L'Infanterie Organization
Première Armée canadienne, 8 mai 1945

L’Infanterie Organization

Le bataillon est « la plus petite unité d'infanterie qui puisse recevoir l'appui tactique concerté de diverses armes »(manuel d'entraînement du Ministère britannique de la Guerre, 15 janvier 1944); il est le plus souvent regroupé avec d'autres unités, comme des régiments de blindés ou d'autres unités d'infanterie, pour créer des formations de rang supérieur : brigades, divisions, corps d'armée, armées et groupes d'armées. Le bataillon lui-même se subdivise en plusieurs sous-unités : compagnies, pelotons et sections. Trois sections de dix hommes chacune forment un peloton, commandé par un lieutenant ou un subalterne (sous-lieutenant) et trois pelotons composent une compagnie sous les ordres d'un major ou d'un capitaine. Les bataillons d'infanterie comptaient le plus souvent quatre compagnies de fantassins, plus une compagnie d'état major, et une autre de support, formées de pelotons en charge du transport, des mortiers, des canons antichars et du déminage.

Les pelotons de transport utilisaient des véhicules de transport tout usage (« Universal carriers ») , appelés aussi transporteurs pour mitrailleuses Bren. Les pelotons d'éclaireurs, eux, étaient des spécialistes du déminage et des explosifs.

Sous les ordres d'un lieutenant-colonel, de tels bataillons comprenaient 36 officiers et 809 hommes d'autres grades, dont plusieurs employés au service de l'état-major. Les pertes au combat faisaient que souvent ces unités fonctionnaient avec un nombre d'inférieur à ces chiffres; les données fournies ici ne doivent donc pas être considérées comme des chiffres absolus.

Comme nous l'avons indiqué plus haut, trois bataillons formaient une brigade, sous les ordres d'un brigadier et trois brigades constituaient une division, commandée par un major-général et possédant sa propre artillerie de campagne et ses troupes divisionnaires : reconnaissance, télécommunications, génie, unités antichars, unités de mitrailleuses et de canons antiaériens. Les divisions blindées étaient organisées de la même façon. Mais en 1944, elles formaient une brigade blindée composée de trois régiments blindés et d'un bataillon d'infanterie motorisée, plus une brigade d'infanterie régulière, ainsi que les troupes divisionnaires nécessaires. Deux divisions ou plus constituaient un corps d'armée (lieutenant-général), et deux corps ou d'avantage formaient une armée (lieutenant-général ou général). Deux armées ou davantage étaient rassemblées en un groupe d'armées (général, ou dans le cas du 21ème Groupe d'armées, à compter de septembre 1944, par le maréchal de camp (Field Marshal) B.L. Montgomery.

Ordre de bataille de la 1ère Armée canadienne en 1945.

L'importance du personnel combattant d'une division pouvait varier considérablement selon les opérations. En moyenne, une division à sa pleine capacité comptait entre 14.000 et 18.000 hommes. Beaucoup d'autres unités étaient nécessaires pour les appuyer et l'on estime qu'à la veille du Débarquement, chaque division qui aborderait en Europe continentale aurait besoin de 25.000 hommes supplémentaires pour en assurer le soutien. Le nombre total constituait ce qu'on appelait la « tranche divisionnaire », ou couramment, le rapport « entre les dents et la queue ». Cet effectif total pour le 21e Groupe d'armées atteignit quelques 41.000 hommes et 8.000 véhicules. Lorsque la guerre prit fin en Europe, l'effectif divisionnaire canadien avait dépassé le nombre de 93.000 hommes, bien plus que pour n'importe quelle autre nation combattante.

À suivre: L'Équipement du fantassin