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En 1939, la Marine royale du Canada (MRC) ne possède pas les effectifs
pour faire face au conflit qui s'annonce. Après le rappel de la
Réserve, la MRC procède à un recrutement prudent
afin d'éviter un afflux trop grand de matelots qui n'auraient aucune
expérience de la mer. Mais la rapidité avec laquelle le
conflit mondial s'envenime jette la MRC en pleine crise : il lui faut
de toute urgence plus de navires, plus de personnel. La Marine se résigne
alors à engager en grand nombre des recrues qui n'ont jamais navigué
en mer : c'est la Réserve volontaire. Poussée par la nécessité
de libérer ses hommes de nombreuses tâches au sol, la MRC
crée aussi un Service féminin en juillet 1942. En six ans,
la MRC connaît une croissance fulgurante et, de 1939 à 1945,
elle voit ses effectifs passer de 1 585 à 92 529 personnes!

Le lieutenant Ralph L. Hennessy,
MRC, à bord du destroyer NCSM Assiniboine vers septembre
1940. Hennessy est entré au service de la MRC en 1936
pour y poursuivre une carrière prestigieuse jusqu'en
1970. Il a reçu la Croix de service distingué
pour la destruction du sous-marin U-210 en août 1942. |
| Défense nationale
/ Archives nationales du Canada, PA-104253. |
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Marine royale du Canada (MRC)
La force permanente de la MRC compte, à l'été 1939,
1 674 marins et 145 officiers. Grâce à une collaboration
constante avec la Royal Navy, ces hommes ont déjà servi
sur des navires de guerre. Ils possèdent l'expérience et
les connaissances nécessaires pour organiser la croissance de la
Marine et diriger la formation des réservistes.
Les rituels et les anciennes traditions de la marine anglaise sont profondément
enracinés chez ces Canadiens fiers de leurs années de service
sur les vaisseaux de Sa Majesté. Ils portent des uniformes semblables
aux officiers et aux marins britanniques et leurs promotions respectent
les mêmes grades. Tous, ils aspirent à faire de la MRC une
marine plus petite mais du même calibre que la glorieuse Royal Navy.
Réserve de la Marine royale du Canada (RMRC)
La Réserve comprend des officiers et des hommes qui possèdent
déjà une grande expérience de la vie en mer, expérience
acquise le plus souvent dans la marine marchande. Avant le déclenchement
des hostilités, les réservistes suivaient un entraînement
annuel ou bi-annuel aux bases navales de Halifax (Nouvelle-Écosse)
ou d'Esquimalt (Colombie-Britannique). Ils sont rappelés dès
la proclamation de l'état de guerre. Pendant les six ans qui vont
suivre, les officiers réservistes seront souvent appelés
à commander les nouveaux vaisseaux mis en service pour la MRC.

Des membres d'équipage regardent
un film dans le poste d'équipage d'un navire de la MRC.
À compter de 1942, la Réserve volontaire constitue
le gros des effectifs de la MRC. |
| Photo de William H. Pugsley.
Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-139292. |
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Réserve volontaire de la Marine royale du
Canada (RVMRC)
On l'appelle la Wavy Navy à cause de la
barre ondulée qui caractérise l'insigne que les officiers
portent sur la manche de leur uniforme. Elle engage pour la
durée des hostilités des hommes qui ne possèdent
aucune expérience de la mer, le plus souvent des volontaires qui
proviennent de l'intérieur du pays.
Comme la MRC l'avait anticipé, l'arrivée en grand nombre
de matelots non expérimentés sur des navires qui viennent
d'être mis en service entraîne une baisse d'efficacité
et le relâchement de la discipline militaire. Mais le courage, l'ingénuité
et la ténacité de ces marins qui connaissent peu la vie
en mer compensent pour leur manque d'expérience. D'excellents leaders
émergent des rangs, des matelots débrouillards se distinguent.
Avec l'amélioration de l'entraînement et des navires, la
RVMRC se montre finalement capable de lutter efficacement contre un ennemi
intelligent et aguerri.
La Réserve volontaire en arrive assez rapidement à composer
la majeure partie des effectifs de la MRC. Ces marins et officiers qui
n'ont jamais connu la discipline et la rigueur de la Royal Navy amènent
avec eux une nouvelle culture typiquement canadienne. C'est alors que
la MRC acquière une personnalité qui la distingue enfin
de la Royal Navy.

Une Wren,
ou membre du Service féminin de la MRC, opère
l'équipement de radiogoniométrie à la base
NCSM Coverdale près de Moncton (Nouveau-Brunswick) en
août 1945. |
| Photo de Leblanc. Défense
nationale / Archives nationales du Canada, PA-142540. |
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Service féminin de la Marine Royale du Canada
La MRC constitue son Service féminin en juillet 1942, peu
de temps après l'Armée et l'Aviation. Bien sûr, les
fonctions traditionnellement réservées aux femmes ne manquent
pas, tel le secrétariat et les tâches ménagères
d'entretien et de préparation des repas. Les Wrens, selon l'expression
anglaise, comptent aussi dans leur rang des chanteuses et des danseuses
qui participent au spectacle Meet the Navy.
Mais suivant l'exemple du Service féminin de la Royal Navy, la
MRC reconnaît rapidement les aptitudes des femmes pour les communications
et les services aux renseignements. Si leurs tâches les mettent
en contact avec les matelots, les femmes ne sont toutefois pas autorisées
à servir à bord des navires. Les Wrens participent activement
au contrôle de la marine marchande, au traitement des renseignements
et aux transmissions. Des Wrens sont déployées sur la côte
est à compter de mars 1943, notamment aux bases de Halifax et de
St. John's, ainsi qu'aux stations de détection sans fil et de relèvement
radiogoniométrique comme celle de Coverdale, au Nouveau-Brunswick.
De 1942 à 1945, 7 122 femmes ont porté l'uniforme de la
MRC et, par leur détermination, elles ont contribué de manière
significative à la victoire alliée sur les mers.
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