
Une
CWAC fait le salut militaire.
Dans ses relations publiques,
l’Armée cherche à
renforcer l’image positive
du Service féminin auprès
de la population en insistant
sur les activités professionnelles,
l’assurance, et le charme
de ses membres. Ottawa, 30 octobre
1943. |
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Ministère de la Défense
nationale / Archives nationales
du Canada, PA-141000.
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Des CWAC
reçoivent l’entraînement
militaire de base à l’un
des camps d’entraînement
du Service féminin à
Vermilion (Alberta), le 6 avril
1944. |
| Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-142399. |
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Deux facteurs motivent la formation, en
1941, du Service féminin de l’Armée
canadienne. D’une part, il est évident
que l’Armée manquera de main
d’œuvre dans un avenir plus ou
moins rapproché. D’autre part,
Ottawa finit par céder aux pressions
des Canadiennes qui désirent instamment
servir dans les forces armées.
Face à la résistance des
autorités militaires, les femmes
se sont jusqu’alors contentées
de participer aux multiples organismes bénévoles
formés pour mieux contribuer à
l’effort de guerre. Mais quand l’Air
Ministry britannique propose d’envoyer
des WAAF (Women’s Auxiliary Air Forces)
aux écoles de la Royal Air Force
situées au Canada, la réaction
ne se fait pas attendre : l’Armée
met immédiatement sur pied son propre
Service féminin. Elle sera rapidement
suivie par l’Aviation et la Marine.
Le Service féminin ou CWAC (Canadian
Women’s Army Corps) est officiellement
constitué le 30 juillet 1941 et le
recrutement commence en septembre. Toutefois,
ce n’est qu’en mars 1942 que
le Service féminin est officiellement
intégré à l’Armée
et relève de la loi militaire. À
partir de cette date, ses officiers ont
droit aux mêmes grades et aux mêmes
insignes que les officiers masculins de
l’Armée.
Les exigences de recrutement sont strictes
: la recrue doit être sujet britannique
(comme l’étaient les citoyens
canadiens à l’époque),
âgée de 18 à 45 ans
et célibataire sans dépendant,
elle doit avoir effectué une 8e année,
peser au moins 105 livres (47,6 kg), mesurer
au moins 5 pieds (1,5 m) et être en
excellente santé. Une fois acceptée,
elle suit le programme d’entraînement
de base conçu pour développer
la forme physique et la discipline. Il est
offert aux nouvelles recrues dans les camps
de Kitchener (Ontario) et de Vermilion (Alberta),
alors que l’entraînement des
officiers se donne à Sainte-Anne-de-Bellevue
(Québec). Adéquatement préparées
et répondant à un besoin réel,
les membres du Service féminin s’intègrent
rapidement et sans grande difficulté
au milieu militaire.
De multiples responsabilités attendent
les CWAC. On leur confie, bien sûr,
les tâches traditionnellement féminines
: la lessive, l’entretien ménager,
la cuisine, la couture. Celles qui manifestent
du talent pour la scène participent
aux spectacles pour les troupes, comme le
Canadian Army Show. On les emploie également
à des tâches cléricales
et bon nombre de CWAC sont appelées
à servir aux quartiers généraux
de la Défense à Ottawa. Elles
occupent aussi des postes dans la santé
et les communications : elles sont assistantes
médicales, assistantes dentaires,
standardistes, opérateurs radar,
préposées au cryptage et au
décryptage. Et d’autres enfin
se retrouvent dans des postes traditionnellement
réservés aux hommes comme
conducteurs de voitures, de camions, d’ambulances,
comme mécaniciennes, soudeurs ou
opérateurs radar.

Le soldat Lowry, CWAC, resserre
l’assemblage des ressorts
avant de son véhicule.
Garage Chelsea & Cricklewood,
Angleterre, 7 juillet 1944. |
| Photo
par Barney J. Gloster. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-177084. |
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La majorité des membres du Service
féminin servent au Canada. Par contre,
en 1943, trois compagnies de CWAC sont affectées
au Quartier général de l’Armée
canadienne de Londres et une autre au quartier
général des unités
de renfort stationnées à Aldershot
(Angleterre). À compter de 1944,
plusieurs membres du Service féminin
travaillent aux quartiers généraux
des forces alliées à Rome,
puis à Alost (Belgique) et à
Bruxelles.
Les sondages effectués auprès
des CWAC indiquent que la plupart d’entre
elles apprécient la camaraderie des
hommes et les nombreux déplacements
auxquels leurs postes les appellent. Grâce
à la formation qui leur est offerte,
elles acquièrent de nouvelles compétences
qu’elles croient utiles à leur
future carrière. Elles trouvent dans
le service militaire une vie active qui
leur procure assurance et fierté.

Un membre du Service féminin
de l’Armée répare
un parachute.
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| Photo
par Frank Royal. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-209532. |
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Les CWAC n’échappent pas cependant
aux inégalités et aux préjugés
sexistes de leur époque. Leur rémunération,
par exemple, demeure inférieure à
celle des hommes. Ainsi, au bas de l’échelon
une femme reçoit 0,90$ par jour en
1941 alors qu’un homme a droit à
un salaire quotidien de 1,30$. En 1943,
le salaire des CWAC augmente mais ne dépasse
pas les 80% de ce que gagne un homme de
rang comparable. Qui plus est, la population
civile fait parfois preuve à leur
égard d’une hostilité
à peine voilée : nombreux
sont ceux qui croient encore que la place
de la femme est au foyer et que seules des
filles aux mœurs légères
entrent au Service féminin.
À la fin des hostilités,
le Service féminin compte 636 officiers
et 13 326 membres de tous rangs, ce qui
représente 2,8% de l’effectif
global de l’Armée. Au total,
21 624 femmes ont servi dans l’Armée
pendant les six années de guerre.
Elles ont contribué de façon
significative à l’effort de
guerre et elles ont préparé
la voie à l’intégration
ultérieure des femmes dans les forces
armées canadiennes.

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Le
soldat N. McCosh trie un monceau
de lessive au Camp Borden, en
Ontario, le 16 mars 1945. |
| Photo
par Barney J. Gloster. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-139941. |
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Le
sergent Margaret O. King, CWAC,
travaille au montage de films
à la cinémathèque
des Merton Park Studios à
Londres, le 19 décembre
1944. |
| Photo
par Jack H. Smith. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-152114. |
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