Un
char Sherman du 1st Hussars en
Normandie, le 28 juin 1944. |
| Photo
par Ken Bell. Ministère
de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada,
PA-131777. |
|
J'écris ceci à la demande
de mon chef d'escadron afin de fournir des
renseignements possibles sur des individus
portés disparus et à des fins
d'information tactique et technique. Je
ne prétends aucunement faire une
critique de ce qui s'est passé ou
essayer de trouver des excuses. Je veux
aussi souligner que je ne connaissais rien
de la situation générale,
que je n'ai été témoin
que d'une petite partie du combat et que
je me trouvais passablement épuisé
et énervé quand j'ai quitté
mon char, en sorte que je ne rapporte que
peu d'informations utiles.
Je n'avais plus de char au jour du débarquement
et n'en ai plus eu avant le vendredi 9 juin
lorsque j'ai été intégré
à un équipage formé
des soldats HUCKELL chauffeur, et TIMPNEY,
copilote; du sergent JOHNSTONE, mitrailleur,
et du capitaine RH HARRISON, commandant.
Notre char était un Sherman 4A2 diesel
avec blindage sur une partie des supports
à munitions. Étant au poste
d'observation pour le capitaine Harrison,
j'étais observateur contrôle
pour l'escadron et j'ai passé la
plus grande partie de la journée
de vendredi à mettre les radios des
chars sur la fréquence de l'escadron,
avec possibilité de passer sur la
fréquence du régiment. Il
y avait en tout 21 chars sur le réseau
: cinq groupes de trois chars chacun et
six sur la fréquence du QG; deux
des chars sur la fréquence QG étaient
aussi sur la fréquence du régiment
et, en actionnant une touche, on pouvait
passer sur la fréquence de l'escadron.
Beaucoup des gars aux postes d'observateurs
étaient des recrues venues en renfort,
je ne connaissais pas la plupart d'entre
eux. La mise en réseau m'a donné
pas mal de problèmes. J'ai eu d'autres
difficultés samedi matin quand je
l'ai vérifiée et je n'ai pas
fait de liste des observateurs comme d'habitude.
On s'était déplacé
dans la nuit et la plupart d'entre nous
n'avaient dormi qu'une heure.
Le matin, on nous a appris qu'on se mettrait
en marche à 1100 dimanche 11 juin.
L'assaut, prévu à l'origine
pour le 12, avait été soudain
avancé par le haut commandement et
cela ne laissait pas de temps pour un briefing
des équipages, et très peu
pour que les officiers puissent se faire
une idée d'ensemble. J'avais l'impression
qu'il devait s'agir d'une attaque sans histoire
à l'obus explosif contre l'artillerie.
J'étais en liaison radio avec un
officier d'artillerie avant qu'on se mette
en marche; son indicatif codé devait
être « Old Abel ».
On s'est mis en marche et je me suis aperçu
par la suite qu'on avait recueilli des gars
de l'infanterie, des Queen's Own Rifles.
Ça a pris pas mal de temps et la
transmission radio était brouillée
par quelqu'un qui demandait SUN-RAY (le
capitaine Harrison, qui avait quitté
le char pendant qu'on recueillait les gars
de l'infanterie). Il y avait aussi un autre
char qui demandait tout le temps d'être
remis en réseau; il aurait eu le
temps de mettre en réseau une douzaine
de postes pendant tout ce temps, alors finalement
je lui ai demandé de quitter et de
se la fermer. Il l'était, en réseau,
à ce moment-là, comme tous
les autres postes. On s'est finalement remis
en route. J'ai vu un char hors combat en
travers d'une route comme on approchait
d'une ville. Le capitaine Harrison donna
ordre d'accélérer. Je pouvais
entendre des tirs de mitrailleuse allemande,
mais il était impossible de la localiser
à partir des messages radio. Notre
char a tiré des obus explosifs et
des salves de mitrailleuse co-axiale contre
des meules de foin et autres positions possibles,
des haies, etc. Nos communications sur le
poste B avec le commandement du régiment
RL étaient bonnes. Il nous a demandé
plusieurs fois nos positions avec les mots
de codes « strawberry »
et « raspberry ».
