Les Projectiles antichars
Les Canons antichars | Les Projectiles antichars
Projectile à sabot détachable.

Les canons antichars utilisaient à l'origine des projectiles qui pouvaient percer un blindage en acier massif grâce à leur énergie cinétique. Au fur et à mesure que l'épaisseur des blindages augmentait, il fallait accroître dans la même proportion la vitesse de sortie du projectile. Mais arrivé à une vitesse d'environ 823 mètres / seconde (2.700 pieds), les projectiles en acier tendent à se désagréger à l'impact. On chercha donc à mettre au point un type de projectile qui pourrait maximiser la vitesse de sortie et la puissance de pénétration en ajoutant d'abord une tête en métal plus mou pour empêcher la désintégration. Cependant, il s'avéra que ces munitions dites («  APC  » ou armour piercing, capped ) étaient instables en vol. On ajouta alors une autre tête, qui augmentait la portée et la précision (projectiles dits « APCBC »). La solution la plus efficace fut trouvée avec les projectiles à sabot détachable (armour piercing discarding sabot ou « APDS »), introduits en août 1944. Le développement de cette invention doit beaucoup au général canadien Andrew G.L. McNaughton, un artilleur de la Grande Guerre qui commanda les forces canadiennes en Grande-Bretagne jusqu'en novembre 1943. Les projectiles « APDS » avaient un noyau en carbure de tungstène à l'intérieur d'une enveloppe d'acier; celle-ci était rejetée lorsque le projectile quittait le canon. Le carbure de tungstène était cher à produire et si lourd qu'un projectile constitué massivement de cet alliage n'aurait pu atteindre que des vitesses de sortie relativement basses. L'emploi de l'enveloppe d'acier cependant permettait d'utiliser toute la force d'accélération conférée par l'explosion à un projectile d'une haute qualité balistique et très dense. On combinait ainsi une grande vitesse de sortie et une force de pénétration supérieure.

On finit par atteindre la limite maximum d'efficacité des projectiles antichars à action cinétique. Pour des vitesses supérieures, capables de percer les blindages les plus épais, il aurait alors fallu des canons trop longs pour être utilisables. C'est pourquoi, plutôt que l'énergie cinétique résultant de la haute vitesse du projectile, on se tourna vers l'énergie dégagée par une explosion d'origine chimique, produite par des projectiles à charges creuses ou formées. Quand un tel projectile frappait le blindage du char, un détonateur allumait la charge explosive à l'extrémité opposée à la tête concave ... canalisant vers le point d'impact un jet de métal fondu qui perçait le blindage et répandait à l'intérieur flammes et fragments de métal en fusion. Les projectiles à charges creuses étaient idéaux pour les armes antichars portatives, à faible vitesse, telles que le PIAT britannique (Projector, L’Infanterie, Anti-Tank), le bazooka américain et les Panzerfaust et Panzerschreck allemands (Graves, p. 365).
(Donald E. Graves, South Albertas: A Canadian Regiment at War, 1998, p. 365).