
La corvette NCSM Chambly
à Halifax en avril 1941. Mis en service à Québec
le 18 décembre 1940, le Chambly a participé
à des escortes et à l'entraînement d'autres
corvettes pendant la durée de la guerre. |
| Department of National Defence
/ National Archives of Canada, PA-105255. |
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Pour pallier le besoin urgent de navires de patrouille et d'escorte,
l'Amirauté britannique choisit de construire un petit vaisseau
conçu par l'architecte naval William Reed. Inspiré des formes
d'une baleinière, le « Patrol Vessel : Whaler Type »
a l'avantage de pourvoir être produit en quantité et rapidement.
Satisfait des plans, Winston Churchill l'est moins de son nom
Il
emprunte donc à l'histoire des vaisseaux à voile un nom
plus court et plus guerrier : la corvette.
Par ses formes et par son équipement, la corvette ressemble à
un navire marchand. Le Canada peut donc en confier la construction aux
nombreux chantiers navals qui existent déjà sur les côtes
de l'Atlantique, du Pacifique et le long du Saint-Laurent jusqu'aux Grands
Lacs. Des contrats sont signés pour la construction de 64 corvettes
en 1939-1940. Puis, les années suivantes, les chantiers navals
produisent 43 corvettes additionnelles. Les corvettes sont dites de classe
Flower et les premières, construites pour la Royal Navy,
reçoivent des noms de fleurs (Eyebright, Fennel, Hepatica).
Par ailleurs, la Marine royale du Canada (MRC) préfère donner
des noms de villes à ses corvettes (Chilliwack, Napanee, Saskatoon,
Levis), malgré leur appellation de classe Flower.

Un paquet de mer s'abat sur un marin
de la corvette NCSM Trillium, septembre 1943. |
| Photo de Jacques Trépanier.
Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-037474. |
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Longue de 62,5 mètres, la corvette jauge 950 tonnes. Les premières
comptent 5 officiers et un équipage de près de 70 hommes.
Elle tient la mer admirablement et peut soutenir les pires tempêtes
de l'Atlantique nord. Cela n'en fait pas une navire confortable pour autant!
Dès les premières vagues, elle tangue et elle roule furieusement.
Son gaillard avant, trop court, laisse les paquets d'eau ruisseler sur
le pont dès que la mer s'agite et les hommes d'équipage
ne peuvent quitter leurs quartiers exigus sans se trouver trempés.
Par mauvais temps, l'eau de mer s'introduit partout.
« Une corvette passe des mois à
faire de monotones allers-retours sur l'étendue grise et uniforme
d'une mer jamais en repos. Pour les hommes qui naviguent sur ces bateaux,
cela veut dire recommencer toujours les mêmes quarts de veille,
mal manger et supporter le mouvement incessant du navire. »
- Lieutenant William
Pugsley, Saints, Devils and Ordinary Seamen
Le 23 octobre 1944, quatre jour après
sa mise en service à Kingston, la corvette de classe
Flower révisée NCSM Belleville s’arrête
à la ville dont elle porte le nom avant de se diriger
vers Halifax. La MRC favorisait la visite de ses navires aux
villes du même nom afin de mousser les sentiments patriotiques
de la population. |
| Photo par Richard G. Arless.
Dþfense nationale / Archives nationales du Canada, PA-136925. |
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La corvette n'est pas le vaisseau idéal pour repérer et
attaquer les U-boote. Elle est munie d'un moteur à vapeur à
piston alternatif parce que les chantiers navals canadiens ne possèdent
pas l'expertise pour fabriquer les moteurs à haute performance
qui équipent les vaisseaux de guerre modernes. À cause de
ce moteur facile à construire, la corvette a un plafond de 16 nuds,
c'est-à-dire une vitesse inférieure à celle d'un
U-boot. De surcroît, certains instruments de navigation, comme le
compas magnétique, manquent de fiabilité et la corvette
ne possède que l'ASDIC
pour repérer les sous-marins.
Pendant toute la durée de la guerre, les corvettes doivent donc
être modifiées pour allonger le gaillard avant, améliorer
les systèmes de détection et l'armement. Les dernières
corvettes de construction canadienne, de classe Flower « révisée »,
sont déjà pourvues de ces améliorations.
« À l'été 1943,
on a allongé le gaillard avant de Rimouski à la Mersey
Pulp and Paper Co. à Liverpool (Nouvelle-Écosse). Elle
a reçu en même temps plusieurs améliorations, comme
l'installation du radar de type 271, le déplacement du mât
de misaine en arrière du pont et l'enlèvement du grand
mât, la réorganization des salles de la boussole, de l'asdic
et des cartes. Elle est revenue un bien meilleur vaisseau que quand
elle est entrée. Quand j'ai pris le commandement, l'équipage
comptait six officiers et environ soixante-dix hommes. Maintenant nous
avions deux officiers de plus, un chef ingénieur et, surtout,
un médecin de bord pour aller dans la nouvelle infirmerie. Nous
étions en tout entre quatre-vingt et quatre-vingt-cinq hommes. »
- R.J. Pickford, VRMRC, capitaine du NCSM Rimouski
(extrait de Salty Dips, vol. 2, p. 103)
Il fallait du courage et une ténacité à toute épreuve
pour servir à bord d'une corvette et c'est à bord de ces
petits vaisseaux que les marins canadiens se sont distingués lors
de périlleuses opérations comme escorte de convoi et dans
la lutte contre les U-boot. La corvette demeure le symbole de la ténacité
et de l'acharnement de la Marine canadienne lors de la Seconde Guerre
mondiale.
Aujourd'hui, il ne reste qu'un seul exemplaire de corvette maintenue dans
son état original : la corvette NCSM Sackville.
| Corvette, classe
Flower |
| |
1939-1940 |
Révisée, 1941-1944 |
| Longueur |
62,5 m |
63,4 m |
| Largeur |
10 m |
10 m |
| Déplacement |
950 tonneaux |
970 tonneaux |
| Vitesse maximale |
16 nuds |
16 nuds |
| Armement |
1 canon de 4 pouces
(100 mm) à l'avant, 2 mitrailleuses de calibre ,502 mitrailleuses
Lewis ,303 40 grenades sous-marines, lances-grenades de chaque côté,
rails de lancement à la poupe |
1 canon de 4 pouces
(100 mm) à l'avant, 1 canon pom-pom de 2 livres, 2 canons Oerlikon
de 20 mm, 70 grenades sous-marines, lances-grenades de chaque côté,
rails de lancement à la poupe,1 Hedgehog |
| Équipage |
5 officiers, 70 hommes |
7 officiers, 80 hommes |
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