Je devinais qu'il devait être proche
de notre char et je me demandais pourquoi
il ne pouvait pas lui-même donner
notre position sur la fréquence du
régiment sans déranger le
capitaine Harrison. Mais je ne connaissais
pas le plan de l'opération et n'avais
pas le temps de regarder la carte.
Peu après, notre char s'est retrouvé
dans un champ de ce qui ressemblait à
du trèfle rouge. Je pouvais moi-même
apercevoir pas mal d'Allemands par le périscope;
on a tiré des salves de mitrailleuse
co-axiale et des obus explosifs en entrant
dans un verger. Il semblait y avoir beaucoup
de fantassins ennemis dans ce secteur. En
très peu de temps, on a tiré
presque la moitié de nos munitions
Browning; le support derrière le
copilote a été vidé
et celui à gauche du chauffeur aussi.
On a tiré des obus explosifs dans
des tranchées; parfois, il fallait
reculer le char pour donner assez de jeu
vers le bas au canon de 75. Deux fois on
est tombé à court d'obus explosifs
pour la tourelle et le capitaine nous a
ordonné de tirer un obus anti-blindage
dans la tranchée qui n'était
pas à 15 verges. Le copilote m'a
passé les munitions placées
derrière son siège; celles
sur le support à gauche du chauffeur,
je les ai prises moi-même, ce qui
n'a pas été sans peine, parce
que pendant ce temps je devais laisser ma
main sur la mitrailleuse co-axiale parce
que le clapet ne voulait pas rester baissé.
Une fois, j'ai tiré moi-même
avec la co-axiale parce que je voyais un
Allemand devant nous et que le mitrailleur
ne le voyait pas. J'ai aussi tiré
avec la co-axiale pour terminer une cartouchière
parce qu'il restait moins de dix balles
dessus. Souvent la mitrailleuse devenait
si chaude qu'elle tirait toute seule.
[page manquante]
Pendant ce temps-là, le capitaine
Harrison avait lancé toutes nos grenades.
Parfois il se penchait à moitié
hors de la tourelle pour faire ça.
Autant que je me souvienne, il a lancé
12 grenades de 36 et 11 grenades fumigènes
de 77. Quand il n'est plus resté
de grenades de 36, j'ai tenu les grenades
fumigènes prêtes pour les lui
passer, et j'avais encore la dernière
dans ma poche quand j'ai sauté en
bas du char par la suite. On a reçu
un message sur le poste B disant qu'on rapportait
des chars ennemis dans le secteur. Je ne
pouvais pas poser la question moi-même
à ce moment-là et je ne sais
pas si le capitaine l'a fait ou s'il a même
entendu le message. Je me suis occupé
du poste B jusqu'à ce que le combat
commence, mais le capitaine a répondu
à certains des appels lui-même.
On recevait des messages sur le poste A
également. Pendant une pause, le
capitaine a essayé d'identifier les
chars près de lui en demandant à
un de se déplacer pour qu'il puisse
le reconnaître. J'en ai conclu que
le char sur la fréquence du QG devait
être tout près de nous; il
n'y avait pas de marques sur les chars (B1
- B2 - etc.).
C'est peu après que le capitaine
Harrison a été atteint. Le
sang coulait le long de son visage mais
il ne semblait pas possible qu'il soit gravement
blessé à ce moment-là,
sa tête étant presque entièrement
à l'intérieur de la tourelle.
J'ai sorti un bandage de premiers soins
de ma poche avant et le sergent Johnstone,
le mitrailleur, a dit « Accélère,
Huckell, suis le char qui est devant nous
tant que je ne te dis pas autrement » .
Il s'est alors retourné comme s'il
avait voulu changer de place avec le capitaine
mais le capitaine a saisi son micro et repris
le commandement. On a avancé encore
de quelques centaines de pieds.
