Les
North Nova Scotia Highlanders
et le Highland Light Infantry
of Canada descendent du LCI (L)
299 à Bernières,
le 6 juin 1944. On croyait que
les bicyclettes permettraient
aux soldats d'avancer rapidement
sur les chemins de campagne mais
ceux-ci ont trouvé qu'elles
faisaient d'eux des cibles trop
faciles. |
| Photo
par Frank L. Dubervill. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-122765. |
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Samedi, 3 juin 1944
Temps : clair et chaud.
Le petit déjeuner pour les groupes
en transit (séries 1713, 1714, 1716)
a été servi à 1h00.
Il était bon. Nous avons finalement
atteint le point de départ à
2h45 et nous sommes arrivé à
notre « box » près
du quai à 4h15; nous y sommes restés
jusqu'à 6h45, quand on nous a appelé
pour l'embarquement. Nous nous sommes embarqués
à Stokes Bay au quai G 1, qui nous
était maintenant familier. Nous avons
reçu des Rations composées
pour six jours. Elles contiennent même
du pain cette fois. C'était bon de
savoir que nous partions enfin pour accomplir
la tâche pour laquelle nous avons
attendu si longtemps. Je me suis demandé
ce qui se passait dans la tête des
autres. Les hommes de tous grades prenaient
courage, mais j'imagine qu'un sentiment
de bonne vieille nostalgie les touchait
tous; nous nous sommes attachés à
l'Angleterre ces dernières années
et, maintenant, nous nous sentons unis à
la petite île par des liens très
forts - nous serons de retour bientôt.
Tout ce que nous espérons, c'est
qu'il fasse beau et que l'opération
ne soit pas remise à plus tard. Nous
nous trouvons maintenant dans les eaux de
Southampton, en face de NETLEY. Les groupes
s'embarquent sur les navires de débarquement
(Landing Craft Infantry (Large)) cet après-midi,
à Southampton.
Dimanche, 4 juin
1944
Temps : clair et venteux.
Il vente terriblement ce matin. Nous sommes
amarrés à deux navires de
débarquement de chars. Le Padre se
trouve sur l'un deux et il a donné
un service religieux à 10h30, sur
la plage arrière du navire du milieu.
C'était un service facultatif, très
beau et suivi de la sainte communion. Les
catholiques romains ont célébré
leur messe à l'avant du navire. Cet
après-midi, le bulletin de bord a
été publié par le caporal
D. Baker et le caporal D. Lynk. Il est très
bien fait, comme on peut le juger à
l'exemplaire mis en annexe. Le capitaine
et l'équipage de ce navire font preuve
d'une hospitalité extraordinaire.
Le capitaine est le sous-lieutenant H.B.
Stubbs et son numéro 1 est l'enseigne
C.S. Baker. Une rafale de pluie a soufflé
à 20h00 environ et ça regarde
mal du côté météo.
Lundi, 5 juin 1944
Temps : clair et frais.
Nous avons eu le plaisir d'un matin tranquille
sur notre navire. À 14h00, la flottille
est sortie vers le large pour se mettre
en position avec les autres navires qui
participent à l'invasion. Les types
variés et le nombre total de navires
sont absolument extraordinaires. Nous pouvons
dire sans nous tromper que pareil spectacle
n'a jamais été vu auparavant
dans le monde. À 16h00, les sacs
de sable qui contiennent les cartes sont
ouverts et les vraies cartes de l'invasion
sont distribuées. Ces cartes ont
été émises aux commandants
de séries avant l'embarquement et
sont restées scellées jusqu'à
16h00.
Mardi, 6 juin 1944
Temps : clair et chaud.
À 6h30, tous les postes radio étaient
à l'écoute pour que notre
Bataillon soit informé des progrès
des bataillons d'assaut. À 8h04,
les compagnies avancées de la 7e
et de la 8e Brigades d'infanterie mettaient
pied à terre. À 9h29, nous
avons été informés
par la 7e Brigade canadienne d'infanterie
que l'opération se déroulait
comme prévu sur leur front. À
11h00, nous avons reçu l'ordre de
débarquer au milieu de la 8e Brigade
canadienne d'infanterie, comme prévu.
À 11h40, les troupes du navire de
débarquement LCI(L) ont touché
la plage NAN WHITE, ST BERNIERES, point
de référence 9985, carte 7E/5,
et ont signalé « NAGA ».
