Un
Vickers Wellington de la RAF. |
| Archives
nationales du Canada, PA-144537. |
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Trois aspects techniques affectent le succès
des bombardements : la capacité des
avions à pénétrer en
territoire hostile tout en résistant
aux armes antiaériennes déployées
par l'ennemi, la précision de la
navigation et du repérage des cibles
et la quantité et l'efficacité
des bombes larguées sur l'objectif.
Parmi les bombardiers moyens disponibles
en 1940-1941, les bimoteurs Armstrong Whitworth
Whitley et Handley Page Hampden ne possèdent
ni la vitesse, ni la manuvrabilité,
ni l'armement nécessaires pour survivre
lors des missions de bombardement en territoire
ennemi. En revanche, le bombardier moyen
Vickers Wellington connaît un certain
succès et s'impose comme le meilleur
appareil dont Bomber Command dispose en
quantité suffisante pour amorcer
les bombardements stratégiques sur
l'Allemagne. Il a une capacité d'emport
de bombes de 2 900 livres (1 315 kg), mais
il est insuffisamment armé pour résister
aux chasseurs allemands et, de surcroît,
il ne peut voler suffisamment haut pour
éviter la Flak.
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Les
Lancaster X de fabrication canadienne
du 419e Escadron sur le périmètre
de la base de Middleton St.
George, le 1er mai 1944. L'appareil
du premier plan, immatriculé
KB 711, a été
abattu le soir même lors
d'un raid sur St-Ghislain.
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| Service
d'imagerie de la Défense
nationale, PL 29474. |
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La RAF doit donc recourir aux bombardiers
lourds, des quadrimoteurs rapides capables
de transporter une charge importante et
munis d'une force de feu suffisante pour
se défendre contre les chasseurs
de la Luftwaffe. L'industrie aéronautique
anglaise produit trois bombardiers lourds,
le Short Stirling, le Handley Page Halifax
et le Avro Lancaster, mais sa capacité
de production ne suffit pas pour répondre
aux besoins de la RAF. En 1943, le Stirling,
est retiré des opérations
de pénétration au dessus du
Reich à cause de son plafond de vol
qui est trop bas. Le Halifax et le Lancaster
demeurent les deux bêtes de somme
de Bomber Command pour la durée
de l'offensive contre l'Allemagne.
L'Avro Lancaster, considéré
comme le meilleur bombardier lourd de la
Deuxième Guerre mondiale, transporte
14 000 livres (6 350 kg) de bombes; une
version modifiée de l'appareil peut
prendre la bombe la plus lourde produite
pour Bomber Command, le Grand Slam
de 22 000 livres (10 000 kg). Son équipage
comprend normalement sept membres : un pilote,
un mécanicien, un navigateur, un
opérateur radio, un bombardier (il
servait aussi de mitrailleur avant), un
mitrailleur arrière et un mitrailleur
dorsal. L'Avro Lancaster Mark X est produit
dans les usines canadiennes de la Victory
Aircraft à Toronto. Les livraisons
commencent pour de bon en 1944 et le Lancaster
Mark X équipe six escadrons canadiens
en mai 1945.
Les bombes
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Diverses bombes utilisées
par Bomber Command, depuis la
plus petite, d'un poids de 40
livres (18 kg), jusqu'au Grand
Slam de 22 000 livres (10 000
kg). Les annotations indiquent
une enveloppe moyenne (MC ou
Medium casing) ou lourde (HC
ou Heavy casing)
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| Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-213867. |
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Comme les avions, les bombes nécessitent
de nombreuses améliorations. Les
premières bombes larguées
en 1941 contiennent trop de métal
et pas assez d'explosifs. Par conséquent,
elles causent peu de dégâts.
Pour y remédier, on augmente la quantité
de matière explosive, de l'Amatol
ou du TNT, dans les bombes à explosif
brisant. On développe aussi des bombes
plus grosses en fonction des objectifs à
détruire : les bombes d'usage général
pèsent 250 ou 500 livres (113 ou
225 kg) alors que les bombes de gros calibre
pèsent entre 2 000 livres (907 kg)
et 12 000 livres (5 443 kg). Le Grand Slam,
une bombe à pénétration
profonde utilisée dans les derniers
mois de la guerre, atteint les 22 000 livres
(10 000 kg). Certaines bombes sont réglables
pour exploser à retardement. Elles
peuvent exploser un instant après
le contact, alors qu'elles ont déjà
pénétré un mur ou qu'elles
se sont enfouies dans le sol; d'autres explosent
plusieurs heures après l'impact de
façon à entraver le travail
des équipes de sauvetage et de nettoyage.
