Le Canada durant la seconde guerre mondiale

Personnes

Albert Wilson Kennedy

Régiment The Queen’s Own Rifles of Canada

Albert Wilson Kennedy (Al Kennedy) est né le 31 juillet 1923 à Greenock, en Écosse. Lorsqu’il était âgé de neuf mois, sa famille a immigré au Canada, pour s’établir à Mimico (Ontario).

Al Kennedy a fréquenté l’école secondaire de Mimico. Il est probable qu’il y ait rencontré Lillian Long, sa petite amie.

Al Kennedy & Vic Berry.
Mimico Ontario, 1942

Strikers from unemployment relief camps enroute to Eastern Canada during “March to Ottawa”, Kamloops, B.C., June 1935. The Royal Canadian Mounted Police and the Municipal Police brought the march to an end in Regina.

Télégramme envoyé par Al Kennedy à Lillian Long, au Canada.
12 avril 1943

Al Kennedy (au centre) et d’autres membres du régiment The Queen’s Own Rifles.

Après ses études secondaires, en 1942, Al s’est enrôlé dans l’armée canadienne. Il a fait un bref essai comme parachutiste et s’est entraîné à Benning, en Géorgie. Par la suite, Al a joint le régiment The Queen’s Own Rifles. Il s’est entraîné à Brantford et au camp Borden, avant de partir pour l’étranger en janvier 1943.

Le texte suivant est extrait des archives du régiment The Queen’s Own Rifles. Il résume l’épreuve qu’Al Kennedy et le reste de la compagnie B auraient traversée lors du jour J.

Le régiment The Queen’s Own Rifles (QOR) de Toronto a débarqué sur la plage « Nan White », près de Bernières, à 8 h 05. Le bombardement préliminaire avait à peine ébranlé les fortifications ennemies érigées dans le secteur « Nan White ». Les chars du jour J étaient censés « nager » devant l’infanterie pour diminuer la résistance des Allemands, mais la force des vagues les a obligés à débarquer après elle. Lorsque le régiment du QOR a pris les plages d’assaut, ses membres ont subi les pires violences parmi toutes les unités canadiennes, lors du jour J.

Les bateaux de la compagnie A se trouvaient à droite et ceux de la compagnie B, à gauche.

La compagnie B a débarqué à 250 mètres à l’est de son objectif. Elle faisait directement face à un emplacement de tir abrité. Au cours des premières minutes, l’ennemi lui a infligé 65 pertes. L’assaut dépendait donc de la détermination et du courage du reste des hommes, qui ont traversé la plage en courant pour atteindre la digue sans aucune protection.

Doug Hester, compagnie B : « Alors, nous avons aperçu les cinq emplacements de tir abrité au sommet de la digue. Ils correspondaient à notre premier objectif. À 500 mètres de distance environ, ils nous tenaient en joue avec leurs armes de petit calibre et ils ont commencé à tirer. Lorsque l’embarcation a atteint l’eau peu profonde, le Régiment royal des Fusiliers marins a abaissé la porte. Les trois qui me devançaient, y compris Doug Reed, ont été tués par balles. Par chance, j’ai sauté de l’embarcation entre les rafales de tirs, dans leur sang qui remontait à la surface. J’avais froid et j’étais trempé; j’ai rattrapé Gibby… la première rafale avait traversé son sac à dos. Il a tourné la tête vers moi en souriant et m’a dit : “Ils m’ont manqué de peu, Dougie.” (…) La rafale suivante l’a tué. »

The Queen’s Own Rifles a enregistré le plus grand nombre de pertes parmi les régiments canadiens, à savoir 143 morts, blessés ou prisonniers. Malgré la lourdeur de ce tribut, le QOR a réussi à atteindre son objectif lors du jour J, en réalisant une avancée de sept milles à l’intérieur des terres.

Nombreux sont ceux qui ont donné leur vie lors du jour J. Soixante‑trois membres du régiment The Queen’s Own Rifles ont fait ce sacrifice. Dans notre section de dix hommes, sept sont tombés au combat : David Boynton, Fred Eaman, Edward Westerby, Albert Kennedy, John Kirkland, Douglas Reed, tous des carabiniers, et le caporal John Gibson.

Trois membres de notre section ont survécu : le carabinier Robert Nicol, le caporal Rolph Jackson et moi, Doug Hester.

Le texte suivant est extrait du livre intitulé D-Day, Juno Beach, Canada’s 24 Hours of Destiny. Il s’agit du compte rendu véridique de Rolph Jackson, survivant du régiment The Queen’s Own Rifles.

« Dans notre bateau, aucun des soldats de notre section qui se servait d’un fusil mitrailleur Bren n’a atteint le rivage. Tous ceux qui portaient autre chose qu’une carabine n’y sont pas arrivés. Je voyais les gars se faire descendre devant moi. L’un d’eux, Ted Westerby, transportait une flasque dans son sac, et j’ai vu Al Kennedy chanceler. On l’avait atteint [Al Kennedy]. Il était notre fusilier mitrailleur, un grand gars… puis il a dit : « La flasque ». Une pensée m’a alors traversé l’esprit : « Al ne boit pas. » Jusqu’à la fin de mes jours, je me rappellerai qu’Al ne buvait pas. L’un des gars a commencé à chialer parce qu’il devait porter le Bren. Al a lancé : « Donne‑moi ce maudit fusil, je vais le prendre ». Ce fusil, il s’y est accroché …jusqu’au moment où on l’a abattu.»

La Maison de The Queen’s Own Rifles, premier édifice libéré le matin du jour J. À gauche, Annette [petite fille de Lillian] posant devant la Maison de The Queen’s Own Rifles.

plaque commémorative à l’extérieur du Centre Juno Beach, offerte généreusement par une famille de Toronto.