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Témoignage personnel de combat, dimanche 11 juin 1944, |
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J'écris ceci à la demande de mon chef d'escadron afin de
fournir des renseignements possibles sur des individus portés disparus
et à des fins d'information tactique et technique. Je ne prétends
aucunement faire une critique de ce qui s'est passé ou essayer
de trouver des excuses. Je veux aussi souligner que je ne connaissais
rien de la situation générale, que je n'ai été
témoin que d'une petite partie du combat et que je me trouvais
passablement épuisé et énervé quand j'ai quitté
mon char, en sorte que je ne rapporte que peu d'informations utiles. Je n'avais plus de char au jour du débarquement et n'en ai plus
eu avant le vendredi 9 juin lorsque j'ai été intégré
à un équipage formé des soldats HUCKELL chauffeur,
et TIMPNEY, copilote; du sergent JOHNSTONE, mitrailleur, et du capitaine
RH HARRISON, commandant. Notre char était un Sherman 4A2 diesel
avec blindage sur une partie des supports à munitions. Étant
au poste d'observation pour le capitaine Harrison, j'étais observateur
contrôle pour l'escadron et j'ai passé la plus grande partie
de la journée de vendredi à mettre les radios des chars
sur la fréquence de l'escadron, avec possibilité de passer
sur la fréquence du régiment. Il y avait en tout 21 chars
sur le réseau : cinq groupes de trois chars chacun et six sur la
fréquence du QG; deux des chars sur la fréquence QG étaient
aussi sur la fréquence du régiment et, en actionnant une
touche, on pouvait passer sur la fréquence de l'escadron. Beaucoup
des gars aux postes d'observateurs étaient des recrues venues en
renfort, je ne connaissais pas la plupart d'entre eux. La mise en réseau
m'a donné pas mal de problèmes. J'ai eu d'autres difficultés
samedi matin quand je l'ai vérifiée et je n'ai pas fait
de liste des observateurs comme d'habitude. On s'était déplacé
dans la nuit et la plupart d'entre nous n'avaient dormi qu'une heure. Le matin, on nous a appris qu'on se mettrait en marche à 1100
dimanche 11 juin. L'assaut, prévu à l'origine pour le 12,
avait été soudain avancé par le haut commandement
et cela ne laissait pas de temps pour un briefing des équipages,
et très peu pour que les officiers puissent se faire une idée
d'ensemble. J'avais l'impression qu'il devait s'agir d'une attaque sans
histoire à l'obus explosif contre l'artillerie. J'étais
en liaison radio avec un officier d'artillerie avant qu'on se mette en
marche; son indicatif codé devait être « Old Abel ».
On s'est mis en marche et je me suis aperçu par la suite qu'on
avait recueilli des gars de l'infanterie, des Queen's Own Rifles. Ça
a pris pas mal de temps et la transmission radio était brouillée
par quelqu'un qui demandait SUN-RAY (le capitaine Harrison, qui avait
quitté le char pendant qu'on recueillait les gars de l'infanterie).
Il y avait aussi un autre char qui demandait tout le temps d'être
remis en réseau; il aurait eu le temps de mettre en réseau
une douzaine de postes pendant tout ce temps, alors finalement je lui
ai demandé de quitter et de se la fermer. Il l'était, en
réseau, à ce moment-là, comme tous les autres postes.
On s'est finalement remis en route. J'ai vu un char hors combat en travers
d'une route comme on approchait d'une ville. Le capitaine Harrison donna
ordre d'accélérer. Je pouvais entendre des tirs de mitrailleuse
allemande, mais il était impossible de la localiser à partir
des messages radio. Notre char a tiré des obus explosifs et des
salves de mitrailleuse co-axiale contre des meules de foin et autres positions
possibles, des haies, etc. Nos communications sur le poste B avec le commandement
du régiment RL étaient bonnes. Il nous a demandé
plusieurs fois nos positions avec les mots de codes « strawberry
» et « raspberry ». Je devinais qu'il devait être
proche de notre char et je me demandais pourquoi il ne pouvait pas lui-même
donner notre position sur la fréquence du régiment sans
déranger le capitaine Harrison. Mais je ne connaissais pas le plan
de l'opération et n'avais pas le temps de regarder la carte. Peu après, notre char s'est retrouvé dans un champ de ce
qui ressemblait à du trèfle rouge. Je pouvais moi-même
apercevoir pas mal d'Allemands par le périscope; on a tiré
des salves de mitrailleuse co-axiale et des obus explosifs en entrant
dans un verger. Il semblait y avoir beaucoup de fantassins ennemis dans
ce secteur. En très peu de temps, on a tiré presque la moitié
de nos munitions Browning; le support derrière le copilote a été
vidé et celui à gauche du chauffeur aussi. On a tiré
des obus explosifs dans des tranchées; parfois, il fallait reculer
le char pour donner assez de jeu vers le bas au canon de 75. Deux fois
on est tombé à court d'obus explosifs pour la tourelle et
le capitaine nous a ordonné de tirer un obus anti-blindage dans
la tranchée qui n'était pas à 15 verges. Le copilote
m'a passé les munitions placées derrière son siège;
celles sur le support à gauche du chauffeur, je les ai prises moi-même,
ce qui n'a pas été sans peine, parce que pendant ce temps
je devais laisser ma main sur la mitrailleuse co-axiale parce que le clapet
ne voulait pas rester baissé. Une fois, j'ai tiré moi-même
avec la co-axiale parce que je voyais un Allemand devant nous et que le
mitrailleur ne le voyait pas. J'ai aussi tiré avec la co-axiale
pour terminer une cartouchière parce qu'il restait moins de dix
balles dessus. Souvent la mitrailleuse devenait si chaude qu'elle tirait
toute seule. [page manquante] Pendant ce temps-là, le capitaine Harrison avait lancé
toutes nos grenades. Parfois il se penchait à moitié hors
de la tourelle pour faire ça. Autant que je me souvienne, il a
lancé 12 grenades de 36 et 11 grenades fumigènes de 77.
