| La Prise d'Ortona | ||||||||||||||||||
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Le général Montgomery croyait que les Allemands se replieraient au nord d'Ortona, où le terrain offrait de bonnes défenses naturelles; la ville côtière serait donc facile à prendre Ce ne fut pas le cas. Le 20 décembre, la 2e Brigade s'approche d'Ortona et, le lendemain, le Loyal Edmonton Regiment pénètre jusqu'à la Piazza Vittoria, à l'entrée de la ville. Devant les Canadiens, le corso Vittorio Emanule s'ouvre vers la Piazza Municipale, située au cur d'Ortona. Les rues latérales étroites sont jonchées des barricades et des débris de maisons que les Allemands y ont laissés : le corso large et dégagé, la seule voie praticable par les blindés, est un piège. L'infanterie canadienne doit s'engager dans un lent et dangereux travail de nettoyage des maisons latérales avant de pouvoir avancer. Les Canadiens font face à une unité de la 1re Division de parachutistes, des combattants frais, bien entraînés et équipés, imbus du nazisme. Les combats sont farouches. Dans les maisons et à travers les débris, les Allemands laissent des mines, des explosifs à retardement et d'autres traquenards. Des nids de mitrailleuses et des canons antichars sont camouflés derrière les murs et les décombres. Les Canadiens utilisent leurs canons antichars de 6 livres, de faible portée, pour abattre au besoin les murs ou les toits des maisons où se cachent les parachutistes; quand les obus ne peuvent percer les épais murs de pierre, les artilleurs visent les fenêtres et les obus font des dégâts horribles en ricochant sur les murs à l'intérieur.
Les fantassins canadiens avancent sans même se montrer dans la rue : à coup de pics et d'explosifs, ils percent les murs mitoyens des immeubles et se lancent à travers la fumée et la poussière pour atteindre la maison voisine et y déloger l'ennemi. Ils pénètrent par les étages supérieurs et fondent d'en haut sur leurs opposants; les grenades lancées par les Allemands pour se défendre retombent à leurs pieds avant d'exploser. Les chars suivent la progression des fantassins, transportent les munitions essentielles et évacuent les nombreux blessés. Que se passe-t-il donc à Ortona? Cette petite ville côtière n'a plus de valeur stratégique et pourtant l'ennemi la défend avec une âpreté démesurée, qui n'a d'égale que l'acharnement des Canadiens. La presse mondiale s'est emparée de l'événement et le nom jusqu'ici inconnu de cette obscure ville italienne est maintenant répété sur toutes les lèvres. « This is Matthew Halton from the CBC, speaking from Italy » Les reportages du correspondant de guerre de la radio canadienne diffusent à travers le monde l'écho des combats sanglants. Aux yeux de l'opinion publique, la prise d'Ortona devient aussi importante que celle de Rome Désormais, c'est une affaire de prestige.
Les combats continuent pendant des jours. Le Loyal Edmonton Regiment
et le Seaforth Highlanders Regiment luttent sans relâche et accusent
de lourdes pertes. Noël vient et, contre toute attente, un vrai dîner
du temps des Fêtes accueille les fusiliers des Seaforth Highlanders
à l'église Santa Maria di Constandinopoli.
Pendant ce temps, les détonations des obus et des mitrailleuses claquent à faible distance de l'église. Plongés dans la poussière et l'odeur âcre de la cordite, les hommes du Loyal Edmonton sont engagés dans l'un des combats les plus violents livrés jusqu'ici; ils sont libérés par petits groupes pour aller manger leur dîner de Noël. Chez les Italiens, car la ville était encore habitée, surtout de vieillards et d'enfants, les célébrations se font dans l'angoisse et l'inquiétude
Le 27 décembre, les Princess Patricia reçoivent l'ordre de se joindre au combat, avec l'appui d'un escadron du Régiment de Trois-Rivières. La bataille d'Ortona tire à sa fin cependant. Les parachutistes allemands ne peuvent plus continuer sans relève prochaine et, le 28 décembre 1943, la ville est abandonnée aux Canadiens. Cette victoire a coûté très cher. Le Loyal Edmonton Regiment a perdu 172 hommes, dont 63 tués. Le Seaforth Highlanders en a perdu 103, dont 41 tués. Si l'on ajoute les pertes des unités d'appui, le nombre total de morts et de blessés monte à 650 militaires de tous grades.
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| À suivre: Le
sacrifice du patrimoine historique |