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La cathédrale de San Tommaso, à
Ortona, a été littéralement éventrée
lors des combats de décembre 1943.
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| Photo
par Terry F. Rowe. Ministère de la Défense nationale
/ Archives nationales du Canada, PA-136308. |
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Pendant les premiers mois de la campagne d'Italie, des églises,
des ponts et d'autres structures de grande valeur patrimoniale sont sévèrement
endommagés, voire totalement détruits par les bombardements
aériens et les tirs d'artillerie. Au printemps 1944, les Alliés
s'approchent de Rome, le siège des grands monuments de la Chrétienté
et de l'Antiquité
Or, l'opinion publique compte de plus en plus dans ce conflit moderne
qu'est la Deuxième Guerre mondiale, au point d'influencer parfois
le cours des combats. Comme on l'a vu en décembre 1943, ni les
Alliés ni les Allemands ne se seraient disputés Ortona avec
tant d'acharnement s'il n'y avait pas eu les reportages radiophoniques
et les articles de journaux. Soucieux de conserver leur appui populaire,
les gouvernements mettent en place des agences dont le rôle est
d'étudier l'opinion publique, le plus souvent par voie de sondages.
L'article qui suit en est un bel exemple. Il a été publié
dans l'édition du 3 juin 1944 du quotidien montréalais
La Presse..
Sacrifice accepté de la plupart
Canadiens et Américains préfèrent sauver les
soldats plutôt que les monuments.
Toronto, 3. - Pendant l'avance alliée vers le nord de l'Italie,
la campagne aérienne d'Europe, les Instituts américain et
canadien de l'Opinion publique ont méthodiquement étudié
le sentiment de leurs publics respectifs sur le traitement des églises
et des monuments historiques qui se trouvent sur le chemin des Alliés.
La réponse prouve sans conteste que si Hitler compte sur l'opinion
démocratique pour empêcher le bombardement des monuments
qu'il utiliserait pour protéger des troupes allemandes, il se trompe.
L'opinion canadienne se nuance des vues de la province de Québec,
profondément religieuse, la seule région à se prononcer
en majorité contre les bombardements. Mais si l'on écarte
l'opinion québécoise, la réponse du Canada est très
semblable à celle des États-Unis. La question était
posée sous la même forme dans les 2 pays : « Si
les généraux croient qu'il faille bombarder les centres
historiques et religieux de l'Europe, serez-vous pour ou contre? »
L'opinion québécoise diffère de celle des autres
provinces canadiennes; voilà pourquoi elle figure à part
dans le tableau qui suit :
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Québec
|
Autres provinces
|
États-Unis
|
| Pour |
40%
|
76%
|
74%
|
| Contre |
52%
|
20%
|
19%
|
| Indécis |
8%
|
4%
|
7%
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Les Canadiennes donnent moins d'approbations que les Canadiens :
| |
Canadiens
|
Canadiennes
|
| Pour |
72%
|
61%
|
| Contre |
23%
|
32%
|
| Indécis |
5%
|
6%
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Les chefs alliés ont déclaré qu'ils tenteront tous
les efforts pour épargner les monuments. Mais la majorité
des Canadiens et des Américains souscrit au principe énoncé
récemment par le général Dwight-D. Eisenhower, commandant
des armées d'invasion alliées. « Si nous avons
à choisir entre un édifice et le sacrifice de nos hommes
,
c'est l'édifice qui doit disparaître ».
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