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 Événements | Les Chemins de la Victoire | La campagne de Normandie : Témoignage personnel de combat, dimanche 11 juin 1944, par le soldat A.O. Dodds, 6e Régiment canadien de blindés (1st Hussars) Le drapeau canadien en Normandie Les unités canadiennes en Normandie à compter de juillet 1944 Rapport du Sergent GARIÉPY, 6e Régiment canadien de blindés, sur la capture d'Allemands au nord de FALAISE 22e Régiment blindé canadien (Canadian Grenadier Guards), Journal de campagne, 17-21 août 1944
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North Nova Scotia Highlanders, Journal de campagne, 7 juin 1944
Archives nationales du Canada, RG-24, volume 15122
Les North Nova Scotia Highlanders près du gué de l'Orne en Normandie, le 18 juillet 1944.
Photo par Frank L. Dubervill. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-141709.

Mercredi, 7 juin 1944

Temps : clair et chaud

À 00h45, les compagnies A et D, montées sur les chars des escadrons A et C, sont arrivées de COLOMBY-SUR-THAON. La compagnie A s'est retranchée à l'arrière sur le flanc droit de la compagnie C et la compagnie D de part et d'autre de la route, en arrière des compagnies A et B. Le quartier général du bataillon était au centre. La patrouille d'autochenilles de l'avant-garde d'ANISY, point de référence 015759, protégeait nos pionniers pendant qu'ils bloquaient la route et elle a été prise sous le feu de l'ennemi alors qu'elle se trouvait hors de ses véhicules; elle a dû revenir à la forteresse en abandonnant les autochenilles.

À 2h45, trois nouveaux prisonniers de guerre ont été pris; c'étaient des Grenadiers panzer, comme ceux qui ont été capturés plus tard dans la journée. Un autre prisonnier était capturé une demi-heure plus tard. Comme deux hommes de la compagnie B étaient sérieusement blessés, on a décidé de les mettre sur civière et de les envoyer à la Brigade avec les prisonniers de guerre. Les blessés ont été installés sur une jeep retenue pour cet usage et ils sont partis sous escorte, les prisonniers marchant devant; l'Adjudant et l'Officier de renseignements du 27e Régiment canadien de blindés se rendaient aussi à la Brigade et suivaient notre jeep.

Au même moment, l'ennemi tentait une contre-attaque sur notre flanc gauche, contre la compagnie B. La compagnie B a tiré des balles traçantes pour indiquer le côté de ses troupes et les chars ont ouvert le feu avec leurs mitrailleuses, mettant en flammes trois semi-chenilles ennemis. Cela semble avoir dissuadé l'ennemi car il s'est alors retiré. Même si la situation s'était apparemment calmée, le bataillon est resté en état d'alerte à 100 pour cent. Par après, le son des mitrailleuses et des mortiers était entendu du côté de nos arrières et nous apprenions que l'ennemi était tombé sur le Régiment de la Chaudière en essayant de nous encercler. Après avoir perdu plusieurs hommes et dix-sept semi-chenilles, il s'est retiré pour la nuit.

À 5h00, nous avons été informés que notre jeep n'avait pas atteint la Brigade et nous avons envoyé un messager à motocyclette à sa recherche; nous l'avons retrouvée au bord de la route, intacte. Les blessés étaient allongés sur le bord du chemin et les prisonniers avaient disparu. Nous nous sommes renseignés auprès du 27e Régiment blindé et nous avons appris que leur Adjudant et leur Officier de renseignements manquaient à l'appel, ainsi que leurs livres de codes et les ordres de l'opération. Ils sont apparemment tombés sur l'ennemi au moment où celui-ci nous encerclait.

À 6h30, une patrouille a été envoyée à la recherche des autochenilles perdues la nuit précédente. Elles ont été retrouvées intactes au même endroit, près d'une haie, sans avoir été remarquées par l'ennemi, semble-t-il.

À 6h45, le Brigadier nous a donné un ordre nous avertissant que l'avance reprendrait dès que nous serions prêts.

À 7h40, le Bataillon s'est mis en marche de nouveau, dans le même ordre mais en changeant l'axe de son avance pour passer par VILLONS-LES-BUISSONS et longer la route principale de CARPIQUET. À 7h45, on a vu plusieurs planeurs ennemis atterrir dans le secteur 9978. L'avant-garde a rencontré une faible opposition sur l'axe principal. Sur la droite, la compagnie A s'est heurtée à l'ennemi dans le bois et s'en est défaite avec succès. Le secteur était plein de fusils et de mitrailleuses; sur la droite de LES BUISSONS, un obusier de 88 mm a ouvert le feu sur nos chars. Les autochenilles et l'infanterie d'avant-garde ont fait un très bon boulot et on a pris le 88 dans un mouvement de tenailles. Juste après cela, l'avant-garde a détruit un mortier allemand de 16 barils, le premier capturé jusqu'à maintenant. Elle a aussi pris trois semi-chenilles dans le même secteur.
À 9h30, le village de LES BUISSONS était nettoyé et le poste de commandement s'y avançait. Alors qu'elle approchait de Buron, l'avant-garde a fait face à un autre canon de 88 mm placé sur le bord de la route. Elle s'en est emparée, un char le détruisant d'un coup de canon de 75 mm. Le poste de commandement est tombé dans une embuscade et l'Officier commandant ainsi que l'Officier de renseignements ont dû se débarrasser de trois ou quatre tireurs avant de pouvoir continuer. C'est là que nous avons eu notre première perte parmi les officiers, le capitaine D.L. Clarke ayant été blessé par un feu de mortier.

