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Eedson Louis Millard (Tommy) Burns, né
à Westmount (Québec) le 17
juin 1897, décédé à
Manotick (Ontario) le 13 septembre 1985.
Officier de l'Armée canadienne et
diplomate.
Le
lieutenant-général
E.L.M. Burns au quartier général
du 1er Corps canadien à
Larino (Italie), le 18 mars 1944. |
| Photo
par C.E. Nye. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-134178. |
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Quand la Première Guerre mondiale
commence, Tommy Burns est âgé
de dix-sept ans et fait son entrée
au Royal Military College de Kingston, en
Ontario. Il n'y reste que peu de temps :
muni d'un certificat de guerre spécial,
il quitte le collège en juin 1915,
dès qu'il atteint ses dix-huit ans,
pour s'enrôler dans le Corps royal
du Génie. Il s'embarque pour l'Angleterre
l'année suivante comme signaleur
et il est envoyé au front en août
1916. Au cours des années qui suivent,
Burns est blessé à deux reprises
et il reçoit la Military Cross pour
avoir tendu et réparé des
câbles de signalisation en dépit
du feu ennemi. À la fin des hostilités,
il est capitaine d'état-major rattaché
à la 12e Brigade d'infanterie.
Burns poursuit sa carrière militaire
dans le Corps royal de génie de la
Force permanente. Il gravit les échelons
de la hiérarchie militaire et, du
grade de capitaine, il est promu major en
1927, reçoit un brevet de lieutenant-colonel
en 1935 et nommé lieutenant-colonel
en 1939. Il complète sa formation
en suivant les cours de la School of Military
Engineering à Chatham (Angleterre)
en 1920-1921, du British Army Staff College
à Quetta (Inde) en 1928-1929 et de
l'Imperial Defence College de 1939 jusqu'à
la proclamation de l'état de guerre.
Pendant cette période de l'entre-deux-guerres,
Burns écrit de nombreux articles
publiés dans le Canadian Defence
Quarterly ou, sous le pseudonyme d'Arlington
B. Conway, dans l'American Mercury.
Il y traite de sujets comme l'entraînement
des soldats, la mobilité, la nécessité
de développer un véhicule
automobile rapide pour remplacer le cheval,
l'impossibilité de détruire
de grandes cités par les seuls bombardements
aériens, l'organization de l'infanterie
et des blindés. Quand les hostilités
commencent officiellement, en septembre
1939, Burns est perçu par ses supérieurs
comme un officier brillant, destiné
à un poste de haut commandement.
Dans les premiers mois de la guerre, Tommy
Burns remplit les fonctions d'officier d'état-major
général au Quartier général
de l'Armée canadienne outre-mer.
Il est promu colonel en mai 1940 et appelé
à Ottawa pour occuper le poste d'assistant
au chef adjoint de l'état-major général.
Il retourne en Angleterre en mai 1941 à
titre de brigadier d'état-major général
du 1er Corps canadien, un poste qu'il n'occupera
que quelques mois.
D'août 1941 à février
1942, Burns est attaché au Corps
blindé canadien comme officier d'administration.
On lui confie ensuite le commandement de
la 4e Division blindée canadienne,
qu'il avait lui-même contribué
à créer. Le 1er mai 1943,
Burns est promu major-général
et nommé commandant de la 2e Division
d'infanterie canadienne. Quelques mois plus
tard, le 30 janvier 1944, il reçoit
le commandement de la 5e Division blindée
canadienne.
La 5e Division blindée se trouve
alors engagée dans la campagne d'Italie
depuis près de dix semaines : ce
sera pour Burns sa première expérience
de commandement en situation de combat.
Une expérience qui s'avère
positive puisqu'il est nommé commandant
du 1er Corps canadien dès le 20 mars
1944. Burns dirige avec succès la
percée des lignes allemandes dans
la vallée de la Liri, en mai 1944,
quoique ses troupes subissent des pertes
élevées. Quelques mois plus
tard, en septembre 1944, le 1er Corps canadien
enfonce la Ligne gothique à Rimini,
un succès qui ouvre aux Alliés
les plaines du nord de l'Italie. Malgré
cela, Burns se voit critiqué pour
son caractère difficile et manque
de leadership. Le commandement du 1er Corps
canadien lui est enlevé le 5 novembre
1944. Il est alors transféré
aux troupes de l'arrière, comme officier
général commandant de la section
canadienne du Grand quartier général,
1er échelon, 21e Groupe d'armées.
Après la guerre, Burns est affecté
au ministère des Anciens combattants,
où il sera sous-ministre de 1950
à 1954. Puis, en 1954, on lui offre
le commandement de l'Organisme des Nations
Unies chargé de la surveillance de
la trêve (ONUST), une unité
de maintien de la paix en poste sur la frontière
israélo-arabe. Quand le conflit israélo-arabe
éclate en 1956, Burns prend le commandement
de la Force d'urgence des Nations Unies
(FUNU), une responsabilité qu'il
assumera jusqu'en 1959. L'année suivante,
Burns est nommé conseiller en désarmement
auprès du gouvernement canadien et
élevé au rang d'ambassadeur.
Tommy Burns était un homme brillant,
l'un des officiers canadiens les plus intelligents
de sa génération. Il est l'un
des rares généraux canadiens
à avoir sérieusement réfléchi
à la nature de sa profession et à
avoir abondamment publié sur des
sujets de stratégies et de tactiques.
C'était aussi un homme introverti,
austère et sans sourire, qui n'inspirait
guère ses hommes à le suivre
au combat.
« Depuis
1945, plusieurs généraux
à la retraite sont convaincus que
la civilisation occidentale pourrait être
presque totalement anéantie dans
l'éventualité d'une nouvelle
grande guerre. Si la guerre s'avère
dépassée pour le règlement
des disputes internationales, ne devrions
nous pas respecter l'ordonnance de Michée
: « une nation ne lèvera
pas l'épée contre une autre
nation, et on n'apprendra plus la guerre.»
Si c'était le cas, personne ne
devrait enseigner la guerre, ni contribuer
à l'enseigner. »
E.L.M. Burns,
General Mud, 1970
| Lectures
suggérées: |
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E. L. M. Burns, General
Mud: Memoirs of Two World Wars, 1970.
E. L. M. Burns, A Seat at
the Table; the Struggle for Disarmament,
1972.
E. L. M. Burns, Defence
in the Nuclear Age : An Introduction
for Canadians, c, 1976.
J.L. Granatstein, The Generals,
The Canadian Army's Senior Commanders
in the Second World War, 1993.
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