|
Adolf Hitler, né à Braunau
sur l'Inn (Autriche) le 20 avril 1889, décédé
à Berlin le 20 avril 1945. Chancelier
de l'Allemagne de 1933 à 1945, führer
du Troisième Reich de 1934 à
1945.
 |
| Adolf
Hitler, photographie dédicacée
À son Excellence le premier
ministre du Canada, W.L. Mackenzie
King, en souvenir amical de sa
visite, le 29 juin 1937. |
| Archives
nationales du Canada, C-011452. |
|
Dans sa jeunesse, Adolf Hitler a connu
la vie turbulente de la grande ville multiethnique
de Vienne. Il désirait devenir artiste,
un souhait resté sans lendemain.
À l'approche de la guerre, il quitte
Vienne pour Munich puis, en 1914, il s'engage
dans le 16e Régiment de Bavière.
Sa bravoure lui vaut la Croix de fer, première
classe. Il découvre la grandeur de
la vie sous les armes, la beauté
de la camaraderie, la noblesse du guerrier.
Ses rêves détruits par la défaite
allemande, il demeure convaincu que Juifs
et Marxistes ont contribué à
cette défaite.
En 1920, il fonde le Parti national socialiste
des Travailleurs allemands (National Sozialistische
Deutsche Arbeiter Partei ou NSDAP). Emprisonné
à la suite de l'échec d'un
coup de force pour prendre le contrôle
du gouvernement de Bavière, Hitler
rédige Mein Kampf, où il consigne
ses idéaux néo-nationalistes
basés sur la supériorité
de la race aryenne et la création
d'une élite armée. Il ré-émerge
à la tête du parti nazi à
sa libération, en 1925.
La Grande Dépression fournit le
climat d'incertitude propice à la
montée de son parti. Factions de
gauche et de droite s'affrontent sur un
fond de chômage et de misère.
En s'alliant aux industriels de la droite,
Hitler renforce la position du parti nazi
au Reichstag, où il obtient 107 sièges
en 1930, désormais le second parti
en importance. Il profite du climat de violence
pour établir son emprise dans les
rues au moyen de troupes paramilitaires,
les SA (Sturmabteilung, ou Chemises brunes).
En avril 1932, il perd de peu les élections
à la présidence. Inconscient
du danger qu'il représente, le président
Paul von Hindenburg nomme Hitler chancelier
le 30 janvier 1933.
À l'approche de la mort de Hindenburg,
Hitler consolide son pouvoir en éliminant
systématiquement ses opposants ainsi
que tous les partis politiques autres que
le parti nazi. C'est la Nuit des longs couteaux,
le 30 juin 1934. Hindenburg meurt le 1er
août 1934 et Hitler s'autoproclame
chancelier et führer, ou chef suprême,
du peuple allemand. Par le plébiscite
du 19 août, le peuple confirme Hitler
comme chef suprême. Lorsque les pouvoirs
institutionnels s'avèrent insuffisants,
le führer a recours à la propagande
et à la terreur. Les SS (Schutzstaffel,
ou Chemises noires) de Heinrich Himmler
succèdent au SA et l'intouchable
Gestapo fournit les services de police secrète.
Les grands travaux publics, dont la construction
d'un réseau d'autoroute (Autobahn),
relancent l'économie et réduisent
le chômage, ce qui vaut à Hitler,
pour un temps, l'admiration de plusieurs
chefs d'état étrangers.
La politique étrangère de
Hitler reprend les objectifs qu'il avait
exprimés dans Mein Kampf, soit laver
l'Allemagne de la honte du Traité
de Versailles, réunir tous les Allemands
sous une même nation, détruire
le Bolchevisme et conquérir puis
coloniser les pays d'Europe de l'Est. D'abord
prudent, Hitler retire l'Allemagne de la
Société des Nations mais il
diminue la portée de ce geste par
des accords bilatéraux, dont un pacte
de non-agression avec la Pologne (1934).
Face à l'indécision des nations
européennes, il se montre de plus
en plus agressif et exigeant. En mars 1935,
il annonce le réarmement de l'Allemagne,
en violation du Traité de Versailles
et, l'année suivante, il remilitarise
la Rhénanie. Fort de l'alliance avec
l'Italie fasciste de Mussolini et encouragé
par les faibles réactions des démocraties
européennes, Hitler confie à
ses chefs militaires, lors d'une rencontre
secrète en novembre 1937, ses plans
de guerre. Hitler entreprend alors l'annexion
des nations voisines : l'Autriche en mars
1938, le pays des Sudètes en septembre
1938, la Tchécoslovaquie en mars
1939 et la Pologne en août 1939. L'invasion
de la Pologne porte le coup de grâce
à la paix européenne. La Grande-Bretagne
et la France réagissent, la Seconde
Guerre mondiale est commencée.
La guerre commence par une série
de succès. La Pologne, le Danemark,
la Norvège, la Belgique, les Pays-Bas
et la France sont occupés. Par contre,
à l'automne 1940, la Luftwaffe perd
la Bataille d'Angleterre, forçant
Hitler à remettre à plus tard
son projet d'invasion des îles britanniques.
En instaurant son nouvel ordre sur l'Europe
occupée, Hitler poursuit la purge
des Juifs, déportés vers des
camps de concentration et exterminés.
Faisant fi du pacte de non-agression qui
lie les deux pays, Hitler envahit l'U.R.S.S
en juin 1941. D'abord victorieuses, les
troupes allemandes sont défaites
devant Moscou en décembre 1941. L'armée
et la population soviétiques opposent
une vive résistance et, pendant les
années à suivre, le front
de l'Est draine les ressources militaires
du Reich. Hitler mésestime aussi
la puissance militaire des États-Unis
en leur déclarant la guerre, au moment
où éclate le conflit qui les
oppose au Japon, l'un des pays de l'Axe.
Le vent tourne pour l'envahisseur allemand.
Les défaites se succèdent
sur le front russe. L'Allemagne perd l'Afrique
du Nord, puis les Alliées ouvrent
un nouveau front en Sicile, suivie de l'Italie.
Avec l'invasion de la Normandie par les
Alliés, en juin 1944, les troupes
allemandes ne suffisent plus à contenir
les divers fronts. La discorde se fait plus
vive dans l'état-major du Troisième
Reich, à un point tel que des officiers
tentent d'éliminer Hitler par un
attentat à la bombe, le 20 juillet
1944. Épuisé, amer, Hitler
s'isole de plus en plus. Le 30 avril 1945,
l'armée russe marche sur Berlin alors
que les troupes américaines entrent
à Nuremberg. Voyant la fin inévitable,
Hitler épouse sa compagne Eva Braun
et le couple se donne la mort dans leurs
quartiers privés de la Chancellerie.
|