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| Les North
Nova Scotia Highlanders près du gué de l'Orne
en Normandie, le 18 juillet 1944. |
| Photo
par Frank L. Dubervill. Ministère de la Défense
nationale / Archives nationales du Canada, PA-141709. |
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Mercredi, 7 juin 1944
Temps : clair et chaud
À 00h45, les compagnies A et D, montées sur les chars des
escadrons A et C, sont arrivées de COLOMBY-SUR-THAON. La compagnie
A s'est retranchée à l'arrière sur le flanc droit
de la compagnie C et la compagnie D de part et d'autre de la route, en
arrière des compagnies A et B. Le quartier général
du bataillon était au centre. La patrouille d'autochenilles de
l'avant-garde d'ANISY, point de référence 015759, protégeait
nos pionniers pendant qu'ils bloquaient la route et elle a été
prise sous le feu de l'ennemi alors qu'elle se trouvait hors de ses véhicules;
elle a dû revenir à la forteresse en abandonnant les autochenilles.
À 2h45, trois nouveaux prisonniers de guerre ont été
pris; c'étaient des Grenadiers panzer, comme ceux qui ont été
capturés plus tard dans la journée. Un autre prisonnier
était capturé une demi-heure plus tard. Comme deux hommes
de la compagnie B étaient sérieusement blessés, on
a décidé de les mettre sur civière et de les envoyer
à la Brigade avec les prisonniers de guerre. Les blessés
ont été installés sur une jeep retenue pour cet usage
et ils sont partis sous escorte, les prisonniers marchant devant; l'Adjudant
et l'Officier de renseignements du 27e Régiment canadien de blindés
se rendaient aussi à la Brigade et suivaient notre jeep.
Au même moment, l'ennemi tentait une contre-attaque sur notre flanc
gauche, contre la compagnie B. La compagnie B a tiré des balles
traçantes pour indiquer le côté de ses troupes et
les chars ont ouvert le feu avec leurs mitrailleuses, mettant en flammes
trois semi-chenilles ennemis. Cela semble avoir dissuadé l'ennemi
car il s'est alors retiré. Même si la situation s'était
apparemment calmée, le bataillon est resté en état
d'alerte à 100 pour cent. Par après, le son des mitrailleuses
et des mortiers était entendu du côté de nos arrières
et nous apprenions que l'ennemi était tombé sur le Régiment
de la Chaudière en essayant de nous encercler. Après avoir
perdu plusieurs hommes et dix-sept semi-chenilles, il s'est retiré
pour la nuit.
À 5h00, nous avons été informés que notre
jeep n'avait pas atteint la Brigade et nous avons envoyé un messager
à motocyclette à sa recherche; nous l'avons retrouvée
au bord de la route, intacte. Les blessés étaient allongés
sur le bord du chemin et les prisonniers avaient disparu. Nous nous sommes
renseignés auprès du 27e Régiment blindé et
nous avons appris que leur Adjudant et leur Officier de renseignements
manquaient à l'appel, ainsi que leurs livres de codes et les ordres
de l'opération. Ils sont apparemment tombés sur l'ennemi
au moment où celui-ci nous encerclait.
À 6h30, une patrouille a été envoyée à
la recherche des autochenilles perdues la nuit précédente.
Elles ont été retrouvées intactes au même endroit,
près d'une haie, sans avoir été remarquées
par l'ennemi, semble-t-il.
À 6h45, le Brigadier nous a donné un ordre nous avertissant
que l'avance reprendrait dès que nous serions prêts.
À 7h40, le Bataillon s'est mis en marche de nouveau, dans le même
ordre mais en changeant l'axe de son avance pour passer par VILLONS-LES-BUISSONS
et longer la route principale de CARPIQUET. À 7h45, on a vu plusieurs
planeurs ennemis atterrir dans le secteur 9978. L'avant-garde a rencontré
une faible opposition sur l'axe principal. Sur la droite, la compagnie
A s'est heurtée à l'ennemi dans le bois et s'en est défaite
avec succès. Le secteur était plein de fusils et de mitrailleuses;
sur la droite de LES BUISSONS, un obusier de 88 mm a ouvert le feu sur
nos chars. Les autochenilles et l'infanterie d'avant-garde ont fait un
très bon boulot et on a pris le 88 dans un mouvement de tenailles.
Juste après cela, l'avant-garde a détruit un mortier allemand
de 16 barils, le premier capturé jusqu'à maintenant. Elle
a aussi pris trois semi-chenilles dans le même secteur.
À 9h30, le village de LES BUISSONS était nettoyé
et le poste de commandement s'y avançait. Alors qu'elle approchait
de Buron, l'avant-garde a fait face à un autre canon de 88 mm placé
sur le bord de la route. Elle s'en est emparée, un char le détruisant
d'un coup de canon de 75 mm. Le poste de commandement est tombé
dans une embuscade et l'Officier commandant ainsi que l'Officier de renseignements
ont dû se débarrasser de trois ou quatre tireurs avant de
pouvoir continuer. C'est là que nous avons eu notre première
perte parmi les officiers, le capitaine D.L. Clarke ayant été
blessé par un feu de mortier.
