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Le 24 avril 1944, le Sunderland « A » du 423e
escadron attaquait le U-672 lors d'une patrouille sur l'Atlantique Nord.
Le U-boot fut sévèrement endommagé, mais réussit
à s'échapper. Le récit est tiré de l'appendice
3 du journal d'opération du 423e escadron de l'ARC.
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Le Short Sunderland
“U” du 422e escadron, semblable à celui qui
a attaqué le U-672. |
| Service d'imagerie
de la Défense nationale, PL 40993. |
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À 13 heures 39, le 24 avril 1944, le Sunderland A/423 était
en position 30º44'N par 18º40'W, cap à 180ºT (pas
de dérive); altitude 2 100 pieds. Le capitaine aperçut un
sillage à 175ºT et à une distance de 16 milles (8 minutes
de temps de vol). La vitesse fut augmentée à 140 nuds
tandis que le co-pilote confirmait avec les jumelles que le sillage était
celui d'un U-boot par 50º36'N et 18º36'W (Cor) faisant cap à
180º, vitesse 16 nuds. L'appareil maintint son cap et son altitude
sur environ 8 milles puis le capitaine vira légèrement sur
bâbord avant de virer sur tribord et de se mettre en position d'attaquer.
Quand l'appareil fut placé par le travers par rapport au sous-marin
et à cinq milles de celui-ci, le U-boot entreprit une série
de virages serrés vers tribord pour toujours demeurer la poupe
vers l'avion. Au même moment il ouvrit le feu avec un canon anti-aérien
de moyen calibre; les coups explosèrent avec des nuages de fumée
à deux ou trois milles de la cible mais la direction était
juste. On vit également des obus qui retombèrent à
la mer. C'était un tir de barrage. On ne vit pas d'obus traçant.
L'appareil était immédiatement à la poupe du sous-marin
et continua à virer vers tribord pour se placer entre le U-boot
et le soleil. Le sous-marin ralentit alors son allure et l'appareil commença
sa descente sur un cap de 340ºT, après avoir tourné
de 180º pour se mettre en position. À une distance de 1 200
yards, l'appareil ouvrit le feu avec ses quatre mitrailleuses fixes d'avant
et les deux mitrailleuses de la tourelle avant, en tout 1500-1600 cartouches,
en sorte que le sous-marin ne répliqua pas dans les 300 derniers
yards de la descente. Jusque-là, l'appareil avait été
touché à plusieurs reprises, mais le capitaine avait décidé
de poursuivre l'attaque en déviant le moins possible, sinon par
de petits virages en descente.
À 13 heures 47, l'appareil passa juste au-dessus du sous-marin
encore en surface, de tribord au quart bâbord avant; le cap de l'appareil
étant à 340ºT et celui du U-boot à 360ºT.
Six grenades sous-marines Mk XI Torpex réglées à
25 pieds et distantes de 60 pieds furent lâchées à
une distance de 50 pieds. Le mitrailleur arrière dont l'arme était
complètement abaissée eut alors la proue du sous-marin immédiatement
dans sa ligne de mire et appuya sur la gâchette. Il y eut une violente
explosion, due à la 4e grenade selon l'officier de renseignements
de la section et d'après des calculs effectués après
essais avec caméra et commande de largage des bombes.
La force de l'explosion fut telle que tout ce qui n'était fixé
dans l'avion - le parquet, le système d'identification ami-ou-ennemi,
la vaisselle, les ufs et la cuisinière - formèrent
une nouvelle variété d'omelette; le mitrailleur arrière
qui se trouvait à côté fut assommé et l'opérateur
radio jeté à bas de son perchoir dans l'astrodôme.
Tous les circuits électriques furent mis hors d'usage, le câble
du poste radio coupé, des sutures des ailes s'ouvrirent et les
ailerons bâbord mis hors d'usage, entre autres dommages. La principale
avarie fut au gouvernail de profondeur et il fallut toute la force et
l'habileté du capitaine et du co-pilote pour le redresser. L'appareil
étant plus lourd de l'arrière commença à grimper
et bien que rééquilibré vers l'avant (14º) avait
encore besoin que l'on mette toute la pression possible sur les commandes.
Tout l'équipage fut finalement replacé à l'avant
du longeron principal pou aider à rééquilibrer l'appareil
avec leur poids.
Pendant ce temps, alors que l'appareil était à environ
300 yards de distance, le mitrailleur avant vit à peu près
70 ou 100 pieds à l'arrière du U-boot une tache brunâtre
d'où s'élevait de la fumée bleue.
Pendant que l'on reprenait contrôle de l'appareil, le mitrailleur
arrière, qui était revenu à lui, aperçut le
U-boot la poupe enfoncée et qui semblait donner de la gîte,
peut-être à cause du virage qu'il avait entrepris pour s'échapper,
ce qui fut confirmé par deux membres de l'équipage à
l'écoutille de bâbord et par un autre dans l'astrodôme.
À ce moment, l'appareil avait retrouvé son équilibre
et avait repris de l'altitude jusqu'à 600 pieds; un virage délicat
fut effectué pour revenir au-dessus du lieu du combat. Ce virage
qui prit 2 ou 3 minutes empêcha de surveiller le sous-marin de façon
continue et on ne le revit plus.
Quand l'appareil s'approcha de la zone de tir des grenades sous-marines,
on aperçut une tache d'huile, bleue claire, de 300 par 100 pieds,
avec des traînées de 200 pieds pointant en direction de la
zone de tir, la tache étant à 400 yards de la zone de tir.
Pas de tourbillon, pas de sillage, pas de débris.
L'appareil, qui avait lâché un Marker Marine Mk. II lors
de l'attaque, demeura aux environs pour 36 minutes, puis lâcha un
Marker Marine Mk. III réglé pour deux heures et mit le cap
sur la base.
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