| La détection des sous-marins | |||||||||||
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De 1939 à 1943, les U-boote allemands possèdent un avantage
considérable sur les navires d'escorte alliés. Ils peuvent
s'approcher des convois sans être vus, faire feu et s'échapper
assez facilement. Pour parer à leurs attaques dévastatrices,
les scientifiques alliés développent des systèmes
de détection pour repérer les U-boote sous l'eau (ASDIC)
ou à la surface (radar). D'autres appareils permettent de suivre
leurs déplacements en situant l'origine de leurs communications
radio (HF/DF). De plus, le décryptage des communications radio
entre les U-boote et leur quartier-général, encodées
au moyen du système Enigma, permet aux états-majors alliés
de prévoir leurs mouvements.
ASDIC L'ASDIC émet un signal sonore d'une fréquence de 14 à 22 kilocycles. L'opérateur doit s'assurer de régler son poste sur une fréquence différente des navires près desquels il opère, sinon il risque de recevoir leur signal sous forme d'un ping très fort. L'appareil émetteur est placé dans un dôme situé sous la coque du navire et le signal sonore est émis vers l'avant. En 1940, l'ASDIC pouvait détecter un sous-marin, une baleine ou un banc de poissons à une distance de 2 000 m. L'ASDIC possède plusieurs limites. Il est sensible aux turbulences de l'eau causées par les hélices et le mouvement de plusieurs navires, ce qui le rend inefficace pour repérer un sous-marin qui se serait glissé entre les colonnes d'un convoi. De plus, la stratification de couches d'eau de températures différentes peut dévier le trajet de l'impulsion sonore et fausser la lecture, comme les navires canadiens en ont fait l'expérience dans les eaux du golfe Saint-Laurent lorsque les U-boote y ont pénétré à l'été 1942. Radar Le radar (RAdio Detection and Ranging) émet des ondes radio qui sont réfléchies lorsqu'elles rencontrent un objet solide. Une image de l'écho amplifié apparaît sur un écran cathodique et permet à l'opérateur d'évaluer la direction et la distance de l'objet. Le potentiel du radar est tel que les principales nations alliées et ennemies développent simultanément leurs propres systèmes, sous le couvert du plus grand secret. Au début de la guerre, la Royal Air Force possédait déjà un système de radar pour la défense des côtes anglaises, système qu'elle utilise avec succès lors de la Bataille de l'Angleterre, en 1940. Toutefois, il faut attendre le développement d'appareils fonctionnant à une longueur d'onde plus courte et munis d'antennes plus petites pour pouvoir les installer à bord d'un navire. En 1940, la Royal Navy commence à munir ses vaisseaux d'appareils ASW (Air/Surface Warning), soit le radar de modèle 286 dont la longueur d'onde est de 1,5 m. Le Centre national de recherche du Canada (CNRS) développe rapidement un modèle semblable, le SW1C (Surface Warning 1st Canadian), qui utilise aussi des ondes de 1,5 m. La Marine royale du Canada l'installe graduellement sur ses vaisseaux à compter de la fin de 1941. Malheureusement, l'onde qu'utilisent le 286 et le SW1C s'avère trop longue pour détecter avec la précision nécessaire des objets aussi petits que le kiosque d'un U-boot, ce qui réduit leur efficacité dans la lutte anti-sous-marine. Les scientifiques anglais contrent cette déficience par le développement du magnétron à cavités, qui permet de réduire la longueur d'onde du radar à 10 cm. Les navires de la Royal Navy bénéficient ainsi d'un radar amélioré, le modèle 271, dès 1941. Malheureusement, le magnétron à cavités représente un bond si grand dans la technologie électronique de l'époque que le CNRS ne peut, à court terme, en développer une version canadienne. Les navires canadiens ne seront équipés des nouveaux radars qu'au début de 1943 et en 1944, longtemps après les vaisseaux anglais. Radiogoniométre
Enigma/Ultra
Le 8 mai 1941, le U-110 est éperonné par le HMS Bulldog. L'équipage évacue le sous-marin mais celui-ci ne coule pas aussi vite que son capitaine l'avait estimé. C'est l'occasion pour les Alliés de s'emparer de l'appareil Enigma et de sa documentation. Avec l'appareil en main, l'équipe d'Ultra peut désormais décoder les messages de la Kriegsmarine. Les Anglais sont alors tenus au courant, dans les 48 heures, de l'état de la flotte allemande, de la position de ses navires de surface et sous-marins et de leurs tactiques. L'Amirauté peut maintenant diriger les convois vers des routes qui évitent les concentrations de U-boote. L'avantage significatif ainsi conquis par les Alliés est perdu en février 1942, quand les Allemands perfectionnent Enigma en lui ajoutant un quatrième rotor. Pendant dix mois, le temps requis pour percer le nouveau code, les Alliés sont privés de l'information précieuse qui leur permettait d'éviter les U-boote. Pour empirer les choses, les Allemands arrivent à percer le code no 3 utilisé pour les communications radios entre les convois et les escortes alliées. Les pertes alliées au cours de l'année 1942 et au début de 1943 sont effroyables.En mettant à profit les renseignements reçus de Bletchley Park et en améliorant les systèmes de détection de leurs navires, les Alliés prennent au printemps 1943 un avantage qui s'avérera décisif. |
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