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Des véhicules amphibies Buffalo transportent les
troupes à travers l'Escaut vers Hoofdplaat, le 13 octobre
1944..
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| Photo par Donald
I. Grant. Ministère de la Défense nationale /
Archives nationales du Canada, PA-136754. |
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4 octobre 1944
Temps - humide et froid.
Tout le monde se sent beaucoup mieux après une bonne nuit de sommeil,
mais il semble qu'il manque encore huit autochenilles de notre convoi.
On les retrouve graduellement et elles sont réparées ou
remplies de carburant, selon les besoins.
Les préparatifs vont bon train pour la prochaine opération
et on nous présentera notre nouveau véhicule de débarquement
demain. Le Commandant, le lieutenant-colonel D.F. Forbes, et les commandants
de compagnies se sont rendus à un endroit prédéterminé
où ils ont examiné ces véhicules, que l'on appellera
désormais des Buffalo. L'entraînement commencera demain à
la cote 205860.
Il semble que nous devrons nous habituer à ce climat humide et
froid. Il est très semblable au climat de l'Angleterre en automne.
Le lieutenant H. Mackie et le sergent-major du régiment ont visité
le Tactical Air Force à Gand; ils ont obtenu une grande tente qui
nous sera très utile comme théâtre et ils ont présenté
de nouveau « Four Jills in a Jeep » , pour ceux
qui ne l'auraient pas encore vu. Le trésorier obtiendra de l'argent
belge pour que nous puissions changer nos francs français et acheter
quelques produits locaux.
5 octobre 1944
Temps - beau mais plutôt frais.
Le commandant en second à amené tous les sous-officiers
au canal, cote 205860, pour se familiariser avec les Buffalo. Ce sont
des véhicules assez frappants et ils semblent très performants.
Demain, les hommes se rendront tous au canal pour les essayer et se pratiquer
à monter à bord puis descendre.
Les hommes ont eu un spectacle dans la grande tente. Le voile de mystère
qui entoure la prochaine opération commence à se lever et
les choses commencent à prendre forme.
6 octobre 1944
Temps - beau et froid.
L'unité a marché jusqu'au canal pour s'entraîner
à bord des Buffalo et je crois que les hommes sont très
impressionnés par ce que ces machines peuvent accomplir. J'espère
que leur performance sera aussi bonne au débarquement qu'elle l'a
été à l'entraînement. Il semble que nous ferons
tout un voyage en Buffalo puisque nous nous embarquerons dans le secteur
d'entraînement.
7 octobre 1944
Temps - beau et frais.
Tout le monde se prépare à partir pour le point d'embarquement.
Nous étions tous à bord et prêts à partir à
19h30. Tout s'est déroulé comme prévu et c'était
très impressionnant de voir tous les véhicules alignés
en une longue procession qui s'avançait vers le canal. Quand la
noirceur est tombée, on a allumé les feux de position pour
qu'ils servent de guide. Vers 22h00, des fusées éclairantes
ont été vues plus loin sur le canal et nous avons commencé
à nous demander s'ils avaient éventé notre plan.
Le Commandant se trouvait à bord du véhicule du commandant
des Buffalo et l'autochenille du poste de commandement voyageait avec
le bureau des renseignements, dans la première vague de véhicules
terrestres. Nous avons traversé les écluses à la
cote 2596, feuille numéro 23, et nous avons ensuite reçu
l'ordre de nous arrêter pour attendre de nouveaux ordres. On nous
a bientôt dit d'avancer et, à la cote 2804, le véhicule
du poste de commandement s'est enlisé dans un banc de sable. L'équipage
s'est affairé à le dégager toute la nuit, mais c'était
sans espoir. On nous a informés plus tard que l'opération
s'était embourbée et qu'elle était annulée.
De toute évidence, notre véhicule n'était pas le
seul à être resté pris.
8 octobre 1944
Temps - beau et frais.
Toute la force de débarquement rassemblée dans ce secteur
effectue les réparations et prend les mesures nécessaires
pour un nouveau départ, prévu pour ce soir. Il y a un travail
considérable à faire sur les véhicules. C'était
plutôt drôle ce matin quand nous avons pris des arrangements
pour faire dégager le véhicule du poste de commandement
de son banc de sable. Un Hollandais s'est présenté dans
une chaloupe à rames et nous a dit qu'il avait un bateau à
moteur qui pourrait nous tirer de là. Vingt minutes plus tard,
il était de retour avec un grand chaland qui faisait près
de 200 pieds de longueur. C'était tout un spectacle de le voir
manuvrer ce vaisseau. Ça ne lui a certainement pas pris beaucoup
de temps pour nous dégager du banc de sable, et nous avons pu nous
rendre au point où les autres véhicules avaient accosté.
