| 1er Bataillon canadien de parachutistes | ||||||||||||||||
L'escalade rapide des hostilités dans le Pacifique en 1941 et
la pénétration des U-Boot dans le fleuve Saint-Laurent en
1942 incitent le Quartier général de la Défense nationale
du Canada à mettre à jour ses plans de riposte en cas d'attaque
ennemie. Inspiré par les succès des parachutistes anglais
et allemands, le QG considère alors que le transport aérien
de troupes pourrait grandement faciliter la défense des régions
éloignées du pays, voire reprendre rapidement des points
attaqués par les unités aéroportées de l'ennemi.
C'est dans ce contexte que l'Armée canadienne constitue le 1er
Bataillon canadien de parachutistes le 1er juillet 1942. Sur le modèle
anglais, le bataillon se compose d'un quartier général,
d'une compagnie de quartier général et de trois compagnies
de fusiliers, soit 26 officiers et 590 hommes de tous rangs.
Entraînement
Enfin, à compter du 15 avril 1943, l'entraînement du 1er Bataillon se poursuit à Camp Shilo, où une tour de 75 m vient d'être complétée, semblable à celles de Fort Benning. La méthode d'entraînement reprend essentiellement celle des Américains et on tente de reproduire au mieux les conditions de combat que les parachutistes sont susceptibles de rencontrer. Malheureusement, la piste de décollage la plus proche se situe à Rivers qui se trouve à 64 km du camp. Pour chaque exercice de saut, les parachutistes devront d'abord parcourir toute cette distance. A partir de 1943, la menace d'invasion sur le sol canadien devient de
moins en moins probable et le 1er Bataillon canadien de parachutistes
se voit rattaché à la 6e Division aéroportée
(6th Airborne Division) de l'Armée britannique pour participer
à l'offensive contre l'Allemagne. En juillet 1943, un premier groupe
de deux officiers et de 48 hommes se rendent en Angleterre. À la
fin du mois, 31 officiers et 548 hommes équipés et armés
à neuf entreprennent la traversée à bord du paquebot
Queen Elizabeth. Leur bataillon relève désormais de la 3e
Brigade de parachutistes, commandée par le brigadier S. James Hill,
qui comprend aussi deux bataillons anglais, le 8e et le 9e.
Pour satisfaire aux exigences du brigadier Hill, les parachutistes doivent
se plier à un régime exigeant de courses à pied,
de marches forcées, d'entraînement au tir et d'exercices
de bataille. D'août à septembre 1943, ils courent 8 km à
pied chaque matin. Chaque bataillon est soumis à un test qu'il
doit réussir : marcher 80 km avec équipement en moins de
18 heures. Le 1er Bataillon canadien réussit cet exploit le 19
novembre 1943. Puis, de novembre 1943 à avril 1944, il entreprend
une série de grands exercices de combat en vue de simuler le débarquement
sur la côte française. Le 24 mai 1944, le Bataillon quitte
Bulford pour être confiné au camp de transit de Down Ampney.
Il est prêt pour le combat.
Parmi les 28 officiers et les 588 hommes qui prennent part à la
bataille de Normandie, le 1er Bataillon de parachutistes canadiens perd
385 hommes tués, blessés ou faits prisonniers. Il devient
donc nécessaire de réorganiser et de ré-entraîner
le bataillon pour qu'il retrouve sa force maximale et soit de nouveau
prêt pour le combat. La bataille de Normandie change substantiellement
l'orientation de la guerre. C'est pourquoi, les troupes aéroportées
doivent recevoir un nouvel entraînement les préparant à
un rôle offensif qui comprend notamment le combat de rue et la capture
d'objectifs. En décembre 1944, les parachutistes sont de nouveaux
prêts et, le jour de Noël, ils sont envoyés en Belgique
par bateau. Ils participent alors à la bataille des Ardennes (Belgique)
et, du 22 janvier au 19 février 1945, le commandement leur confie
la tâche de maintenir une position alliée près de
Roermond (Pays-Bas) sur la Meuse. Le 23 mars 1945, le 1er Bataillon canadien de parachutistes participe
à la traversée du Rhin. L'opération a pour nom de
code « Varsity ». Regroupée sous le XVIII Corps aéroporté
américain, une importante force de parachutistes et de planeurs
doit prendre et tenir une région boisée qui domine le secteur
où le gros des forces alliées passera le Rhin. Ils doivent
ainsi empêcher l'artillerie allemande de stopper leur passage, tout
en arrêtant les renforts ennemis qui pourraient venir de l'est.
Les Allemands défendent âprement le territoire et malgré
un courage indéfectible, le 1er Bataillon subit des pertes importantes. Après avoir complété cette mission avec succès,
la 6e Division aéroportée, incluant le bataillon canadien,
reçoit l'ordre d'avancer sur les plaines du nord de l'Allemagne,
vers la mer Baltique, avec la 2e Armée britannique. En camion,
monté sur des chars d'assaut et parfois à pied, les parachutistes
canadiens franchissent les défenses ennemies et traversent le canal
Dortmund-Ems à Ladbergen, la rivière Weser près de
Celle, puis l'Elbe à Lauenbourg. Passé l'Elbe, les Allemands
n'opposent guère de résistance et se rendent souvent sans
opposition. La guerre tire à sa fin. Mais, sous le commandement
du brigadier Hill, la 3e Brigade de parachutistes [3rd Parachute Brigade]
force le pas. L'objectif : Wismar, sur la côte baltique, qu'il faut
atteindre avant les Russes. Les Canadiens, sous le commandement du Lieutenant-Colonel
Fraser Eadie, entrent à Wismar le 2 mai 1945, quelques heures seulement
avant l'armée russe avec laquelle ils établissent contact.
Six jours plus tard, l'Armistice est signé. |
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