On utilise aussi des bombes incendiaires,
habituellement composées d'un cylindre
rempli d'une centaine de petites charges
au magnésium de 4 livres (1,8 kg),
ou d'un nombre moins élevé
de charges de 30 livres (13,6 kg). Le cylindre
s'ouvre à une altitude de 600 m et
les charges incendiaires s'éparpillent
avant de tomber sur la cible. La combinaison
des bombes explosives et des bombes incendiaires
produit le maximum de dégât
: en ouvrant des brèches dans les
murs et les fenêtres, les bombes explosives
permettent aux incendies allumés
par les incendiaires de se propager plus
rapidement et plus loin.
Radar et navigation
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Les armuriers du 432e Escadron
chargent des bombes d'usage
général de 1000
livres (454 kg) dans la soute
d'un Halifax. East Moor, 2 février
1945.
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| Album
Gérard Pelland. Reproduit
avec la permission de la famille
Pelland. |
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Le lieutenant d'aviation
Gus Utah, navigateur à
bord d'un bombardier du
427e Escadron de l'ARC.
Ruthless Robert, la mascotte
de l'équipage,
lui tient compagnie.
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| Service
d'imagerie de la Défense
nationale, PL 28520. |
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La navigation de nuit pose le problème
le plus difficile à résoudre.
Avec les techniques de navigation disponibles
en 1940 - navigation d'après les
repères du terrain ou d'après
les astres, estimation de l'heure d'arrivée
d'après la vitesse de l'appareil
et la vitesse des vents - seul un navigateur
habile peut trouver à coup sûr
le point de visée. Reconnaître
précisément la cible à
dans l'obscurité et au travers des
nuages devient d'autant plus difficile quand
le bombardier doit se faufiler entre la
Flak et les projecteurs aveuglants. Les
scientifiques s'engagent donc dans une course
effrénée pour développer
des systèmes de navigation susceptibles
d'aider le navigateur à reconnaître
précisément sa position.
Au début de 1942, on introduit le
récepteur Gee à bord des bombardiers.
Cet appareil capte un signal synchronisé
émis par trois stations radios situées
en Grande-Bretagne. Le temps écoulé
entre chaque signal reçu permet de
mesurer précisément la distance
entre l'avion et les stations émettrices.
Le navigateur peut alors calculer sa position
par triangulation. Le système de
radar Oboe, introduit aussi en 1942, utilise
des signaux radio à partir de deux
stations au sol; l'un des signaux guide
l'avion dans une trajectoire qui survole
la cible et l'autre lui indique le moment
de larguer les bombes. En 1943, la RAF introduit
le H2F, un radar dirigé vers le sol
et dont les échos permettent au navigateur
de voir sur un écran cathodique une
image plus ou moins précise des éléments
distinctifs - rivières, lacs et villes
- du terrain survolé. Ces systèmes
électroniques aident le navigateur
et le pilote à atteindre l'objectif
à condition, évidemment, que
l'avion réussisse à traverser
les défenses allemandes. De nouveaux
instruments s'ajoutent à la panoplie
en 1943 et en 1944 pour détecter
les avions ennemis, brouiller leurs radars
et saturer leurs communications.
Malgré les progrès effectués
dans les instruments de navigation, l'identification
précise de l'objectif demeure difficile.
C'est pourquoi on crée une force
spéciale, appelée Pathfinders,
avec la mission d'identifier la cible et
de la marquer avec la plus grande précision
possible au moyen de bombes pyrotechniques
appelées Target Indicators ou TI.
Les Pathfinders atteignent l'objectif les
premiers et y larguent des TI de couleurs
facilement repérables à travers
les incendies et la fumée. À
leur suite, les vagues successives de bombardiers
déferlent au-dessus de l'objectif
en prenant les TI comme repères pour
larguer leurs bombes. L'ensemble de ces
mesures permet aux bombardiers alliés
d'augmenter considérablement la précision
de leur tir.
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