L'équipe de réparations a travaillé toute la journée
et, quand la noirceur est tombée, la flottille était prête
pour entrer en action. Le Commandant a convoqué un rassemblement
pour donner les ordres et nous sommes montés à bord pour
prendre un nouveau départ à 22h40. Le voyage sur le canal
et dans l'estuaire a été très tranquille. Il faisait
plutôt froid, c'était sinistre.
9 octobre 1944
Temps - clair et frais.
Comme nous approchions de la plage devant nous, l'artillerie a marqué
les points de débarquement par des obus rouges. Les obus traçants
se croisaient dans la noirceur et, quelques centaines de verges à
l'intérieur des terres, une meule de foin ou une grange brûlait.
La compagnie B a touché terre sur la droite, cote 188148, la compagnie
C au centre, cote 192145, et la compagnie D à gauche, cote 197140.
La première vague de véhicules a atterri quinze minutes
après les troupes. En un rien de temps, la plage s'est mise à
bourdonner d'activité. Leurs gros moteurs rugissants, les grands
monstres amphibies rampaient comme de grands reptiles marins, enjambant
la digue et crachant le feu par leurs tuyaux d'échappement. Dans
tout ce vacarme, pas un obus n'est tombé dans notre secteur, quoique
le Highland Light Infantry of Canada en a reçu un peu de son côté.
La compagnie D a pris 9 prisonniers dans une tranchée qui se trouvait
sur son premier objectif.
L'autochenille du poste de commandement a rejoint le Commandant qui était
venu à pied sur la rive avec les compagnies, cote 192145. La compagnie
A, qui était de réserve, a débarqué et a poussé
jusqu'à la cote 185138. Les compagnies ont vite atteint leurs objectifs
et ont subi de pertes. Le capitaine J. Graves de la compagnie B a été
blessé et évacué. Le poste de commandement s'est
déplacé vers une ferme à la cote 194138. Nous venions
juste d'arriver dans ce secteur quand les Boches ont décidé
que c'était leur tour et ils ont commencé à nous
bombarder avec tous les obus qu'ils pouvaient trouver. Ils ont presque
démoli le Poste de secours régimentaire à la cote
198138. Les Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders ont débarqué
à la cote 188148 et ont avancé sur Hoofdplaat à la
cote 1615. La compagnie A s'est étendue pour occuper la ferme à
la cote 179142. La compagnie C a avancé le long de la digue jusqu'à
la cote 165144. La compagnie B a occupé la digue à la croisée
des routes 187131.
Depuis notre arrivée à terre, les Boches ont tenté
de nombreuses mais petites contre-attaques et ils ont subi beaucoup de
pertes. Dans un cas, la compagnie A a aperçu environ 150 soldats
ennemis équipés de deux véhicules et d'un canon d'infanterie.
Ils avançaient sur la route dans le secteur 187132. L'artillerie
a été appelée et un des véhicules a été
touché : l'attaque était définitivement brisée.
Les compagnies se sont bien retranchées mais le pilonnage d'artillerie
est resté assez dense. La plage a reçu une méchante
raclée.
10 octobre 1944
Temps - beau et frais.
Pilonnage d'artillerie assez intensif pendant toute la nuit. La compagnie
D a avancé pour occuper la ferme à la cote 174137, feuille
numéro 22. La compagnie A a occupé les fermes aux cotes
169129 et 173131. La compagnie C essuie un feu d'artillerie provenant
de canons de gros calibre qui semblent connaître exactement leur
position.
Les rations de rhum arrivent régulièrement et sont très
appréciées. Aujourd'hui, l'officier des transmissions est
venu à terre avec du personnel de secours. Les opérateurs
ont fait du très bon boulot.
L'Artillerie reste très occupée et ce combat de digue à
digue s'avère très différent de ce que nous avons
connu jusqu'ici. Il semble que l'ennemi est ici d'un type bien meilleur
que ce que nous avons rencontré ces derniers temps. Le lieutenant
Irving a été blessé aujourd'hui.
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