| Victoire sur l'Atlantique | |||||||
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Hiver 1942-1943. Sur l'Atlantique nord, les tempêtes hivernales
se déchaînent en coups de vent et en vagues démesurées.
Mais il y a pire
Le nombre de U-boote déployés sur
l'Atlantique ne cesse d'augmenter et, parfois, les meutes réunissent
jusqu'à 20 sous-marins pour s'attaquer à un convoi. Les
attaques sont si destructrices qu'elles menacent de rendre impossible
le transport par mer du matériel essentiel à la préparation
de l'invasion de l'Europe. Pendant les 20 premiers jours de mars 1943,
85 navires alliés sont torpillés et coulés. Ce sont
les mois les plus sombres de la Bataille de l'Atlantique. Mois sombres aussi pour les groupes d'escorte de la Marine royale du
Canada (MRC) qui essuient de sévères critiques de la part
des officiers supérieurs de Western Approaches Command.
En mars 1943, trois des quatre groupes d'escorte canadiens sont retirés
de la Force d'escorte du Milieu de l'Océan (FEMO) pour s'entraîner
auprès de groupes britanniques à la base de Londonderry.
Ils sont ensuite assignés à la route Royaume-Uni-Gibraltar
que prennent les convois engagés dans l'opération Torch,
l'invasion de l'Afrique du Nord. Et puis, en quelques mois, le vent tourne
L'équilibre des forces change
Si la flotte des U-boote augmente, le nombre de vaisseaux d'escorte,
de cargos et de tankers alliés augmente aussi, grâce en partie
à l'industrie navale canadienne. De nouveaux systèmes d'ASDIC,
de radar et de radiogoniomètre équipent les vaisseaux
alliés et leur permettent de repérer et de suivre plus facilement
les U-boote. Une nouvelle arme, le Hérisson (Hedgehog), fonctionne
de pair avec l'ASDIC et peut lancer vers l'avant d'une corvette ou d'une
frégate jusqu'à 24 mortiers de 30 kg. Les services de renseignements
anglais percent le nouveau code Enigma et les mouvements des sous-marins
sont épiés par le biais de leurs communications radio. La
portée et la fréquence des patrouilles aériennes
sont augmentées à partir des bases côtières
du Royaume-Uni, de Terre-Neuve et de l'Islande. L'organization de groupes de soutien distincts des groupes d'escorte
permet de pourchasser efficacement les U-Boote sans laisser les convois
vulnérables à d'éventuelles attaques par les autres
membres d'une meute. En avril 1943, le commandement des forces d'escortes de l'Atlantique
est rationalisé une fois de plus. Western Approaches Command
demeure responsable de la direction des opérations de convois dans
l'Atlantique nord à l'est de Terre-Neuve. La US Navy contrôle
les opérations dans l'Atlantique sud, incluant la route du Royaume-Uni
à la Méditerranée. La MRC prend le commandement des
opérations maritime dans le secteur Nord-Ouest de l'Atlantique.
Le contre-amiral L.W.
Murray est promu commandant en chef de cette nouvelle zone. Le mois suivant, les trois groupes d'escorte C complètent leur
formation et reviennent dans le secteur du Nord-Ouest de l'Atlantique.
Tous les vaisseaux de ces groupes ont été modernisés
de manière à augmenter leur efficacité au combat.
La modernisation des autres vaisseaux de guerre de la flotte canadienne
se poursuivra jusqu'à la fin du conflit, mais sans que l'on arrive
à combler le retard qu'ils accusent derrière les navires
de la Royal Navy. En juin 1943, les premières frégates
construites au Canada entrent en service. L'impact de ces nombreuses mesures commence à se faire sentir
dès le mois de mai. En trois semaines et demi, 30 U-boote sont
détruits par les Alliés, contre 50 navires marchands coulés.
De juin à août 1943, 80 U-boote sont détruits ou gravement
endommagés. L'amiral Karl
Dönitz se voit contraint d'ordonner à ses sous-marins
d'éviter les lignes de convois alliés.
Même si, en quelques semaines, l'équilibre des forces vient de changer en faveur des Alliés, la menace sous-marine continue d'être sérieuse. Les ingénieurs allemands poursuivent énergiquement les recherches en vue d'améliorer les U-boote et leur armement. En septembre 1943, la Kriegsmarine introduit la torpille acoustique, qui se dirige d'elle-même vers une source sonore comme l'hélice d'un navire. Cette nouvelle arme a des effets dévastateurs jusqu'à ce que les Alliés introduisent sur leur navires un mécanisme producteur de bruit qui attire la torpille suffisamment loin de la coque pour qu'elle explose sans causer de dommages. Au début de 1944, l'introduction du schnorkel permet aux U-boote de s'immerger juste sous la surface de l'eau sans interrompre l'alimentation en air. Les U-boote ainsi équipés peuvent rester immergés près de la surface pendant des jours entiers, virtuellement invisibles mais capables d'utiliser leurs puissants moteurs diesel. À compter de l'été 1943, les forces navales allemandes
ne pourront regagner l'avantage que leurs procuraient les U-boote sur
les mers. Les pertes alliées diminuent et les convois acheminent
désormais leur marchandise à bon port. Or, la quantité
de marchandise à acheminer vers le Royaume-Uni est extraordinaire
: on estime à environ dix millions de tonnes l'équipement
et les fournitures qu'il faut transporter à temps pour le 6 juin
1944, le jour du grand débarquement en Europe. Les opérations combinées La MRC maintient les opérations d'escorte dans l'Atlantique jusqu'aux
dernières semaines de la guerre, en mai 1945. Elle participe aussi
aux grandes opérations combinées (armée, marine et
aviation) qui débutent en 1943 : l'invasion de l'Afrique du Nord
(novembre 1942), l'invasion de la Sicile (juillet 1943), le débarquement
en Italie (septembre 1943) et les opérations d'appui aux forces
impliquées dans toute la campagne de l'Europe du Nord-Ouest, depuis
le débarquement du 6 juin 1944 jusqu'à l'Armistice. La collaboration de la MRC aux opérations combinées prend diverses formes. À compter de 1943, des vedettes rapides patrouillent les eaux de la Manche. Des dragueurs de mines battant pavillon canadien ouvrent le chemin aux flottes d'invasion dans les eaux infestées de mines. Des navires de débarquement et des flottilles de péniches d'invasion, dirigés par la MRC, transportent Canadiens et Britanniques vers leurs objectifs. Et, bien sûr, les destroyers, les frégates et les corvettes canadiennes participent aux grandes opérations de débarquement en assurant la défense de la flotte alliée contre les sous-marins et les navires ennemis. |