
Tracteur-remorqueur
Diamond-T tirant des chars Sherman
de la 1ère Brigade blindée
canadienne, Manfredonia, Italie,
12 octobre 1943. |
| Photo
par Dwight E. Dolan. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-142076. |
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La nouvelle organization du RCASC fit ses
preuves lors de l'invasion de la Sicile.
Mais son baptême du feu se déroula
sous de sombres auspices. Trois vaisseaux
de la marine marchande, faisant partie du
convoi d'attaque lent, amenant de Grande-Bretagne
du matériel devant servir au premier
débarquement furent coulés
en route; les Alliés perdaient 500
camions et le RCASC se trouva donc forcé
d'assurer l'approvisionnement de la 1ère
Division d'infanterie canadienne et de la
1ère Brigade blindée avec
43 véhicules au lieu de 255 qui auraient
été nécessaires. À
la fin de la Campagne de Sicile, seulement
114 des 500 véhicules perdus avaient
été remplacés. Ce manque,
conjugué à l'absence de routes
véritables dans les montagnes de
l'île, créa une pression énorme
sur le personnel du RCASC. Les véhicules
disponibles marchaient 22 heures sur 24
et les opérations d'entretien de
routine devaient être effectuées
aux points d'étapes des convois,
là où les chauffeurs se relayaient.
Le secrétaire de la compagnie du
RCASC qui servait la 1ère Brigade
blindée de l'armée décrit
les conditions dans lesquelles les hommes
devaient travailler :
La route qui mène
de Priolo à Villasmundo vers le nord-ouest
ressemble sur la carte au graphe d'un marché
boursier nerveux. La route dans les collines
fait des retours sur elle-même si
serrés à certains endroits
que les véhicules de trois tonnes
devaient reculer à deux reprises
pour pouvoir négocier les virages.
Imaginez maintenant pour un char d'assaut
ou pour les camions lourds. Pas étonnant
que cette compagnie qui formait l'arrière-garde
ait mis douze heures pour parcourir à
peu près vingt milles.
(Arnold Warren, Wait for the
Waggon: the Story of the Royal Canadian
Army Service Corps, 1961, p. 239).
La Campagne d'Italie fut de nature semblable.
Mais les tâches du RCASC s'accrurent
avec l'arrivée de la 5ème
Division blindée canadienne et du
quartier général du 1er Corps
canadien en novembre 1943. Le manque de
possibilités de transport avait forcé
cette dernière formation à
utiliser le matériel du 30ème
Corps britannique, qu'elle venait remplacer,
plutôt que son propre matériel
laissé en Angleterre. Les Canadiens
prirent donc possession de quelques canons
défraîchis et de camions à
deux roues motrices qui ne faisaient pas
du tout l'affaire comparé aux véhicules
qu'ils avaient laissé derrière
eux : le lieutenant colonel J .L . Sparling
du RCASC, 5ème Division blindée
canadienne, écrit : « Quand
on pensait qu'en Angleterre nous avions
reçu tout l'équipement nécessaire
du Ministère de la Guerre, des camions
canadiens à quatre roues motrices
en excellente condition, repeints, signés,
parfaits pour nous. Pas étonnant
qu'à la vue de ce matériel
que nous recevions, il y ait eu un peu de
déception » (cité
par Warren, p. 247). Ce n'est qu'en février
1944 que la 5ème Division et le 1er
Corps reçurent des véhicules
adéquats, des blindés et de
canons pour pouvoir entreprendre les opérations
offensives. Le personnel du RCASC s'affairait
cependant à des tâches multiples,
y compris le transport par mer des véhicules
vers Naples et Bari, depuis le parc avancé
de Catane en Sicile. Le colonel M.V. McQueen,
DDST du 1er Corps canadien, écrit
- avec un brin d'exagération - que
durant les longues heures d'arrêt,
les chauffeurs
...acquirent beaucoup
d'expérience et ajoutèrent
à leur vocabulaire certaines expressions
typiques de la 8ème Armée.
Ils apprirent aussi à faire du thé
selon une technique dont nous ne connaissions
rien avant de rejoindre cette unité.
Le thé se fait dans un seau, ou tout
contenant pratique qui a une anse et qui
ne fuit pas. Le seau est accroché
à l'essieu arrière du véhicule.
Il brinquebale pendant que l'on fait de
la route, se remplissant de poussière
et de tout ce qui peut y tomber. Quand on
s'arrête pour le thé, on prend
ce contenant, et sans se soucier de le vider
de ce qui peut s'y trouver, on le remplit
d'eau, prise là où on en trouve,
le plus souvent dans le radiateur des véhicules,
semble-t-il. On ajoute trois ou quatre poignées
de thé, on creuse un trou sur le
bord de le route, on y verse une pinte d'essence
ou à peu près, on se recule
de dix pieds et on y jette une allumette.
On met alors le seau sur le feu jusqu'à
ébullition. On a alors ce qui s'appelle
de la « brew ». On la
verse dans des chopes et on boit. Un uf
y flotterait facilement - c'est un mélange
de thé et de tout ce qu'on peut ramasser
le long des routes. (cité
par Warren, pp. 245-246).
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