Après un feu de mortier assez dense en provenance de ST CONTEST,
l'avant-garde a capturé BURON et a signalé « ALE »
à 11h50; nous avons ensuite déplacé le poste de commandement
à la lisière de cette ville. Comme le temps pressait, l'avant-garde
a avancé rapidement de BURON vers AUTHIE, laissant le nettoyage
à la compagnie D pendant que les compagnies A et B contournaient
la ville. Les troupes qui se trouvaient à la lisière de
la ville ont été prises sous un feu de mortier très
dense. L'Officier commandant a été jeté par terre
par une bombe tombée près de notre autochenille. Heureusement,
il n'a pas été blessé.
À 12h30, les éléments avancés de l'avant-garde
ont atteint AUTHIE et signalé « DANUBE »
ils étaient suivis de près, sur la droite, par la compagnie
A portée par les chars de l'escadron A. Peu de temps après,
les chars Stuart du 27e Régiment canadien de blindés signalaient
« EVE » (FRANQUEVILLE). Alors qu'elle nettoyait
BURON, la compagnie D a été prise sous le feu de tireurs
et de mitrailleurs qui se trouvaient encore dans la ville et elle a subi
des pertes. Pendant ce temps, l'avant-garde atteignait AUTHIE et se heurtait
à trois nids de mitrailleuses; le combat a été mouvementé.
Le commandant de l'avant-garde a signalé un feu de mortiers et
d'obus provenant des deux flancs et de l'avant et il a demandé
une troupe de chars et de l'artillerie pour les prendre. L'Officier d'observation
avancée a ensuite signalé que l'artillerie se trouvait hors
de portée et qu'il faudrait un certain temps avant de pouvoir la
déplacer.
La seule artillerie disponible était celle d'un croiseur qui,
selon l'Officier d'observation avancée de la Marine, aurait pu
attaquer ST CONTEST pendant vingt minutes. Ce feu d'artillerie aurait
écrasé ST CONTEST, mais de mauvaises communications ont
empêché de l'obtenir à temps. Pendant ce temps, les
chars rejoignaient l'avant-garde et ils étaient tous touchés
par un obusier de 88 mm. On a alors ordonné à l'avant-garde
de se retrancher et de former une base solide. Selon l'Officier commandant,
il n'était pas possible de pousser plus loin. Sur nos flancs ou
à l'arrière, il n'y avait personne à proximité
en dedans de quelques milles et le Commandant a donné l'ordre de
resserrer les rangs autour de la compagnie C pour former une forteresse.
Le Commandant de l'avant-garde a demandé de revenir vers un point
élevé à l'arrière d'AUTHIE. La permission
lui a été accordée, et la compagnie A qui n'était
pas encore arrivée s'est retranchée sur la droite, au nord
d'AUTHIE. La compagnie B a reçu l'ordre de creuser ses tranchées
sur sa gauche et le reste du bataillon celui de former l'arrière.
Pendant que cela se déroulait, l'avant-garde était sévèrement
attaquée de ST CONTEST - CUSSY par au moins neuf chars et environ
deux compagnies d'infanterie. Comme il était tard pour que les
hommes de l'avant-garde puissent se replier vers la position du bataillon,
ils ont décidé de régler la question en se battant
devant AUTHIE. Le capitaine F.C. Fraser, qui se trouvait parmi les éléments
avancés, a pris la situation en main et rapidement organisé
la défense; il a récupéré les Browning de
trois chars endommagés ainsi qu'une mitrailleuse de l'autochenille
du commandant des Cameron Highlanders of Ottawa, celui-ci ayant été
blessé. Nous n'avons plus rien su de cette petite formation car
personne ne s'est échappé pour raconter l'histoire de cette
action courageuse.
À peu près au même moment, des blindés allemands
passaient près d'AUTHIE et on pouvait voir qu'une contre-attaque
majeure serait bientôt lancée. Tous les chars disponibles
des escadrons A et B ont manuvré de leurs positions abaissées
au SUD de BURON et quand les blindés ennemis ont fait irruption,
il y a eu un grand combat de chars. Vingt-sept des nôtres ont été
mis hors d'usage et quarante chars ennemis ont été confirmés
endommagés. Après cette raclée, les blindés
ennemis se sont retirés au SUD d'AUTHIE. Une deuxième tentative
a été faite pour occuper AUTHIE et le major Rhodenizer,
commandant la compagnie A, a signalé sur le poste 18 que ça
allait et qu'il voulait savoir ce qui se passait. On lui a dit que la
compagnie B se déplaçait avec le peloton d'autochenilles
sur le flanc gauche et que le bataillon s'approcherait d'AUTHIE dès
qu'il se serait réorganisé. La compagnie B n'a pas pu dépasser
le SUD de BURON.
