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Les pièces d'artillerie automotrices, qui
combinent la puissance de feu du canon de campagne et la mobilité
du char d'assaut, sont apparues durant la Première Guerre
et furent encore développées pendant l'Entre-deux-guerres.
Dès le début de la Seconde Guerre, les Allemands utilisèrent
leur Sturmgeschutz (« canon d'assaut »)
comme arme de support direct de l'infanterie, mais réalisant
l'intérêt d'un canon mobile dans la lutte antichar,
cessèrent la production du Sturmgeschutz pour le remplacer
par divers modèles de Panzerjäger (« chasseurs
de chars »). On pourrait se demander pourquoi ne pas simplement
produire plus de chars d'assaut, considérant que les chars
allemands, les Tiger et les Panther en tous cas, étaient
équipés de canons qui - au moment de la Bataille de
Normandie - pouvaient facilement détruire les meilleurs chars
alliés. Un facteur important fut le coût relativement
élevé d'un char en comparaison d'un canon automoteur,
qui dépourvu de tourelle pivotante, pouvait être produits
à meilleur marché et en grande quantité.
L'Artillerie royale britannique croyait fermement depuis la Première
Guerre au principe de la concentration de la puissance de feu. Toute
idée de décentraliser le commandement des pièces
pour créer des poches d'artillerie (« penny packets »)
était repoussée obstinément. Utiliser l'artillerie
automotrice comme les Allemands avaient fait des Sturmgeschutz
aurait signifié équiper les unités les plus
avancées de quelques canons, privant l'Artillerie royale
de sa capacité à rassembler et à concentrer
sur une seule cible une très grande puissance de tir, et
ce très rapidement.
Le canon automoteur britannique n'était pas conçu
pour tirer en mouvement et n'était pas pourvu de mitrailleuses,
ils ne pouvaient donc se défendre contre une attaque de l'infanterie
ennemie. On considérait qu'il pourrait cependant viser des
chars isolés et neutraliser des positions avancées.
Les pièces automotrices, comme le Sexton de 25 livres, ne
furent donc jamais conçues pour appuyer directement des chars
en première ligne d'une opération offensive. Les armées
britanniques et canadiennes;les utilisaient comme des pièces
tractées conventionnelles, déployées dans des
positions de tir indirect, loin derrière les chars. Les artilleurs
ne pouvaient voir les cibles mais étaient dirigés
par un officier d'observation avancée (« Forward
Observation Officer » ou FOO).
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Canons automoteurs Sexton du 8ème
Régiment d'artillerie de campagne, de l'Artillerie
royale canadienne, tirant une salve d'honneur de 21
coups pour célébrer le jour de la Victoire,
Groningen, Pays-Bas, 8 mai 1945.
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| Photo par Jack H.
Smith. Ministère de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada, PA-114372. |
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Le Sexton, un canon automoteur
de 25 livres
Mis en service en septembre 1943, le canon automoteur Sexton
se composait d'un canon de 25 livres monté sur un châssis
de char Ram canadien, et était produit aux usines de Montreal
Locomotive Works. Il était à conduite à droite
comme tous les véhicules produits pour les armées
britanniques et canadiennes. Plusieurs modifications durent être
apportées pour pouvoir installer;e canon de 25 livres sur
le châssis, comme par exemple réduire la portée
du système de recul afin de pouvoir donner au canon la hausse
suffisante. Les Sextons furent largement utilisés par le
21ème Groupe d'armées lors de la campagne d'Europe
après juillet 1944, alors que le canon de 25 livres remplaçait
le canon automoteur américain de 105 mm, surnommé
« le Prêtre ». Le passage au Sexton
rendit les « Prêtres » du 2ème
Corps d'armée canadien superflus et ils furent modifiés
pour servir de Kangaroos lors de l'Opération Totalize entre
le 7 et le 10 août 1944, première utilisation pratique
au combat d'un véhicule blindé pour le transport des
troupes.
Le Sexton avait un équipage de six hommes, protégés
par un blindage qui atteignait 38 mm à l'avant, mais le toit
était ouvert. Il pesait quelques 24.400 kg, et portait 112
salves de munitions. En 1945, quand la production cessa, on avait
construit 2.150 de ces véhicules, qui demeurèrent en
service jusqu'à la fin des années cinquante. |