| Les convois | ||||||||||||||||||||||||||
Il existe deux raisons fondamentales pour réunir les navires marchands
en convoi. D'abord, dans un espace aussi vaste que l'Atlantique, un sous-marin
aura bien plus de mal à repérer un groupe serré d'une
quarantaine de navires que de découvrir quelques uns de ces mêmes
navires éparpillés à la surface de l'océan.
Puis, de toute évidence, le nombre de navires armés nécessaire
pour escorter un convoi est nettement inférieur à ce qu'il
faudrait pour protéger chaque navire se déplaçant
individuellement.
L'organization des convois Les quelque quarante navires qui composent un convoi reçoivent
leur place dans une grille qui compte, en largeur, neuf colonnes espacées
d'environ 920 m chacune, chaque colonne étant de cinq navires eux-mêmes
espacés de 550 m. Les transporteurs de matières dangereuses
- pétrole, gazoline, mazout, explosifs - sont placés au
centre du convoi, positions les mieux protégées des torpilles
ennemies. Un commodore de convoi, le plus souvent un officier de marine
retraité, prend place à bord de l'un des navires marchands
pour assurer les mesures défensives et la coordination avec l'escorte
navale. Ce sont les autorités navales qui déterminent la course à suivre, l'objectif étant d'éviter les concentrations de U-boote qui sillonnent l'Atlantique nord. Après le départ du convoi, les destroyers, corvettes et frégates se joignent aux navires marchands et prennent position en périphérie. Un navire de commandement se place à l'avant, devant le convoi, et les autres escorteurs prennent position sur les côtés et à l'arrière de façon à former un écran contre les sous-marins. Les navires d'escorte doivent conserver leur position tout en effectuant des zigzags qui maximisent la détection des sous-marins au moyen de l'ASDIC. En fin de course, les navires marchands se détachent du convoi selon un ordre pré-déterminé et poursuivent leur route vers leur destination en Angleterre, en Écosse et en Irlande.
De 1939 à 1943, les mesures extrêmes déployées par les marines alliées ne suffisent pas à assurer une protection efficace contre les attaques des U-boote. Souvent, la nuit, une explosion éclate, indiquant que l'un des navires du convoi est atteint. Les marins qui équipent les navires marchands connaissent les risques extraordinaires qu'ils courent. Ils savent qu'ils sont la cible des torpilles ennemies. Ils savent aussi que certaines cargaisons ne laissent aucune chance de survie lors d'une attaque. Quand une torpille atteint un pétrolier, il explose avant que les hommes ne puissent quitter le navire. Quand un cargo chargé de minerai de fer est touché, il coule si vite que son équipage peut rarement échapper à la mort. |
||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||