À 16h30, il était évident que le bataillon ne pourrait
pas atteindre AUTHIE et l'Officier commandant a donné l'ordre au
major Learment de ramener les troupes avancées en arrière
pour former une forteresse à la bordure SUD de BURON. Le quartier
général du bataillon a reculé jusqu'à LES
BUISSONS. Nous n'avons pas réussi à joindre la compagnie
A sur le poste 18, mais le major Learment était en contact avec
elle sur le sien. Plus tard, nous avons appris que la compagnie A était
entourée de chars et d'infanterie et qu'elle était incapable
de se replier vers la forteresse que le bataillon était en train
de former. Peu de temps après, la position au sud de BURON s'est
trouvée prise sous un feu d'artillerie et de mortier très
intense; elle est devenue intenable quand les blindés ont fait
irruption tout le tour de nos flancs. Comme son champ visuel était
obstrué sur les flancs, le reste du bataillon devait faire face
à un autre mouvement d'encerclement s'il restait sur ses positions.
Le major Learment, qui commandait alors les deux compagnies avancées,
et le capitaine Wilson, qui commandait les vestiges de la compagnie B,
ont donné l'ordre de se retirer vers les tranchées creusées
précédemment, en arrière de la compagnie B. Le bataillon
s'est mis à terre et s'est préparé à combattre
jusqu'au bout.
Comme les blindés contournaient notre flanc, les chars qui restaient
du 27e Régiment blindé et les canons automoteurs du régiment
antichar ont commencé à tirer à partir de LES BUISSONS,
de même que les armes légères, les mitrailleuses et
les Browning, par-dessus la tête de nos troupes vers la lisière
nord de BURON. L'ennemi a répondu à notre feu par des tirs
de 75 mm, de 88 mm, de mortiers et de tout ce qu'il avait sous la main.
Sous ce feu, l'infanterie ennemie s'est avancée et a pénétré
dans les tranchées de la compagnie D. Il était impossible
de l'arrêter et les hommes de la compagnie D devaient rester dans
leurs tranchées pour se protéger à la fois de l'ennemi
et de notre feu qui leur passait par-dessus la tête. Ils n'avaient
aucun champ de vision pour tirer à cause de la hauteur du grain.
L'ennemi a tiré dans les tranchées à coups de mitrailleuses
et de grenades et les pelotons 10 et 16 ont été forcés
de se rendre quand ils ont manqué de munitions. Notre artillerie
a arrosé les ravisseurs d'un feu très nourri qui les a obligés
à se jeter par terre et, pendant cette interruption, deux sections
du peloton 16 ont réussi à s'évader et à rejoindre
leur compagnie.
À peu près en même temps, la compagnie D signalait
au quartier général du bataillon que les positions avancées
étaient envahies, qu'ils étaient coupés des autres
et qu'ils avaient besoin d'un appui immédiat. L'Officier commandant
a tout de suite ordonné une contre-attaque rapide. Un combat violent
a éclaté. Notre Officier d'observation avancée a
rapidement dirigé une forte concentration d'artillerie sur les
positions de la compagnie B. Les 12 chars qui restaient sont sortis sous
le couvert du barrage et nous avons contre-attaqué. Le feu d'artillerie
a atteint l'ennemi dans nos positions avancées et, avec l'aide
des chars, il a été repoussé en dehors de BURON jusqu'à
AUTHIE. Les canons des chars ont infligé beaucoup de pertes et,
dans certains cas, les soldats ennemis étaient si nombreux que
les chars les écrasaient.
La ville de BURON a été re-capturée, mais, cette
fois, nous ne pouvions compter que sur une partie de la compagnie D et
sur les vestiges des compagnies B et C, ce qui ne représentait
pas une force suffisante; comme le jour tombait, il était impossible
de s'y consolider et de tenir toute la nuit. Par conséquent, nous
avons demandé au Brigadier la permission de nous replier sur le
terrain élevé des bois de LES BUISSONS, avec le régiment
des Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders et le reste du 27e Régiment
canadien de blindés. La permission a été accordée
et les restes des compagnies D, A, B, C et les compagnies d'appui se sont
repliés vers la forteresse. Aucune contre-attaque n'a eu lieu pendant
la nuit et, au matin, le bataillon se préparait à repartir
pour occuper la ville quand les autorités supérieures ont
annulé l'opération. Le reste de la Brigade a été
amenée sur notre droite pour occuper la ville de LES BUISSONS.
Pertes:
| Tués - |
Capitaine H.G. Longley et 10 hommes d'autres grades.
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| Blessés - |
Major J.W. Douglas, Capitaine D.L. Clarke,
Lieutenant H.E. Murphy et 27 hommes d'autres grades. |
| Portés disparus - |
Major J.D. Learment, Major L.H. Rhodenizer, Capitaine
F.C. Fraser, Capitaine J.A. Trainor, Lieutenant S.F. Campbell, Lieutenant
J.M. Veness et 195 hommes d'autres grades. |
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