| C.D. Howe | ||||||||
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Clarence Decatur Howe, né à Waltham (Massachusetts) le 14 janvier 1886, décédé à Montréal le 31 décembre 1960. Ingénieur et politicien.
On l'a appelé le « ministre de tout », on a dit de lui qu'il était « un fasciste, mais un fasciste sympathique », qu'il « s'était établi comme un quasi-dictateur ». De l'avis de tous cependant, C.D. Howe était l'homme qui voyait à ce que les choses se fassent. En tant que ministre responsable des Transports, des Munitions et des Approvisionnements et de la Reconstruction, il a donné aux Canadiens les moyens matériels dont ils avaient un urgent besoin pour soutenir l'effort de guerre. C.D. Howe est né à Waltham, en Nouvelle-Angleterre. Son
père travaille dans le bâtiment, ce qui procure à
sa famille une certaine aisance et permet à son fils de poursuivre
des études supérieures. De 1903 à 1907, Howe complète
son cours de génie civil au Massachusetts Institute of Technology
de Boston. En 1908, il accepte un poste de professeur de génie civil à
l'université Dalhousie, à Halifax. Le jeune ingénieur
croit déjà fermement que tout problème peut être
résolu par l'application d'une bonne dose de bon sens et de travail.
Partant de ce principe et même s'il ne possède aucune expertise
dans ce domaine, il accepte, en 1913, de se rendre dans l'ouest canadien
pour superviser la construction d'élévateurs à grains
pour le compte de la Canadian Board of Grain Commissioners. En 1916, Howe fonde à Port Arthur, en Ontario, sa propre compagnie
d'ingénierie spécialisée dans la construction d'élévateurs
à grains. La C.D. Howe Company Ltd connaît un immense succès
pendant les années 1920 et, elle participe à l'érection
de ponts et d'élévateurs à grains à Vancouver,
Saskatoon, Churchill, Port Arthur, Toronto et Prescott, ainsi qu'à
Buenos Aires en Argentine. Ensuite, la dépression économique
des années 1930 oblige la compagnie à réduire drastiquement
son niveau d'activités. En 1934, alors que la Grande Dépression tient le Canada dans son
étau de misère, le parti libéral de W.L.
Mackenzie King demande à C.D. Howe de devenir candidat
aux élections fédérales de 1935. En septembre, Howe
est élu député dans la circonscription de Port Arthur
et le premier ministre King lui confie le double portefeuille de la Marine
et des Chemins de fer. Ces deux portefeuilles sont réunis sous
le ministère des Transports dès 1936. Appliquant son pragmatisme et son sens des affaires à la vie politique,
Howe procède à la réorganization du système
portuaire canadien, il restructure les chemins de fer du Canadien National
pour leur permettre de retrouver leur rentabilité et il établit
un contrôle de l'état sur les ondes radiophoniques en fondant
la Société Radio-Canada. Le 30 juin 1937, Howe franchit la distance qui sépare Montréal
de Vancouver à bord d'un Lockheed 14H du ministère des Transports.
Ce vol, d'une durée de 17 heures et 34 minutes, inaugure la liaison
aérienne transcontinentale au Canada et marque les débuts
d'une nouvelle société de la couronne, la Trans-Canada Airlines.
De nombreuses années plus tard, celle-ci deviendra Air Canada. En 1939, les bureaux du ministère des Transports sont plongés
dans l'effervescence par les préparatifs de guerre. Le 9 avril
1940, le gouvernement crée le ministère des Munitions et
des Approvisionnements et place Howe à sa tête. Le défi
qui échoit à l'ingénieur devenu politicien est immense
: il doit galvaniser la population et l'industrie canadiennes pour subvenir
à l'ensemble des besoins matériels de la guerre. Grâce à la Loi sur les mesures de guerre, le ministère
des Munitions et des Approvisionnements bénéficie de pouvoirs
très étendus. Il contrôle l'allocation des matières
premières, les volumes de production, l'utilisation de la main-d'uvre
spécialisée et les marchés. Pour gérer l'immense
machine de production de guerre, Howe fait appel au patriotisme des meilleurs
chefs d'entreprise canadiens et leur demande d'offrir leurs services aux
ministères des Munitions et des Approvisionnements pour la durée
de la guerre, sans rétribution. Il s'entoure ainsi d'une équipe
de gestion incomparable qui comprend des hommes tels que E.P. Taylor et
W.C. Woodward. Howe n'échappe pas aux dangers de la guerre. En décembre
1940, le navire Western Prince est torpillé par un U-boot alors
qu'il traverse l'Atlantique Nord vers l'Angleterre. Howe, qui se rend
à Londres, est à bord du navire. Il prend place à
bord d'un canot de sauvetage et vit la fatigue et le froid de huit longues
heures d'attente sur la mer glacée. La peur d'être mitraillé
par le sous-marin qui fait surface près de son canot n'arrive pas
à ébranler la détermination de Howe, pas plus que
la crainte de périr noyé ou de mourir de froid. Après
avoir été rescapé par un navire marchand, il se dirige
immédiatement à Londres pour y reprendre le programme des
activités prévues. Le 13 octobre 1944, C.D. Howe se voit confier un nouveau portefeuille,
celui du ministère de la Reconstruction. Son rôle est alors
de réorganiser l'économie canadienne afin de redonner à
l'industrie son autonomie de libre entreprise, d'assurer l'emploi aux
militaires qui rentrent au pays et, d'une manière générale,
de maintenir la prospérité de la nation en temps de paix.
Il doit non seulement libérer l'industrie des contrôles du
gouvernement central mais aussi favoriser son passage vers la production
des biens de consommation qui contribueront au bien-être de la population
canadienne. Avec le retour de la paix, Howe est nommé ministre du Commerce,
un portefeuille qu'il conservera sous le gouvernement de Louis Saint-Laurent,
qui succède à Mackenzie King en 1948. Il demeure responsable
des programmes de production d'armements lors de la guerre de Corée
et au début de la guerre froide. En 1956, le financement de la construction d'un gazoduc transcanadien précipite Howe au centre d'un scandale politique. Tolérés en temps de guerre, le ton abrupt et l'attitude intransigeante de l'ancien « ministre de tout » ne sont plus de mise dans une démocratie parlementaire qui ne connaît plus l'urgence. Aux élections fédérales de 1957, le gouvernement libéral est défait et Howe perd son siège. Âgé de 70 ans, Howe se retire de la vie politique après 22 années sans interruption de loyaux services.
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| À suivre: Major-général
R.F.L. Keller |