| La Marine marchande du Canada | ||||||
Les historiens ont souligné à maintes reprises le rôle
essentiel et dangereux joué par les marins et les officiers de la
Marine marchande du Canada lors de la Bataille de l'Atlantique. Ces hommes
devaient affronter la mer sur des navires pris pour cibles par l'ennemi,
des navires parfois lents et sans défense. Lorsqu'un cargo ou un
pétrolier se trouvait séparé d'un convoi à cause
d'une tempête ou d'une avarie, il devenait une proie facile. Certaines
matières dangereuses - gazoline, explosif - ne laissaient que peu
de chance de survie en cas d'attaque. Les navires destinés à être immatriculés au Canada deviennent la propriété d'une agence de la couronne, la Park Steamship Company Limited, instituée le 8 avril 1942. Celle-ci n'assure pas l'exploitation des navires mais la confie plutôt à des compagnies maritimes existantes. De 1942 à 1945, la Park Steamship prend possession de 127 navires de classe Park jaugeant 10 000 tonnes (dont 13 tankers), de 43 cargos de classe Gray jaugeant 4 700 tonnes et de 6 tankers de 3 600 tonnes. À deux exceptions près, les navires portent les noms de parcs nationaux, provinciaux ou municipaux. Certains de ces bateaux sont munis d'un armement défensif léger, d'un canon à la proue et de filets contre les torpilles. La Marine royale du Canada fournit les équipes de huit à dix matelots nécessaires à l'entretien et au maniement des équipements défensifs. Équiper ces navires en personnel est un véritable défi. La Marine royale du Canada rafle déjà tous les hommes ayant de l'expérience sur un navire, l'Armée et l'Aviation tentent de retenir les hommes solides sans expérience de navigation. La Marine marchande recrute donc le plus de personnel possible dans les compagnies de transport maritime de l'intérieur et des côtes est et ouest. De plus, elle doit accepter dans ses rangs les hommes trop jeunes ou trop vieux qui sont refusés par la MRC. Des capitaines à la retraite, certains âgés de soixante-dix ans, reprennent du service sur le pont des navires de classe Park.
Les salaires et bénéfices élevés accordés
à ses marins par la Marine marchande américaine ont engendré
le mythe que tous les hommes de la Marchande étaient payés
de manière exorbitante. Un mythe on ne peut plus faux pour les
marins canadiens! En vérité, s'il est moins bien rémunéré
qu'un marin américain, le Canadien peut gagner un peu plus dans
la Marine marchande que dans la Marine militaire : avec le bonus de risque
de guerre, un matelot de deuxième classe reçoit 119,12$
par mois sur un navire marchand, soit un peu plus que les 90,00$ qu'il
recevrait à bord d'une corvette. En revanche, les officiers sont
mieux payés dans la MRC et leurs salaires sont exempts d'impôt.
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