J'étais à genoux sur le plancher
en train de réorganiser les munitions
quand le char a été frappé.
L'écoutille du chauffeur a été
arrachée et le canon de 75 aussi
: le frein a tremblé violemment et
a plongé. Le sergent Johnstone a
crié « Sortez! » ;
le capitaine a jeté un coup d'il
hésitant vers le ciel puis tous les
deux avaient disparus. Je n'ai plus jamais
revu le capitaine (il est toujours porté
disparu). Je n'ai pas revu le sergent Johnstone
avant plusieurs jours. Il est revenu avec
nous maintenant et donnera son témoignage
des événements. Pas pressé
de sauter en bas de la tourelle au milieu
du tir des mitrailleuses ennemies, j'ai
dit « Ouvre l'écoutille
de secours » et j'ai passé
à Timps, le copilote, un marteau
de la boîte à outils du mitrailleur.
Quand on a réussi à l'ouvrir,
le char semblait rouler à reculons
et Huckell vira pour débrayer. À
ce moment-là, il y a eu deux chocs
rapprochés contre les chenilles et
des étincelles dans l'écoutille
de secours. Je suis monté à
la tourelle le plus rapidement possible
et j'ai sauté en bas. J'ai couru
20 verges jusque dans des buissons. Je n'ai
plus vu ou entendu parler de Huckell jusqu'à
ce qu'on le retrouve mort à côté
du char quelques jours plus tard.
De mes broussailles, j'ai jeté un
coup d'il à travers une haie
et j'ai aperçu un soldat allemand
à environ cinquante verges; il avait
un fusil et semblait prêt à
tout. J'ai retraité sous le couvert
des broussailles, je me suis déplacé
de quelques pieds et je me suis couché
à plat ventre. Trois coups sont passés
au-dessus de ma tête, mais aucun vraiment
près. En regardant dans l'autre direction,
j'ai vu deux de nos gars à côté
d'un des chars qui brûlait. J'ai couru
les 15 verges qui me séparaient d'eux
et je me suis accroupi à côté.
L'un était Timps qui était
sorti par l'écoutille de secours,
l'autre un officier que je ne connaissais
pas. Il était blessé à
l'épaule gauche, d'un ou deux coups
de feu apparemment, mais il semblait capable
de ramper. Environ 50 verges plus loin sur
la route, il y avait un autre de nos chars,
également en flammes. Tous les trois,
nous avons rampé jusque là.
Près de l'autre char, tout contre
une haie, se trouvaient les soldats Loucks,
Silverburg et Hancock, de l'équipage
du capitaine Smuck. Hancock semblait indemne;
Loucks avait été brûlé
au cou, à la tête et aux mains
et semblait en état de choc; les
vêtements de Silverburg brûlaient
encore et nous les avons éteints
rapidement. Deux ou trois Allemands sont
apparus dans le champ à 100 verges
de nous, à la lisière d'un
vieux verger. À 40 ou 50 verges plus
loin sur la route, il y avait encore un
de nos chars en flammes. Tous les trois,
on a entrepris de nous rendre jusque là
en rampant. Il y avait des paquetages canadiens
sur la route, des mitraillettes Bren mais
pas de chargeurs. J'ai trouvé deux
grenades et l'officier une. J'ai pensé
un instant prendre un pistolet Verey mais
finalement je l'ai laissé pensant
qu'il ne me servirait pas à grand
chose. De nous six, Timps était le
seul qui ait quelque chose pour se couvrir,
un béret. L'officier était
le seul qui avait une arme, un pistolet.
On s'est approchés du char que Hancock
a atteint en courant à moitié
accroupi.
Je ne l'ai plus jamais revu. Il a été
trouvé mort quelques jours plus tard.
