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Personnel
du 1er Corps d'armée
canadien examinant un canon
antichar allemand de 88 mm pris
lors de la rupture de la ligne
Adolf Hitler près de
Pontecorvo en Italie, 19 mai
1944.
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| Photo
par Frederick G. Whitcombe. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-168704. |
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En Normandie, la pièce
d'artillerie allemande la plus connue était
le canon antiaérien / antichar a
de 88 mm. Même si les armes alliées,
comme le canon britannique antichar de 17
livres, étaient également
redoutables, le canon de 88 a acquis une
réputation toute spéciale,
parce qu'il était polyvalent (c'était
aussi un canon de campagne à haute
vitesse), et parce que les Allemands disposaient
d'une grande quantité de ces armes,
alors que les pièces alliées
équivalentes étaient beaucoup
moins nombreuses.
Les premiers 88 furent mis en service en
1933 sous le nom de « canons
antiaériens Flak 18 ».
Les premiers modèles avaient un canon
en une pièce sous leur chape. Comme
ces pièces marquaient rapidement
leur usure, les versions subséquentes
(Flak 36 et 37) furent munies de canons
en trois parties (chambre, tube et bouche).
Ce système a l'avantage d'utiliser
la chambre de façon plus économique,
le tube lui-même, qui s'use plus rapidement,
pouvant être remplacé seul.
La production de cette version améliorée
commença en 1936.
C'est la Guerre Civile espagnole qui mit
en valeur les qualités du canon de
88 et c'est à ce moment que la réputation
de cette arme se forgea. Lorsque ces canons
étaient montés sur des chars
d'assaut Tiger, tels que les virent les
Alliés lors de la campagne de Normandie,
ils assuraient aux Allemands une supériorité
de feu considérable sur les Shermans
et les Churchills, qui avaient des canons
de 75mm. La différence était
telle que les canons allemands pouvaient
atteindre les cibles alliées à
2.000 yards de distance, alors que les Shermans
devaient être à 500 ou 600
yards pour frapper les chars allemands.
Et encore, à cette distance, ils
n'étaient pas certains de pouvoir
percer leur blindage. Le 88 était
employé en version automotrice et
en version tractée. Une version plus
récente, le Flak 41, de 88 mm, fut
produite vers la fin de la guerre et présentait
des améliorations par rapport aux
versions plus anciennes : le fût était
plus long, avec une hausse maximum de 90
degrés, une course complète
de 360 degrés; de plus il était
monté sur une plate-forme tournante
qui lui donnait aussi une silhouette plus
basse que le montage sur piédestal
et accroissait sa portée tant en
hauteur qu'en distance. Il pouvait tirer
20 salves à la minute à une
vitesse de 1.000 mètres / secondes
(3.281 pieds / seconde).
| Canons
Flak 18, 36, et 37 de 88 mm |
| Caractéristiques |
| Poids
total en action |
4.985 kg |
| Longueur |
4,93 m |
| Calibre
du projectile |
88 mm |
| Rainurage |
un tour pour
38 calibres (un tour pour 30 dans les
Flak 36 et 37) |
| Culasse |
à bloc
coulissant horizontal, semi-automatique |
| Hausse |
-3° à
+85° |
| Course |
720° |
| Vitesse
de tir |
15 salves à
la minute |
| Performance |
| Type |
APCBC |
| Poids
du projectile |
9,5 kg |
| Vitesse
de sortie |
820 mètres/seconde |
| Pénétration
à 1000 m (impact à 30°
) |
105 mm |
| Portée
maximum |
14.815 m |
| Plafond
maximum (usage antiaérien) |
9.900 m |
| Plafond
réel |
8.000 m |
L'armée allemande faisait une grande
confiance aux mortiers. Comme le rapporte
l'historien officiel britannique, L.F. Ellis,
« Vers la fin de la Guerre, l'intérêt
des Allemands pour les canons de campagne
et de moyen calibre semble avoir diminué;
au contraire, ils accordaient davantage d'importance
aux mortiers et aux Nebelwerfers, qu'ils avaient
en quantité en Normandie »
(L.F. Ellis, Victory in the West Volume I,
The Battle of Normandy, appendice IV, « Notes
on the Organization and Equipment of the Allied
Armed Forces », pp. 521-551).
On estime qu'au-delà de 70 % des pertes
du 21ème Groupe d'armées en
Normandie en juillet 1944 furent causées
par des mortiers, particulièrement
redoutables à cause de leur vitesse
de tir et de leurs bombes silencieuses.
Les divisions d'infanterie allemandes utilisaient
deux types principaux :
| Mortiers |
| Calibre |
81
mm |
120
mm |
| Poids
du projectile |
3.4
kg |
15.9
kg |
| Portée |
2.400
m |
5.500
m |
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Des
civils français examinent
un mortier « Moaning
Minnie » à
six canons, à Fleury-sur-Orne
en Normandie, 20 juillet 1944.
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| Photo
par George A. Cooper. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-132855. |
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Dans les récits personnels de combats
se déroulant en Europe de l'Ouest,
on rencontre presque toujours deux armes
allemandes d'une redoutable efficacité
: la canon antiaérien et antichar
de 88 mm et le Nebelwerfer. Souvent surnommé
« Moaning Minnie »
à cause de son bruit strident, particulièrement
éprouvant pour les nerfs, le Nebelwerfer
était un mortier à canons
multiples (de 5 à 10). Conçu
à l'origine pour projeter des grenades
fumigènes, il fut ensuite adapté
pour recevoir trois calibres de fusées.
Les projectiles de 150 mm pesaient 35 kg
et avaient une portée de 6.700 mètres;
ceux de 210 mm pesaient112 kg et avaient
une portée de 7.800mètres.
Le calibre de 300 mm recevait des projectiles
de 25 kg et avait une portée de 4.500
mètres. Les Nebelwerfers et les mortiers
furent couramment employés en Normandie.
Les troupes allemandes de l'état-major
avaient cinq régiments possédant
chacun de 60 à 70 Nebelwerfers, la
plupart positionnés en permanence
en face du secteur du 21ème Groupe
d'armées.
| Nebelwerfer |
| Calibre |
150
mm |
210
mm |
300
mm |
| Poids
du projectile |
35
kg |
112
kg |
125
kg |
| Portée |
6.700
m |
7.800
m |
4.500
m |
En plus des dommages matériels qu'ils
pouvaient causer, les Nebelwerfers avaient
un effet psychologique fort sur les troupes
adverses, effet que les Allemands s'efforçaient
d'utiliser à leur avantage. Dans The
Guns of Normandy, George Blackburn relate
un épisode au cours duquel des soldats
de son régiment d'artillerie capture
un Nebelwerfer intact avec ses projectiles.
Décidés à retourner contre
l'ennemi cette arme souvent utilisée
contre eux, ils eurent toute une surprise
après une première salve...
Les Allemands avaient noté l'emplacement
du mortier abandonné et attendaient
qu'il soit utilisé. Ils répliquèrent
aussitôt et tuèrent plusieurs
artilleurs canadiens. |