À 12h35, après plusieurs amerrissages
et après avoir trouvé la plage
bloquée par les navires de la 8e
Brigade canadienne d'infanterie, nous avons
réussi à débarquer.
Les seules pertes ont été
une autochenille de mortiers et son équipage,
qui ont sauté sur une mine après
avoir touché terre.
À 14h00, toutes nos troupes étaient
à terre, mais comme la 8e Brigade
canadienne d'infanterie n'avait pas pu avancer
aussi facilement qu'elle le croyait, nous
n'avons pas pu passer à travers la
ville et nous n'avons pas pu nous rassembler
à « ELDER » près
de BÉNY-SUR-MER comme prévu;
l'officier commandant a décidé
de rassembler le bataillon dans un champ,
point de référence 993845.
À 16h05, le bataillon pouvait avancer
vers « ELDER » et il y est arrivé
à 16h44, après avoir contourné
la 8e Brigade canadienne d'infanterie. Nous
venions juste d'arriver à ce point
de rassemblement quand nous avons subi un
feu d'obus et de mortiers qui a causé
cinq pertes, deux morts et trois blessés.
Le Brigadier nous a alors dit de nous déplacer
aussitôt que nous serions prêts.
L'officier commandant nous a donné
l'ordre de départ à 18h20
et le Bataillon s'est mis en marche tel
que prévu, dans l'ordre suivant :
les troupes de reconnaissance du 27e Régiment
blindé canadien formait un écran,
suivi du peloton d'autochenilles sous le
commandement du capitaine E.S. Gray, chaque
section transportant un peloton de la compagnie
C; suivait un peloton de mitrailleuses,
une troupe de M 10, deux sections d'assaut
de pionniers et quatre détachements
de nos canons antichars. Ceci composait
l'avant-garde sous le commandement du major
J.D. Learment. La compagnie A était
sur la droite de l'axe sur les chars de
l'escadron A, la compagnie B était
sur la gauche sur les chars de l'escadron
B et la compagnie D sur les chars de l'escadron
C, ces derniers formant l'arrière
sur l'axe principal. Le poste de commandement
suivait l'avant-garde, le quartier général
du bataillon et la compagnie de support
étant avec la compagnie D. L'objectif
: l'aéroport de Carpiquet. À
cause des difficultés éprouvées
par la 8e Brigade canadienne d'infanterie
à déloger l'ennemi et comme
le temps passait, il a été
décidé de passer à
travers son front avant qu'elle ne consolide
son objectif, pour ensuite continuer sur
notre axe.
L'avant-garde n'a pas rencontré
d'opposition sérieuse avant d'atteindre
VILLONS-LES-BUISSONS, où elle a transmis
le mot de code « DORIS ».
En revanche, la compagnie A et l'escadron
A de chars ont été pris dans
un combat à COLOMBY-SUR-THAON. Cela
n'a pas duré longtemps, mais ils
ont été retardés, ainsi
que la compagnie D qui venait derrière
eux avec l'escadron de chars C. Il était
évident à ce moment que le
bataillon ne pourrait atteindre son objectif
avant la noirceur, et les autorités
supérieures nous ont ordonné
de ne pas dépasser la ligne « DORIS
», la croisée de chemins au
point de référence 007777,
carte 7F/1, mais plutôt de nous retrancher
où nous étions pour former
une base solide pendant qu'il faisait encore
jour. Comme l'avant-garde disputait déjà
VILLONS-LES-BUISSONS, enlevant trois nids
de mitrailleuses et tuant presque toutes
leurs équipes, s'emparant d'armes
et de prisonniers, l'officier commandant
a décidé de serrer les rangs
du bataillon et de se consolider de part
et d'autre de la croisée de la route
ANISY-LES-BUISSONS - CAEN. L'avant-garde,
se trouvant de part et d'autre de la route
de CAEN, s'est retranchée et a envoyé
des patrouilles à ANISY et à
VILLONS-LES-BUISSONS. La compagnie B et
les chars de l'escadron B sont arrivés
une demi-heure plus tard et se sont retranchés
sur le flanc gauche, de part et d'autre
de la route d'ANISY.
Pertes pour aujourd'hui
:
| Tués
- |
4 autres grades.
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| Blessés
- |
6 autres grades
|
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