L'officier et moi, on s'est cachés
sous le char. On pouvait entendre des Allemands
qui franchissaient la haie et quittaient
le champ; ils montaient sur le char en criant
et en jacassant. Jetant un coup d'il
sur la route, j'ai pu apercevoir un Allemand
qui se tenait à côté
du char que nous venions de quitter. Il
se penchait pour essayer de distinguer ce
qui se trouvait sous le char où nous
étions. Je n'ai plus revu Loucks
ou Silverburg. Je ne sais pas s'ils avaient
quitté le char avec nous, mais je
ne les voyais plus quand je regardais en
arrière. Depuis, Loucks a été
retrouvé mort et Silverburg a été
porté disparu. Tous deux étaient
en mauvaise condition mais capables de se
déplacer par eux-mêmes.
Le char sous lequel on s'était cachés
était en flammes : il y avait des
Allemands dessus. J'ai lancé une
grenade de l'avant du char, en sorte qu'elle
tombe dans la haie le long du véhicule.
Les cris ont cessé puis ont recommencé.
Alors, l'officier s'est couché sur
le dos à l'arrière du char
et a tiré la goupille de la grenade,
ce qui a représenté des efforts
et une douleur terribles à cause
de sa blessure à l'épaule.
Il a réussi à l'enlever et
à lancer sa grenade de la même
manière que j'avais lancé
la mienne, mais de l'arrière du char
cette fois-ci. À nouveau, les cris
ont cessé et, pendant un moment tout
ce qu'on entendait c'était les munitions
à l'intérieur du char qui
sautaient. Mais les cris ont repris et un
Allemand s'est dirigé vers nous.
L'officier a pris son pistolet et m'a dit
« Rends-toi, mon gars » .
J'ai répondu « non »
et j'ai rampé à travers la
haie. Ensuite, j'ai couru sur la route,
traversé une autre haie à
ma droite. Je n'ai plus revu de gars de
l'escadron B ce jour-là. L'officier
que j'ai mentionné était blond
avec une moustache; il mesurait à
peu près cinq pieds et dix pouces
et était pas mal costaud. On n'avait
pas le temps de nous dire nos noms et je
ne sais toujours pas qui il était.
En traversant la haie, j'ai abouti dans
un pâturage et j'ai vu un Allemand
à moins de 40 verges de moi avec
une carabine. J'ai fait demi-tour à
gauche et me suis caché dans un buisson
et j'ai creusé comme un lapin. Plusieurs
coups de feu sont passés près
de moi; je me suis arrêté et
je suis resté à plat ventre.
D'autres coups de feu ont pénétré
dans les broussailles en effleurant des
feuilles à quelques pieds de moi,
l'Allemand visait là où il
lui semblait que je me trouvais. Comme j'étais
à bout de souffle et qu'il était
cinq heures de l'après-midi à
ma montre, j'ai décidé de
rester là jusqu'à la tombée
de la nuit.
Il y avait des Allemands tout près.
Je pouvais les entendre parler et crier;
un d'eux grognait comme s'il avait été
blessé. Après quelques moments,
un d'entre eux a commencé à
gueuler quelque chose aux autres qui étaient
restés près de la route. Il
répétait le mot «
Englander » , je me suis dit
qu'il m'avait aperçu dans les broussailles
et que, ou bien il n'avait pas d'arme, ou
bien il croyait que j'étais mort
et il appelait les autres. En me redressant
un peu, j'ai pu voir que j'avais rampé
presque jusqu'au bord du bosquet de broussailles.
Quelque chose m'a dit que je devrais continuer
et c'est ce que j'ai fait. J'ai entendu
d'autres coups de feu mais aucun n'était
proche. J'ai traversé plusieurs haies,
des pâturages, etc., restant caché
du mieux possible, même si des fois,
j'ai dû courir en terrain découvert.
Je me suis souvenu que j'avais gardé
une petite boussole qui était dans
ma trousse de secours quand elle s'est ouverte
après avoir été dans
l'eau de mer le jour du débarquement.
