
Les véhicules d'approvisionnement
de l'armée qui se rendaient
au front suivaient une piste construite
par le génie au gué
du Rapido, à la jonction
de ce cours d'eau avec le Liri,
près de Cassino, Italie,
21 mai 1944. |
| Photo
par W.H. Agnew. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA- 151180. |
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Le transport du matériel depuis
les dépôts du Corps royal des
magasins militaires, les sites de campagne
et autres établissements, c'était
là tâche du Corps royal d'intendance
de l'Armée canadienne (« Royal
Canadian Army Service Corps »
ou RCASC). Le RCASC devait gérer,
transporter et remettre aux troupes toute
la nourriture, les munitions, les produits
pétroliers (ou POL »,
c'est-à-dire Petrol, oil,
lubricants »), et tout le matériel
nécessaire. Pour accomplir cette
tâche, le Corps disposait de véhicules
de divers types, incluant des camions de
trois et de dix tonnes et des transporteurs
blindés de 40 tonnes. Le RCASC s'occupait
aussi du transport des troupes.
La Direction des approvisionnements et
des transports (Directorate of
Supplies and Transport »), sous
les ordres du quartier-maître général,
était responsable de l'administration
du Corps royal d'intendance de l'Armée
canadienne. Le Corps, sur le terrain, fut
réorganisé en 1943 pour accroître
sa flexibilité et lui permettre de
mieux répondre aux besoins des troupes
canadiennes combattantes. Dans la division
d'infanterie, la colonne divisionnaire du
RCASC comprenait un quartier-général
et quatre compagnies de transport, chacune
servant une des trois brigades ou les troupes
divisionnaires. Pour les divisions blindées,
la colonne divisionnaire du RCASC comprenait
une compagnie blindée, une compagnie
d'infanterie une compagnie de transport
et une compagnie au service des troupes
divisionnaires. Chacune de ces compagnies
fournissait tous les besoins en matériel
et transport (Supplies and Transport »
ou S and T ) des unités qu'elle supportait.
Elle se composait habituellement d'un quartier
général, de trois pelotons
de transport, chacun possédant trente
véhicules avec leurs pièce
détachées, de deux groupes
de relève (Relief Driver
Increments » ou RDI), chacun avec
30 chauffeurs, d'un peloton mixte responsable
de l a comptabilité, du gardiennage
et de la livraison de la nourriture, des
munitions et des produits pétroliers
et autres. Il y avait aussi un peloton chargé
des réparations mécaniques
aux véhicules. Ces diverses compagnies
étaient désignées selon
le nom de l'unité de combat qu'elles
servaient; ainsi, la « Compagnie
de la 1ère Brigade d'infanterie,
RCASC ».
La Colonne divisionnaire était commandée
par un Commandant du Corps royal d'intendance
de l'Armée canadienne (Commander,
Royal [Canadian] Army Service Corps »
ou CRASC), qui contrôlait les services
de matériel et de transport pour
la division, pouvait assigner ses diverses
unités selon les besoins. Le CRASC
dépendait à son tour de l
'Assistant Directeur au matériel
et au transport (Deputy Director
of Supplies and Transport » ou
DDST), en poste au quartier général
du Corps; le DDST était, lui, sous
les ordres du DDST de l'armée en
campagne. Dans chaque formation, les unités
du Corps d'intendance étaient considérées
comme un bassin de ressources diverses dans
lesquels le commandant de l'unité
pouvait puiser selon ses besoins. La clé
de l'organization était sa flexibilité.
Elle permettait à une brigade d'être
détachée de sa division pour
des raisons opérationnelles tout
en continuant à être soutenue
par une unité de service et donc
à être autonome en fait d'approvisionnement.
Les sous-unités, comme les pelotons
de transport ou les RDI pouvaient être
séparées ou regroupées
afin d'obtenir un effectif de la taille
requise par des situations très différentes;
elles pouvaient aussi être rassemblées
lors d'opérations d'envergure.
