoption, le 21 juin 1940, de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales. Enfin, il met en place un plan d’entraînement dans le but d’assurer l’entraînement des officiers et des soldats qui doivent se joindre aux rangs de l’armée outre-mer.
Crerar retourne en Angleterre pour prendre, le 23 décembre 1941, le poste opérationnel d’officier général commandant du 1er Corps canadien. Il se trouve donc plongé dans la crise qui suit le raid de Dieppe, puisque les troupes canadiennes qui ont participé à l’opération du 19 août 1942 relevaient du 1er Corps canadien. Comme aucun officier canadien n’a participé à la planification du raid, Crerar ne peut que rationaliser les pertes canadiennes en démontrant l’importance des leçons apprises au cours de l’opération.
Crerar manque d’expérience du champ de bataille et il espère en acquérir quand le 1er Corps canadien rejoint la 1re Division canadienne d’infanterie en Italie, en octobre 1943. Cet espoir ne se matérialise guère puisque dès le mois mars 1944, il est rappelé en Angleterre pour prendre le commandement de la 1re Armée canadienne, en remplacement du général McNaughton.
La 1re Armée canadienne est réunie en Normandie le 23 juillet 1944. Sous les ordres de Crerar, elle joue un rôle important lorsque les armées alliées enserrent les Allemands dans la poche de Falaise, en août 1944. Malade, Crerar devra céder temporairement son commandement au major-général Guy Simonds lors de la bataille de l’Escaut (octobre-novembre 1944). En février 1945, la 1re Armée canadienne retourne, sous les ordres de Crerar, vers les lignes avancées. Pendant la campagne de Rhénanie, le général Crerar commande une imposante armée de 450,000 hommes. Si l’on inclut les unités alliées placées sous le commandement de la 1re Armée canadienne.
Crerar se retire de la vie militaire en octobre 1946. Il assume ensuite diverses fonctions diplomatiques en Tchécoslovaquie, aux Pays-Bas et au Japon.
Harry Crerar s’est avéré un officier d’état-major remarquable. Il a imprimé sa marque sur la plus grande armée que le Canada ait jamais levée en donnant au quartier général de l’Armée canadienne sa structure organizationnelle, en organisant l’entraînement des troupes qui devaient augmenter ses rangs et en commandant la 1re Armée pendant les dernières grandes campagnes. À la fin des hostilités, c’est encore lui qui a défini les règles à suivre pour la démobilisation.

Lectures suggérées:

  • J.L. Granatstein, The Generals, The Canadian Army’s Senior Commanders in the Second World War, 1993.