Après un feu de mortier assez dense en provenance de ST CONTEST, l'avant-garde a capturé BURON et a signalé «  ALE  » à 11h50; nous avons ensuite déplacé le poste de commandement à la lisière de cette ville. Comme le temps pressait, l'avant-garde a avancé rapidement de BURON vers AUTHIE, laissant le nettoyage à la compagnie D pendant que les compagnies A et B contournaient la ville. Les troupes qui se trouvaient à la lisière de la ville ont été prises sous un feu de mortier très dense. L'Officier commandant a été jeté par terre par une bombe tombée près de notre autochenille. Heureusement, il n'a pas été blessé.

À 12h30, les éléments avancés de l'avant-garde ont atteint AUTHIE et signalé «  DANUBE  » ils étaient suivis de près, sur la droite, par la compagnie A portée par les chars de l'escadron A. Peu de temps après, les chars Stuart du 27e Régiment canadien de blindés signalaient «  EVE  » (FRANQUEVILLE). Alors qu'elle nettoyait BURON, la compagnie D a été prise sous le feu de tireurs et de mitrailleurs qui se trouvaient encore dans la ville et elle a subi des pertes. Pendant ce temps, l'avant-garde atteignait AUTHIE et se heurtait à trois nids de mitrailleuses; le combat a été mouvementé. Le commandant de l'avant-garde a signalé un feu de mortiers et d'obus provenant des deux flancs et de l'avant et il a demandé une troupe de chars et de l'artillerie pour les prendre. L'Officier d'observation avancée a ensuite signalé que l'artillerie se trouvait hors de portée et qu'il faudrait un certain temps avant de pouvoir la déplacer.

La seule artillerie disponible était celle d'un croiseur qui, selon l'Officier d'observation avancée de la Marine, aurait pu attaquer ST CONTEST pendant vingt minutes. Ce feu d'artillerie aurait écrasé ST CONTEST, mais de mauvaises communications ont empêché de l'obtenir à temps. Pendant ce temps, les chars rejoignaient l'avant-garde et ils étaient tous touchés par un obusier de 88 mm. On a alors ordonné à l'avant-garde de se retrancher et de former une base solide. Selon l'Officier commandant, il n'était pas possible de pousser plus loin. Sur nos flancs ou à l'arrière, il n'y avait personne à proximité en dedans de quelques milles et le Commandant a donné l'ordre de resserrer les rangs autour de la compagnie C pour former une forteresse. Le Commandant de l'avant-garde a demandé de revenir vers un point élevé à l'arrière d'AUTHIE. La permission lui a été accordée, et la compagnie A qui n'était pas encore arrivée s'est retranchée sur la droite, au nord d'AUTHIE. La compagnie B a reçu l'ordre de creuser ses tranchées sur sa gauche et le reste du bataillon celui de former l'arrière.

Pendant que cela se déroulait, l'avant-garde était sévèrement attaquée de ST CONTEST - CUSSY par au moins neuf chars et environ deux compagnies d'infanterie. Comme il était tard pour que les hommes de l'avant-garde puissent se replier vers la position du bataillon, ils ont décidé de régler la question en se battant devant AUTHIE. Le capitaine F.C. Fraser, qui se trouvait parmi les éléments avancés, a pris la situation en main et rapidement organisé la défense; il a récupéré les Browning de trois chars endommagés ainsi qu'une mitrailleuse de l'autochenille du commandant des Cameron Highlanders of Ottawa, celui-ci ayant été blessé. Nous n'avons plus rien su de cette petite formation car personne ne s'est échappé pour raconter l'histoire de cette action courageuse.

À peu près au même moment, des blindés allemands passaient près d'AUTHIE et on pouvait voir qu'une contre-attaque majeure serait bientôt lancée. Tous les chars disponibles des escadrons A et B ont manœuvré de leurs positions abaissées au SUD de BURON et quand les blindés ennemis ont fait irruption, il y a eu un grand combat de chars. Vingt-sept des nôtres ont été mis hors d'usage et quarante chars ennemis ont été confirmés endommagés. Après cette raclée, les blindés ennemis se sont retirés au SUD d'AUTHIE. Une deuxième tentative a été faite pour occuper AUTHIE et le major Rhodenizer, commandant la compagnie A, a signalé sur le poste 18 que ça allait et qu'il voulait savoir ce qui se passait. On lui a dit que la compagnie B se déplaçait avec le peloton d'autochenilles sur le flanc gauche et que le bataillon s'approcherait d'AUTHIE dès qu'il se serait réorganisé. La compagnie B n'a pas pu dépasser le SUD de BURON.

