| La paix pour notre temps | |||||
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En 1938, Hitler allait réaliser son rêve de réunir l'Autriche, son pays natal, à l'Allemagne. Pour mettre un terme aux pressions répétées de l'Allemagne nazie en vue de l'union, ou Anschluss, le chancelier d'Autriche, Kurt von Schuschnigg, propose au peuple de se prononcer par voie de plébiscite sur la question de l'indépendance de l'Autriche. Mais, le 11 mars, Hitler somme von Schuschnigg de démissionner. Le lendemain, les troupes allemandes occupent l'Autriche qui cède sans opposition, avant la tenue du plébiscite.
Dans les pays libres, des voix s'élèvent contre cet acte d'agression :
La Tchécoslovaquie risque maintenant de se trouver isolée. Elle possède des manufactures d'armes qui ne peuvent qu'intéresser Hitler et une armée qui ne pourra tenir devant la machine de guerre allemande. Son gouvernement affiche la ferme volonté de demeurer autonome. Or, la Tchécoslovaquie compte une importante population germanophone, les Sudètes, du nom de la région montagneuse où ils vivent en majorité, près des frontières avec l'Allemagne et l'Autriche. Des troubles se déclarent. Les Sudètes, aux dires de Hitler, subissent une dure oppression de la part des Tchèques. En mai 1938, Hitler demande l'annexion du Sudetenland et, en réponse, le gouvernement tchèque appelle la mobilisation. Cette fois, la guerre est imminente et l'opinion publique s'alarme de par le monde. Les représentants de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Italie et de l'Allemagne se rencontrent à Munich en septembre. Hitler affirme que le pays des Sudètes est le dernier territoire qu'il désire annexer à l'Allemagne, et cela uniquement pour la cause des Allemands de souche qui y vivent. Pour maintenir la paix, la Grande-Bretagne et la France obligent la Tchécoslovaquie à accepter les demandes de Hitler et refusent de lui venir en aide en cas d'attaque nazie. L'Accord de Munich est ratifié le 29 septembre 1938 par Neville Chamberlain, Adolf Hitler, Édouard Daladier et Benito Mussolini. Le monde pousse un soupir de soulagement quand le premier ministre britannique annonce la signature de l'accord. La paix est sauvée. Âgé de 69 ans, Chamberlain rentre à Londres épuisé mais heureux. Les Canadiens, soulagés, partagent l'admiration générale pour l'homme qui a su apaiser l'agression nazie.
Passée l'euphorie, cette paix à tout prix n'arrive pas
à dissiper le malaise d'une guerre de plus en plus probable et
plusieurs, dont le rédacteur en chef du Winnipeg Free Press,
John W. Dafoe, reconnaissent la précarité de la situation.
À nouveau, la voix de Winston Churchill s'élève:
Le gouvernement canadien adhère à la politique d'apaisement
prônée par Chamberlain. Pour King et ses partisans, l'équilibre
de l'Europe requiert une Allemagne stable pour contrebalancer les forces
communistes de l'U.R.S.S. de Staline. King possède une autre raison
d'adhérer à la politique d'apaisement : maintenir l'unité
nationale. Personne ne veut d'une nouvelle guerre et nombreux sont ceux
qui croient que le Canada restera à la remorque de la Grande-Bretagne
en cas de conflit. Pendant la Première Guerre mondiale, la majorité
des Canadiens-français s'étaient élevés contre
l'enrôlement obligatoire dans les corps expéditionnaires
envoyés au front. Le spectre de la conscription refait constamment
surface, surtout au Québec, et il menace de diviser à nouveau
le pays, ce que King tient à éviter à tout prix. Mais, les Canadiens pouvaient-ils douter encore de la violence et de l'horreur qui pointaient à l'horizon en apprenant le sort réservé au Juifs lors de la Kristallnacht, la Nuit de cristal? Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, des bandes des Jeunesses nazies envahissent les quartiers juifs. Ils brisent les fenêtres, vandalisent les commerces et les maisons, brûlent les synagogues et battent les gens. 101 synagogues sont détruites, près de 7 500 commerces sont dévastés. 26 000 Juifs sont arrêtés et envoyés dans des camps de concentration. 91 sont tués. L'Holocauste a commencé. Il est clair que personne ne pourra apaiser Hitler et l'Allemagne nazie dans son élan meurtrier. Foulant aux pieds l'alliance signée quelques mois auparavant, le führer lance ses troupes sur Prague. Le 16 mars 1939, il annonce que la Tchécoslovaquie n'existe plus. La Grande-Bretagne et la France se préparent à la guerre. Malgré la gravité des événements politiques, le roi George VI et la reine Elizabeth acceptent de quitter le sol britannique pour venir en tournée au Canada. Du 17 mai au 17 juin 1939, ils parcourent le pays entier et, partout, des foules enthousiastes les acclament. La Grande-Bretagne devra compter sur l'amitié des Canadiens dans la guerre qui s'annonce. À leur départ de Halifax, le Roi et la Reine savent qu'ils auront l'appui du peuple canadien.
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