La division est la formation de composition
fixe la plus importante; durant la Seconde
Guerre, elle comprenait des brigades d'infanterie
ou de blindés, et diverses unités
appelées troupes divisionnaires :
artillerie, génie, télécommunications,
unités médicales et unités
de service (voir Ordre
de bataille de la 1ère Armée
canadienne. Deux divisions ou davantage
pouvaient être combinées sous
les ordres d'un quartier général
de corps d'armée; mais les divisions
sont interchangeables (puisque leur composition
est fixe), elle pouvaient donc être
souvent déplacées pour être
affectées à un autre corps
d'armée pour des opérations
spéciales. De même, deux corps
d'armée ou davantage pouvaient être
regroupés en un armée de campagne,
ou en plusieurs; elles dépendaient
alors d'un groupe d'armées. Comme
les tâches imparties à une
formation varient, elle peut avoir besoin
de soutien supplémentaire (en termes
de génie ou d'artillerie, par exemple),
soutien qui ne peut être fourni par
les troupes divisionnaires régulières.
Les formations de plus haut niveau comportaient
donc en plus des unités constituantes
habituelles, des corps spéciaux ou
troupes auxiliaires qui lui étaient
assignés selon les besoins. Le DDST
leur affectait alors des unités du
Corps d'intendance afin d'en assurer, encore
un fois, le soutien en termes de matériel
et de transport. Ainsi les Troupes de la
Première Armée canadienne
comprenaient les convois d'ambulances motorisées
nos 1 et 2, qui évacuaient les blessés
depuis les unités de soins de campagne
(FDU) vers les stations de tri des blessés
(CCS) et les hôpitaux généraux.

Le
soldat R.B. Schulz, de New Westminster,
C.B., du Corps royal canadien
des services de l'armée,
et membre du Régiment de
la Chaudière, fait cuire
un rôti non loin de la ligne
de front; le premier repas de
viande (à l'exception des
rations) depuis le début
des combats. Bretteville, Normandie,
24 juin 1944. |
| Photo
par Frank L. Dubervill. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-132806. |
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Les Troupes de la Première Armée
canadienne fournissait également
des unités semblables, commandées
au niveau du groupe d'armées, et
appelées troupes de ligne de ravitaillement
du quartier général (« GHQ
Lines of Communication Troops »).
Faisant partie de la colonne de transport
principale du 21ème Groupe d'armées
de Montgomery, une unité du RCASC
était chargée du transport
des blindés vers (et en provenance
de ) la zone des combats; elle transportait
aussi des munitions et de l'équipement
pour la construction de routes et d'aéroports.
Deux compagnies étaient spécialisées
dans la construction des ponts et travaillaient
avec les hommes du génie et les unités
d'infanterie, fournissant en outre les embarcations,
les radeaux et les ponts démontables
(ponts « Bailey »)
requis lorsque l'infanterie devait traverser
un cours d'eau, souvent sous le feu ennemi.
Un peloton du RCASC conduisait des camions
à benne pour la construction et la
réparation des routes, en collaboration
avec le génie, pour permettre l'avance
des troupes terrestres, et pour remplir
les trous d'obus et les fossés antichars;
ils se trouvaient donc tout-à-fait
à la fine pointe de l'avance de l'armée.
Une dernière spécialité
du Corps d'intendance, mais non la moindre,
était la nourriture. En août
1942, on créa l'unité de restauration
du RCASC auprès de l'unité
de renfort no 1 en Grande -Bretagne, pour
servir à la formation des cuisiniers
de l'armée. « Jusque
là, tous les cuisiniers de l'armée
canadienne avaient été des
soldats de l'unité qu'ils servaient,
et pas nécessairement de bons cuisiniers.
Trop souvent, c'était simplement
de mauvais soldats, et c'était bien
dommage pour l es hommes qui devaient manger
ce qu'ils préparaient »
Tous les cuisiniers furent par la suite
transférés au RCASC et réassignés
à diverses unités. Cette mesure
semble avoir rapidement élevé
la qualité des repas.
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