À 16h30, il était évident que le bataillon ne pourrait pas atteindre AUTHIE et l'Officier commandant a donné l'ordre au major Learment de ramener les troupes avancées en arrière pour former une forteresse à la bordure SUD de BURON. Le quartier général du bataillon a reculé jusqu'à LES BUISSONS. Nous n'avons pas réussi à joindre la compagnie A sur le poste 18, mais le major Learment était en contact avec elle sur le sien. Plus tard, nous avons appris que la compagnie A était entourée de chars et d'infanterie et qu'elle était incapable de se replier vers la forteresse que le bataillon était en train de former. Peu de temps après, la position au sud de BURON s'est trouvée prise sous un feu d'artillerie et de mortier très intense; elle est devenue intenable quand les blindés ont fait irruption tout le tour de nos flancs. Comme son champ visuel était obstrué sur les flancs, le reste du bataillon devait faire face à un autre mouvement d'encerclement s'il restait sur ses positions.

Le major Learment, qui commandait alors les deux compagnies avancées, et le capitaine Wilson, qui commandait les vestiges de la compagnie B, ont donné l'ordre de se retirer vers les tranchées creusées précédemment, en arrière de la compagnie B. Le bataillon s'est mis à terre et s'est préparé à combattre jusqu'au bout.

Comme les blindés contournaient notre flanc, les chars qui restaient du 27e Régiment blindé et les canons automoteurs du régiment antichar ont commencé à tirer à partir de LES BUISSONS, de même que les armes légères, les mitrailleuses et les Browning, par-dessus la tête de nos troupes vers la lisière nord de BURON. L'ennemi a répondu à notre feu par des tirs de 75 mm, de 88 mm, de mortiers et de tout ce qu'il avait sous la main. Sous ce feu, l'infanterie ennemie s'est avancée et a pénétré dans les tranchées de la compagnie D. Il était impossible de l'arrêter et les hommes de la compagnie D devaient rester dans leurs tranchées pour se protéger à la fois de l'ennemi et de notre feu qui leur passait par-dessus la tête. Ils n'avaient aucun champ de vision pour tirer à cause de la hauteur du grain. L'ennemi a tiré dans les tranchées à coups de mitrailleuses et de grenades et les pelotons 10 et 16 ont été forcés de se rendre quand ils ont manqué de munitions. Notre artillerie a arrosé les ravisseurs d'un feu très nourri qui les a obligés à se jeter par terre et, pendant cette interruption, deux sections du peloton 16 ont réussi à s'évader et à rejoindre leur compagnie.

À peu près en même temps, la compagnie D signalait au quartier général du bataillon que les positions avancées étaient envahies, qu'ils étaient coupés des autres et qu'ils avaient besoin d'un appui immédiat. L'Officier commandant a tout de suite ordonné une contre-attaque rapide. Un combat violent a éclaté. Notre Officier d'observation avancée a rapidement dirigé une forte concentration d'artillerie sur les positions de la compagnie B. Les 12 chars qui restaient sont sortis sous le couvert du barrage et nous avons contre-attaqué. Le feu d'artillerie a atteint l'ennemi dans nos positions avancées et, avec l'aide des chars, il a été repoussé en dehors de BURON jusqu'à AUTHIE. Les canons des chars ont infligé beaucoup de pertes et, dans certains cas, les soldats ennemis étaient si nombreux que les chars les écrasaient.

La ville de BURON a été re-capturée, mais, cette fois, nous ne pouvions compter que sur une partie de la compagnie D et sur les vestiges des compagnies B et C, ce qui ne représentait pas une force suffisante; comme le jour tombait, il était impossible de s'y consolider et de tenir toute la nuit. Par conséquent, nous avons demandé au Brigadier la permission de nous replier sur le terrain élevé des bois de LES BUISSONS, avec le régiment des Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders et le reste du 27e Régiment canadien de blindés. La permission a été accordée et les restes des compagnies D, A, B, C et les compagnies d'appui se sont repliés vers la forteresse. Aucune contre-attaque n'a eu lieu pendant la nuit et, au matin, le bataillon se préparait à repartir pour occuper la ville quand les autorités supérieures ont annulé l'opération. Le reste de la Brigade a été amenée sur notre droite pour occuper la ville de LES BUISSONS.

Pertes:

Tués -

Capitaine H.G. Longley et 10 hommes d'autres grades.

Blessés - Major J.W. Douglas, Capitaine D.L. Clarke, Lieutenant H.E. Murphy et 27 hommes d'autres grades.
Portés disparus - Major J.D. Learment, Major L.H. Rhodenizer, Capitaine F.C. Fraser, Capitaine J.A. Trainor, Lieutenant S.F. Campbell, Lieutenant J.M. Veness et 195 hommes d'autres grades.