Dragueurs de mines

Mis en service à Vancouver le 2 avril 1942, le NCSM Caraquet a été construit pour la Royal Navy avant d'être transféré à la MRC. Il a servi sur la côte ouest de mai 1942 à mars 1943, sur la côte est de mai 1943 à février 1944 et sur la Manche lors du débarquement de Normandie.
Archives nationales du Canada, PA-125863.

Les Allemands possédaient depuis la Première Guerre mondiale des navires et des sous-marins à long rayon d'action, capables de poser des mines le long des côtes de l'Atlantique autant en Amérique qu'en Europe. En 1939, devant l'imminence d'une guerre, les Alliés entrevoient l'éventualité d'immenses champs de mines qui bloqueraient l'entrée des ports et qui rendraient le transport maritime périlleux. À ce moment, la Marine royale du Canada (MRC) ne possède que 4 dragueurs de mines, les NCSM Comox, Fundy, Gaspé et Nootka. L'urgence de la situation exige une solution rapide.

Le gouvernement canadien autorise donc la construction de dragueurs de mines de classe Bangor. Comme les corvettes, ce sont des vaisseaux à faible tirant dont la construction n'exige pas l'expertise que nécessitent les cuirassés et les destroyers. Ils peuvent être construits dans les chantiers navals de l'intérieur, le long du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

La MRC aura à son service jusqu'à 54 dragueurs de mines de classe Bangor. Mais finalement, comme la menace des mines allemandes n'atteindra pas les niveaux anticipés, bon nombre de ces vaisseaux prendront plutôt part aux escortes de convois naviguant le long des côtes de l'Atlantique et dans le golfe Saint-Laurent. Le problème des mines se pose de nouveau aux approches de la côte normande en juin 1944 et des dragueurs de mines canadiens, de concert avec la Royal Navy, participeront au déminage des eaux de la Manche.


Diagram:Minesweeping

Les chantiers canadiens construisent aussi une version améliorée du Bangor, appelée classe Algerine. On en construit 41, principalement dans les chantiers navals de Port Arthur. Seulement douze d'entre eux seront mis au service de la MRC. Ces derniers serviront d'escortes et ne seront pas équipés du mécanisme de déminage.

Les techniques de déminage

 
Une mine de contact allemande dans les eaux des côtes de Nouvelle-Écosse, 2 juin 1943.
  Photo de H.H. Black. Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-178962.

Les mines contact sont ancrées au fond de la mer au moyen de câbles, de façon à demeurer entre deux eaux, juste au-dessous de la surface. Pour les neutraliser, il faut d'abord couper ce câble pour que la mine émerge et devienne visible. Les dragueurs de mines remorquent un filin d'acier rattaché à son extrémité à un flotteur en forme de torpille. Non loin du flotteur, la loutre, formée d'un cadre métallique garni d'ailettes inclinées, retient le filin d'acier sous l'eau. Ce même filin est muni de couteaux. Lorsque le navire avance, la pression exercée par le mouvement de la loutre donne au filin une longue courbe et le maintient sous l'eau. Les câbles des mines qui entrent en contact avec le filin d'acier glissent le long de celui-ci jusqu'au couteau. Ils sont alors sectionnés et la mine remonte à la surface, où elle doit être détruite à coup de canon ou de fusil. C'est la technique Oropesa.

 

Les dragueurs de mines possèdent aussi un dispositif électrique pour réduire leur champ magnétique de façon à ne pas provoquer la détonation de mines magnétiques. Divers systèmes sont aussi utilisés pour créer un champ magnétique suffisamment élevé pour faire exploser les mines à bonne distance du navire. Pour déclencher les détonateurs des mines acoustiques, les navires utilisent un mécanisme producteur de bruit fait d'un marteau frappé contre un boîtier.

Dragueurs de mines
  Classe Bangor Classe Algerine
Longueur 54,9 m 68,6 m
Largeur 8,7 m 10,8 m
Tirant 2,6 m 2,6 m
Déplacement 672 tonneaux 990 tonneaux
Vitesse maximale 16 nœuds 16 nœuds
Armement 1 canon de 12 livres (5,44 kg) à l'avant, 2 canons Oerlikon de 20 mm, 40 grenades sous-marines, lances-grenades de chaque côté, rails de lancement à la poupe 1 canon de 4 pouces (100 mm) à l'avant, 4 canons Oerlikon de 20 mm, 1 HedgeHog; grenades sous-marines, lances-grenades de chaque côté, rails de lancement à la poupe
Équipage 83 hommes 107 hommes
Lecture Suggérée:
Ken Macpherson and John Burgess, Les navires of Canada's Naval Forces 1910-1981, A Complete Pictorial History of Canadian Warships, Collins, Toronto, 1981.
Ken Macpherson and John Milner, Minesweepers of the Royal Canadian Navy 1938-1945, Vanwell, St. Catharines (Ontario), ca. 1990.
Liens:
Pour une description détaillée des mines et des techniques de déminages utilisées lors de la Seconde Guerre mondiale, voir Mine Warfare, par Roy Cordell (en anglais)
Voir les spécifications des dragueurs de mines canadiens sur le site Haze Gray and Underway (en anglais)
Voir la description et une photographie de tous les navires canadiens sur le site du Naval Museum of Manitoba (en anglais)
À suivre: Frégates