406e Escadron Rapport de combat, 30 Septembre 1941
SECRET
FORMULARE F

R A P P O R T D E C O M B A T
canadien

 

No de série du secteur (A)  
No de série de l’ordre de patrouille adressé à l’appareil ou à l’escadron (B)  
Date (C) 30 septembre 1941. Beaufighter II
Appareil, escadron (D) Appareils : 1; escadron : 406e
Nombre d’appareils ennemis (E) Un
Types d’appareils ennemis (F) JU. 88
Heure de l’attaque (G) 22 h 09
Lieu de l’attaque (H) Approx. 45 milles à l’est de Tynemouth
Altitude de l’ennemi (J) 9 000 pi. (approx.)
Pertes ennemies (K) Un JU. 88 détruit
Nos pertes en appareils (L) Aucun (légers dommages dus à appareil ennemi)
Nos pertes en personnel (M) Aucun
Projecteurs (ont-ils éclairé l’ennemi ? Sinon, étaient-ils devant ou derrière la cible?) (N)(i)  
Artillerie anti-aérienne (l’explosion des obus a–t-elle aidé le pilote à intercepter l’ennemi?) (N)(ii)  
Distance à laquelle le feu a été ouvert à chacune des attaques et durée estimée des tirs (P) Trois attaques à 100 yards, de 2 secondes, 1 seconde et 2 secondes. Deux premières attaques avec mitrailleuses et canon. Troisième attaque avec mitrailleuse seule. 4 canons utilisés (115 cartouches); 6 Browning utilisés (total 600 cartouches); canon enrayé trois fois; causes à déterminer à la lumière du jour. Utilisé réflecteur type G3A. Pas de déflection.

RAPPORT GÉNÉRAL

D.G. Morris (à droite) et le capitaine d’aviation Johnston près d’un Beaufighter du 406e escadron.
Service d’imagerie de la Défense nationale, PL 4651.

Météo : ciel dégagé, lune brillante vers le sud à 110 degrés à droite de la ligne d’attaque. Le Beaufighter II a quitté Acklington à 21 h 16 et a reçu l’ordre du secteur de suivre un parcours circulaire autour de la base à 12 000 pieds. Une fois cette altitude atteinte, le contact a été pris par le contrôleur du GCI (« Ground Control Interception » ou contrôle au sol de l’interception). Le contrôleur a donné plusieurs vecteurs au-dessus de la région de la Tyne. Vers 22 h 03, à approximativement 11 000 pieds, cap à 80 degrés MAG, environ 20 milles à l’est de Tynemouth, j’ai eu un « bip » signalant un appareil ennemi sur le radar d’interception (« Aerial Interception Radar » ou A.I.), un peu au-dessus et à droite, à distance maximale et volant franc est. Notre appareil a viré de 100 degrés et a rétabli le contact A.I. avec l’ennemi; le contact radar a été maintenu jusqu’au contact visuel, à environ 3 000 pieds de distance. Le contact visuel a été perdu momentanément puis repris à même distance et maintenu. Le Beaufighter s’est approché à 100 yards, l’appareil ennemi légèrement à sa gauche et au-dessus. Le pilote a aperçu des flammes d’échappement d’un rouge vif, deux de chaque côté de moteurs ronds, ce qui a permis d’identifier l’appareil ennemi comme étant un Junker 88. Vers 22 h 09 environ, à une altitude de 9 000 pieds et environ 45 milles à l’est de Tynemouth, le Beaufighter a attaqué à l’horizontale, directement à l’arrière. Le pilote a aperçu des éclairs le long du fuselage de l’appareil ennemi; puis un éclair très brillant. L’appareil ennemi a aussitôt répliqué avec les mitrailleuses dorsales. Notre appareil a attaqué à nouveau à deux reprises. Après la dernière attaque, l’ennemi n’a pas répondu et l’appareil a nettement ralenti. Le Beaufighter l’a rapidement dépassé, à 20 pieds au-dessus et 140 pieds à droite, évitant de peu une collision. Même là, aucun tir de riposte de l’ennemi. Le pilote et l’observateur ont pu voir la lueur rouge d’un incendie à l’intérieur du cockpit. L’appareil ennemi a viré à droite sous notre appareil qui effectuait un cercle presque complet vers la gauche. Le pilote a alors vu l’appareil ennemi prendre feu, tomber en vrille vers la droite; il y avait une tache sur l’eau là ou l’appareil est tombé dans la mer. Le moteur gauche du Beaufighter a alors commencé à vibrer de façon marquée et à projeter des étincelles. Le pilote a dû l’arrêter et rentrer à la base avec seulement le moteur droit. Après nous être posés, nous nous sommes rendu compte que le moteur gauche avait été sérieusement endommagé par les tirs ennemis, le droit légèrement, et il y a avait des traces de balles surtout dans l’aile gauche. Le pilote estime que le succès de l’opération tient au fait que l’appareil ennemi n’ait pas tenté de manœuvre de dégagement : il volait à environ 260 m/h (I.A.S.) et perdait peu à peu de l’altitude déjà avant l’engagement. Le pilote a été surpris de l’éclat des flammes d’échappement de l’appareil ennemi. Le Beaufighter s’est posé à Acklington à 22 h 34. Pas de panne de l’équipement technique.

Pilote Lieutenant-colonel d’aviation D.G. Morris.
Observateur Sgt. A.V. Rix.

À suivre: 403e Escadron Rapport de combat, 19 août 1941