Quand il n'est plus resté de grenades de 36, j'ai tenu les grenades
fumigènes prêtes pour les lui passer, et j'avais encore la
dernière dans ma poche quand j'ai sauté en bas du char par
la suite. On a reçu un message sur le poste B disant qu'on rapportait
des chars ennemis dans le secteur. Je ne pouvais pas poser la question
moi-même à ce moment-là et je ne sais pas si le capitaine
l'a fait ou s'il a même entendu le message. Je me suis occupé
du poste B jusqu'à ce que le combat commence, mais le capitaine
a répondu à certains des appels lui-même. On recevait
des messages sur le poste A également. Pendant une pause, le capitaine
a essayé d'identifier les chars près de lui en demandant
à un de se déplacer pour qu'il puisse le reconnaître.
J'en ai conclu que le char sur la fréquence du QG devait être
tout près de nous; il n'y avait pas de marques sur les chars (B1
- B2 - etc.). C'est peu après que le capitaine Harrison a été
atteint. Le sang coulait le long de son visage mais il ne semblait pas
possible qu'il soit gravement blessé à ce moment-là,
sa tête étant presque entièrement à l'intérieur
de la tourelle. J'ai sorti un bandage de premiers soins de ma poche avant
et le sergent Johnstone, le mitrailleur, a dit « Accélère,
Huckell, suis le char qui est devant nous tant que je ne te dis pas autrement
» . Il s'est alors retourné comme s'il avait voulu
changer de place avec le capitaine mais le capitaine a saisi son micro
et repris le commandement. On a avancé encore de quelques centaines
de pieds. J'étais à genoux sur le plancher en train de réorganiser
les munitions quand le char a été frappé. L'écoutille
du chauffeur a été arrachée et le canon de 75 aussi
: le frein a tremblé violemment et a plongé. Le sergent
Johnstone a crié « Sortez! » ; le capitaine
a jeté un coup d'il hésitant vers le ciel puis tous
les deux avaient disparus. Je n'ai plus jamais revu le capitaine (il est
toujours porté disparu). Je n'ai pas revu le sergent Johnstone
avant plusieurs jours. Il est revenu avec nous maintenant et donnera son
témoignage des événements. Pas pressé de sauter
en bas de la tourelle au milieu du tir des mitrailleuses ennemies, j'ai
dit « Ouvre l'écoutille de secours »
et j'ai passé à Timps, le copilote, un marteau de la boîte
à outils du mitrailleur. Quand on a réussi à l'ouvrir,
le char semblait rouler à reculons et Huckell vira pour débrayer.
À ce moment-là, il y a eu deux chocs rapprochés contre
les chenilles et des étincelles dans l'écoutille de secours.
Je suis monté à la tourelle le plus rapidement possible
et j'ai sauté en bas. J'ai couru 20 verges jusque dans des buissons.
Je n'ai plus vu ou entendu parler de Huckell jusqu'à ce qu'on le
retrouve mort à côté du char quelques jours plus tard.
De mes broussailles, j'ai jeté un coup d'il à travers
une haie et j'ai aperçu un soldat allemand à environ cinquante
verges; il avait un fusil et semblait prêt à tout. J'ai retraité
sous le couvert des broussailles, je me suis déplacé de
quelques pieds et je me suis couché à plat ventre. Trois
coups sont passés au-dessus de ma tête, mais aucun vraiment
près. En regardant dans l'autre direction, j'ai vu deux de nos
gars à côté d'un des chars qui brûlait. J'ai
couru les 15 verges qui me séparaient d'eux et je me suis accroupi
à côté. L'un était Timps qui était sorti
par l'écoutille de secours, l'autre un officier que je ne connaissais
pas. Il était blessé à l'épaule gauche, d'un
ou deux coups de feu apparemment, mais il semblait capable de ramper.