Ça m'a permis de me diriger vers
le nord. J'ai traversé une autre
route où il y avait un Allemand à
quelques 100 verges plus loin, à
ma gauche. Il m'a vu lorsque j'ai quitté
le couvert mais j'ai traversé rapidement
et j'ai escaladé le remblai de l'autre
côté puis traversé la
haie. Ça a été un moment
très difficile, la haie était
dense et je n'ai pas pu la franchir rapidement.
Mais je devais être hors de sa vue
puisque les deux coups qu'il a tirés
ne m'ont pas atteint. C'est le dernier Allemand
que j'ai vu.
J'ai couru, puis marché encore un
peu, en essayant de repérer ma position
par rapport à celle de l'ennemi d'après
le bruit confus des tirs de mitrailleuse
que j'entendais. Deux obus fumigènes
de l'artillerie sont tombés devant
moi venant de ma droite. J'ai passé
la carcasse noircie d'un avion dans un champ
et j'ai aperçu au loin trois civils
qui m'ont regardé curieusement quand
je leur ai fait un signe de la main. Puis
j'ai continué. J'ai croisé
un camion canadien de trois tonnes chargé
de mines antichar. Il y avait une pile de
mines à côté comme si
on avait commencé à le décharger.
Il brûlait et les flammes s'élevaient
à 20 pieds dans les airs.
Ensuite, j'ai tourné à droite
le long d'un champ où il y avait
plusieurs vaches mortes et j'ai atteint
une route et un passage à niveau.
À ma gauche, il y avait un viaduc
et un panneau indiquait « 71
» en gros chiffres. J'ai suivi
la route et vu beaucoup de matériel
anglais, mais il ne semblait y avoir personne.
J'allais prendre une autre route à
droite quand j'ai entendu un bruit de pas
pesants au loin. J'ai décidé
de rester sur la route principale. J'ai
vu un Allemand mort au milieu de la route
et finalement j'ai rencontré un civil
qui travaillait dans un jardin. Après
des efforts pour me faire comprendre en
français, j'ai eu de l'eau à
boire et me suis lavé le visage aussi.
Finalement, j'ai trouvé des Sherman
incendiés à gauche de la route,
mais il y avait aussi trois chars en bon
état, apparemment en service de garde.
Ils ont tourné leurs tourelles vers
moi mais je leur ai montré mon livret
militaire et j'ai brandi un mouchoir en
m'approchant d'eux. Je me suis approché
de l'un deux et j'ai parlé au commandant
(il ne voulait pas se mettre à découvert
du tout et on ne voyait que le dessus de
son crâne). Il m'a indiqué
des soldats canadiens dans un champ non
loin de là. Je m'y suis rendu à
travers un cordon de mines antichar et,
dans un verger, j'ai trouvé un groupe
d'artilleurs antichars de la 3e Division.
Ils m'ont donné du canard à
manger et l'officier a essayé de
localiser avec le Slidex sur TSF le 6e Régiment
canadien de blindés, mais sans succès.
Ils m'ont donné un casque d'acier
et au bout d'une heure ils m'ont reconduit
en jeep à leur QG de brigade. J'ai
alors été remis à un
capitaine des Winnipeg Rifles, qui m'a envoyé
trouver l'officier commandant le 27e Régiment
canadien de blindés. Il était
dans une voiture d'éclaireur et il
allait retrouver le 6e Régiment,
là ou il croyait qu'il se trouvait.
On a roulé de nuit et je n'ai aucune
idée par où nous sommes passés.
On a finalement rejoint le secteur du 10e
Régiment de blindés. Le médecin
chef et les infirmiers m'ont donné
à manger et m'ont passé une
couverture et une housse anti-gaz; je me
suis creusé une petite tranchée
peu profonde et j'ai dormi toute la nuit.
Le lendemain, le sergent-major du 10e Régiment
m'a laissé à l'échelon
du 6e Régiment à PIEREPORT.
Autant que je sois capable de le reconstituer
sur une carte, j'ai marché depuis
un point au sud-est de LE MESNIL PATRY et
j'ai traversé le chemin de fer à
la gare au nord de NORREY EN BESSIN.
Signé AO Dodds
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