Environ 50 verges plus loin sur la route, il y avait un autre de nos chars,
également en flammes. Tous les trois, nous avons rampé jusque
là. Près de l'autre char, tout contre une haie, se trouvaient
les soldats Loucks, Silverburg et Hancock, de l'équipage du capitaine
Smuck. Hancock semblait indemne; Loucks avait été brûlé
au cou, à la tête et aux mains et semblait en état
de choc; les vêtements de Silverburg brûlaient encore et nous
les avons éteints rapidement. Deux ou trois Allemands sont apparus
dans le champ à 100 verges de nous, à la lisière
d'un vieux verger. À 40 ou 50 verges plus loin sur la route, il
y avait encore un de nos chars en flammes. Tous les trois, on a entrepris
de nous rendre jusque là en rampant. Il y avait des paquetages
canadiens sur la route, des mitraillettes Bren mais pas de chargeurs.
J'ai trouvé deux grenades et l'officier une. J'ai pensé
un instant prendre un pistolet Verey mais finalement je l'ai laissé
pensant qu'il ne me servirait pas à grand chose. De nous six, Timps
était le seul qui ait quelque chose pour se couvrir, un béret.
L'officier était le seul qui avait une arme, un pistolet. On s'est
approchés du char que Hancock a atteint en courant à moitié
accroupi. Je ne l'ai plus jamais revu. Il a été trouvé mort
quelques jours plus tard. L'officier et moi, on s'est cachés sous
le char. On pouvait entendre des Allemands qui franchissaient la haie
et quittaient le champ; ils montaient sur le char en criant et en jacassant.
Jetant un coup d'il sur la route, j'ai pu apercevoir un Allemand
qui se tenait à côté du char que nous venions de quitter.
Il se penchait pour essayer de distinguer ce qui se trouvait sous le char
où nous étions. Je n'ai plus revu Loucks ou Silverburg.
Je ne sais pas s'ils avaient quitté le char avec nous, mais je
ne les voyais plus quand je regardais en arrière. Depuis, Loucks
a été retrouvé mort et Silverburg a été
porté disparu. Tous deux étaient en mauvaise condition mais
capables de se déplacer par eux-mêmes. Le char sous lequel on s'était cachés était en flammes
: il y avait des Allemands dessus. J'ai lancé une grenade de l'avant
du char, en sorte qu'elle tombe dans la haie le long du véhicule.
Les cris ont cessé puis ont recommencé. Alors, l'officier
s'est couché sur le dos à l'arrière du char et a
tiré la goupille de la grenade, ce qui a représenté
des efforts et une douleur terribles à cause de sa blessure à
l'épaule. Il a réussi à l'enlever et à lancer
sa grenade de la même manière que j'avais lancé la
mienne, mais de l'arrière du char cette fois-ci. À nouveau,
les cris ont cessé et, pendant un moment tout ce qu'on entendait
c'était les munitions à l'intérieur du char qui sautaient.
Mais les cris ont repris et un Allemand s'est dirigé vers nous.
L'officier a pris son pistolet et m'a dit « Rends-toi, mon
gars » . J'ai répondu « non »
et j'ai rampé à travers la haie. Ensuite, j'ai couru sur
la route, traversé une autre haie à ma droite. Je n'ai plus
revu de gars de l'escadron B ce jour-là. L'officier que j'ai mentionné
était blond avec une moustache; il mesurait à peu près
cinq pieds et dix pouces et était pas mal costaud. On n'avait pas
le temps de nous dire nos noms et je ne sais toujours pas qui il était. En traversant la haie, j'ai abouti dans un pâturage et j'ai vu
un Allemand à moins de 40 verges de moi avec une carabine. J'ai
fait demi-tour à gauche et me suis caché dans un buisson
et j'ai creusé comme un lapin. Plusieurs coups de feu sont passés
près de moi; je me suis arrêté et je suis resté
à plat ventre. D'autres coups de feu ont pénétré
dans les broussailles en effleurant des feuilles à quelques pieds
de moi, l'Allemand visait là où il lui semblait que je me
trouvais. Comme j'étais à bout de souffle et qu'il était
cinq heures de l'après-midi à ma montre, j'ai décidé
de rester là jusqu'à la tombée de la nuit. Il y avait des Allemands tout près. Je pouvais les entendre parler
et crier; un d'eux grognait comme s'il avait été blessé.
Après quelques moments, un d'entre eux a commencé à
gueuler quelque chose aux autres qui étaient restés près
de la route. Il répétait le mot « Englander
» , je me suis dit qu'il m'avait aperçu dans les broussailles
et que, ou bien il n'avait pas d'arme, ou bien il croyait que j'étais
mort et il appelait les autres. En me redressant un peu, j'ai pu voir
que j'avais rampé presque jusqu'au bord du bosquet de broussailles.
Quelque chose m'a dit que je devrais continuer et c'est ce que j'ai fait.
J'ai entendu d'autres coups de feu mais aucun n'était proche. J'ai
traversé plusieurs haies, des pâturages, etc., restant caché
du mieux possible, même si des fois, j'ai dû courir en terrain
découvert. Je me suis souvenu que j'avais gardé une petite boussole qui était
dans ma trousse de secours quand elle s'est ouverte après avoir
été dans l'eau de mer le jour du débarquement. Ça
m'a permis de me diriger vers le nord. J'ai traversé une autre
route où il y avait un Allemand à quelques 100 verges plus
loin, à ma gauche. Il m'a vu lorsque j'ai quitté le couvert
mais j'ai traversé rapidement et j'ai escaladé le remblai
de l'autre côté puis traversé la haie. Ça a
été un moment très difficile, la haie était
dense et je n'ai pas pu la franchir rapidement. Mais je devais être
hors de sa vue puisque les deux coups qu'il a tirés ne m'ont pas
atteint. C'est le dernier Allemand que j'ai vu. J'ai couru, puis marché encore un peu, en essayant de repérer
ma position par rapport à celle de l'ennemi d'après le bruit
confus des tirs de mitrailleuse que j'entendais. Deux obus fumigènes
de l'artillerie sont tombés devant moi venant de ma droite. J'ai
passé la carcasse noircie d'un avion dans un champ et j'ai aperçu
au loin trois civils qui m'ont regardé curieusement quand je leur
ai fait un signe de la main. Puis j'ai continué. J'ai croisé
un camion canadien de trois tonnes chargé de mines antichar. Il
y avait une pile de mines à côté comme si on avait
commencé à le décharger. Il brûlait et les
flammes s'élevaient à 20 pieds dans les airs. Ensuite, j'ai tourné à droite le long d'un champ où
il y avait plusieurs vaches mortes et j'ai atteint une route et un passage
à niveau. À ma gauche, il y avait un viaduc et un panneau
indiquait « 71 » en gros chiffres. J'ai suivi
la route et vu beaucoup de matériel anglais, mais il ne semblait
y avoir personne. J'allais prendre une autre route à droite quand
j'ai entendu un bruit de pas pesants au loin. J'ai décidé
de rester sur la route principale. J'ai vu un Allemand mort au milieu
de la route et finalement j'ai rencontré un civil qui travaillait
dans un jardin. Après des efforts pour me faire comprendre en français,
j'ai eu de l'eau à boire et me suis lavé le visage aussi.
Finalement, j'ai trouvé des Sherman incendiés à
gauche de la route, mais il y avait aussi trois chars en bon état,
apparemment en service de garde. Ils ont tourné leurs tourelles
vers moi mais je leur ai montré mon livret militaire et j'ai brandi
un mouchoir en m'approchant d'eux. Je me suis approché de l'un
deux et j'ai parlé au commandant (il ne voulait pas se mettre à
découvert du tout et on ne voyait que le dessus de son crâne).
Il m'a indiqué des soldats canadiens dans un champ non loin de
là. Je m'y suis rendu à travers un cordon de mines antichar
et, dans un verger, j'ai trouvé un groupe d'artilleurs antichars
de la 3e Division. Ils m'ont donné du canard à manger et
l'officier a essayé de localiser avec le Slidex sur TSF le 6e Régiment
canadien de blindés, mais sans succès. Ils m'ont donné
un casque d'acier et au bout d'une heure ils m'ont reconduit en jeep à
leur QG de brigade. J'ai alors été remis à un capitaine
des Winnipeg Rifles, qui m'a envoyé trouver l'officier commandant
le 27e Régiment canadien de blindés. Il était dans
une voiture d'éclaireur et il allait retrouver le 6e Régiment,
là ou il croyait qu'il se trouvait. On a roulé de nuit et
je n'ai aucune idée par où nous sommes passés. On
a finalement rejoint le secteur du 10e Régiment de blindés.
Le médecin chef et les infirmiers m'ont donné à manger
et m'ont passé une couverture et une housse anti-gaz; je me suis
creusé une petite tranchée peu profonde et j'ai dormi toute
la nuit. Le lendemain, le sergent-major du 10e Régiment m'a laissé
à l'échelon du 6e Régiment à PIEREPORT. Autant
que je sois capable de le reconstituer sur une carte, j'ai marché
depuis un point au sud-est de LE MESNIL PATRY et j'ai traversé
le chemin de fer à la gare au nord de NORREY EN BESSIN. Signé AO Dodds |
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| À suivre: Le
drapeau canadien en Normandie |